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Proposition de résolution relative à la création d'une commission d'enquête sur les conditions d'utilisation des farines animales : Les conditions d'utilisation des farines animales dans l'alimentation des animaux d'élevage et les conséquences qui en résultent pour la santé des consommateurs. Tome 1, rapport

 

D. LES CONSÉQUENCES DE LA CRISE : UNE BAISSE SIGNIFICATIVE DE LA DEMANDE

1. Une diminution durable de la consommation de viande bovine

Alors que la mise en place du logo « viande bovine française » avait permis de restaurer la confiance des consommateurs après la première crise de la vache folle en 1996, la filière de la viande bovine a été frappée de plein fouet par la nouvelle chute de la consommation.

a) Un phénomène irrationnel

Au plus fort de la crise, cette diminution de la consommation était comprise entre 40 % et 50 %, par rapport aux mêmes mois de l'année précédente. Au début de l'année 2001, la consommation de viande bovine était encore de 30 à 35 % inférieure à son niveau de l'année précédente. A la mi-avril 2001, la consommation de boeuf demeurait inférieure de 20 % par rapport à son niveau d'avril 2000.

Il est à craindre que cette diminution du niveau de la consommation de la viande bovine perdure de manière structurelle. M. Pierre Fouillade, président de l'OFIVAL, a exprimé cette crainte devant la commission d'enquête.

Celle-ci tient à souligner l'origine largement irrationnelle de cette chute brutale de la consommation, qui s'est traduite par un report des consommateurs vers la consommation de viandes de porc et de volailles, alors que, paradoxalement, ces animaux étaient précisément ceux qui étaient jusqu'alors nourris aux farines animales, comme l'a très justement fait observer M. Jean Glavany, ministre de l'agriculture.

« On a vu l'opinion, dans son irrationalité, dire que, premièrement, il fallait absolument interdire les farines animales (les sondages le montraient de manière massive), que, deuxièmement, elle consommait beaucoup moins de viande bovine (la chute de la consommation de viande bovine a atteint presque 50 % au pire de la crise), alors que les bovins n'étaient plus du tout produits avec des farines animales depuis 1990, et que, troisièmement, elle transférait sa consommation sur les porcs ou les volailles alors qu'ils étaient encore nourris avec des farines animales. »

b) Des quartiers avant bradés

Sur un plan plus ponctuel, la commission d'enquête tient à exprimer ses préoccupations sur l'avenir de l'industrie du steak haché.

Comme l'a indiqué M. Eugène Schaeffer, premier vice-président de la FNSEA, « tous les animaux femelles au-dessus de 30 mois vont dans la consommation avec des prix au rabais de 2, 3 ou 4 F au kg. Cela pose un énorme problème et ensuite même dans ce que l'on appelle les femelles charolaises de type viande, aujourd'hui un problème de valorisation des quartiers à vendre se pose, parce que l'on ne mange que des quartiers arrière, les produits nobles, et que personne ne veut des quartiers avant.

« Compte tenu que ces produits allaient dans le steak haché et ce dernier étant pour le moment pratiquement condamné, il n'existe pas de valorisation, à tel point que l'on se demande si les quartiers avant de vaches charolaises ne vont pas passer à la casse car, à force de les entasser dans les frigos, nous ne savons plus quoi faire. »

La diminution de la demande s'est également traduite sur les marchés internationaux, un nombre important de pays ayant imposé un embargo de fait aux exportations françaises et européennes de bovins et de viande bovine. Plus de la moitié des exportations de l'Union européenne seraient concernées.

S'agissant plus largement du marché européen, l'Institut de l'Elevage estime que la chute de la consommation de viande bovine dans l'Union européenne s'établira à 10 % sur l'année 2001.

Compte tenu des reports d'abattage (évalués à 3 % de l'offre européenne en 2000, soit 250.000 tonnes), l'écart entre la production et la consommation de viande bovine devrait être de l'ordre d'un million de tonnes en 2001. Malgré les mesures communautaires de retrait (500.000 tonnes pour le programme d'achat-destruction et 150.000 tonnes par l'intervention), l'excédent pourrait être ramené à 400.000 tonnes (800.000 tonnes si l'on ajoute les importations ), soit le niveau d'avant la crise.

La commission d'enquête doute que cet excédent permette d'espérer une réévaluation des prix de la viande bovine dans l'Union européenne à moyen terme.