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Proposition de résolution relative à la création d'une commission d'enquête sur les conditions d'utilisation des farines animales : Les conditions d'utilisation des farines animales dans l'alimentation des animaux d'élevage et les conséquences qui en résultent pour la santé des consommateurs. Tome 1, rapport

 

b) Les principaux intervenants dans l'alimentation animale
(1) Les éleveurs : une dépendance variable à l'égard des industriels

Les éleveurs produisent une partie plus ou moins importante des aliments qu'ils donnent aux bovins. En élevage bovin, c'est souvent le cas pour les fourrages, mais aussi pour les céréales et les protéagineux. L'autoconsommation d'aliments pour animaux tend d'ailleurs à se développer dans la mesure où l'achat d'aliments industriels représente un coût important pour les éleveurs.

Ceux-ci apparaissent en revanche plus dépendants de l'achat pour un certain nombre de matières premières, à l'instar des graines oléagineuses, qui ne peuvent être données aux animaux qu'après un broyage dans un équipement spécial.

Cependant, si les éleveurs ne peuvent tout produire eux-mêmes, ils peuvent réaliser à la ferme certains mélanges, par exemple à partir de tourteaux ou de pulpes de betteraves achetés en sacs.

Ils recourent également à des aliments composés achetés aux industriels de l'alimentation animale ; de nombreux interlocuteurs de la commission ont souligné que l'étiquetage de ces aliments était insuffisamment informatif sur leur composition.

(2) Les fabricants d'aliments pour animaux : une industrie puissante

L'industrie française de l'alimentation animale a connu un développement considérable depuis le milieu du siècle dernier, à la faveur de l'intensification de l'élevage. Avec un chiffre d'affaires de 35 milliards de francs en 1999, elle est la première industrie d'aliments pour animaux d'Europe, et la troisième industrie du secteur agro-alimentaire en France. Produisant 23,6 millions de tonnes d'aliments en 1999, elle emploie 17.000 personnes et dégage un excédent de près de 4 milliards de francs sur la balance commerciale.

Elle se compose d'environ 400 entreprises, dont près d'une centaine relèvent du secteur coopératif, le reste étant constitué de sociétés privées. Cette industrie est également très concentrée puisque 8 % des entreprises représentent 50 % de la production totale.

Elle produit des aliments composés et des aliments d'allaitement.

Les aliments composés comportent au moins deux matières premières et peuvent être présentés différemment, selon les modes d'utilisation et les espèces auxquels ils sont destinés. Ils revêtent principalement la forme de miettes et de granulés.

Les aliments composés n'ont pas tous le même rôle sur le plan nutritionnel. Pour les monogastriques, ils constituent un aliment complet, qui assure la ration journalière, alors que pour les ruminants, ils sont un simple complément alimentaire, notamment destiné à apporter des protéines. C'est pourquoi les aliments pour volailles constituent, avec une part de 43 %, la première production de cette industrie, alors que les aliments pour bovins ne figurent qu'en troisième position avec 18 % du tonnage total.

Production d'aliments composés par espèce animale

 

% du tonnage total

% du chiffre d'affaires

Aliments pour volailles

43

40

Aliments pour porcs

31

27

Aliments pour bovins

18

20

Source : Afssa

l Les aliments d'allaitement (ou lacto-remplaceurs pour veaux, agneaux, chevreaux, porcelets et poulains) sont le deuxième type de production élaboré par l'industrie de l'alimentation animale.

Les lactoremplaceurs sont des produits pulvérulents qui, par dilution dans l'eau, permettent d'obtenir des aliments complets (lait de remplacement) pouvant se substituer au lait.

Fabriqués à partir de matières d'origine lactique, de graisses animales, de protéines et éventuellement d'additifs, ils ont une composition particulièrement complexe, faisant intervenir plus de 40 ingrédients.

Composition analytique d'un aliment d'allaitement

Protéines brutes

21,5 %

Matières grasses brutes

20,0 %

Lactose

40,0 %

Amidon

6,0 %

Cendres brutes

7,5 %

Fibres brutes

0,5 %

Humidité

4,5 %

Ingrédients entrant dans la composition
d'un aliment d'allaitement

Produits laitiers

Lait écrémé en poudre

Lactosérum

Lactosérum délactosé

Lactoséreum délactosé déminéralisé

WPC

Caséinates

Matières grasses

Suif alimentaires - saindoux alimentaire

Huiles végétales raffinées coprah palme..

Protéines végétales

Blé, soja, pomme de terre...

Amylacés

Amidon cru, amidon prégélatinisé, farine de blé

Prémélange

Vitamines, oligoéléments, minéraux.

Les lactoremplaceurs sont majoritairement utilisés chez le veau de boucherie qui en consomme environ 250 kg jusqu'à l'âge de 5 mois alors que le veau d'élevage n'en consomme que 25 à 50 kg jusqu'à l'âge de 2 à 3 mois et les ovins et caprins de 10 à 25 kg jusqu'à l'âge de 3 mois.