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Les inondations de la Somme, établir les causes et les responsabilités de ces crues, évaluer les coûts et prévenir les risques d'inondations (rapport)

 

c) La pré-alerte

C'est sur la base d'informations du BRGM transmises par la direction départementale de l'équipement (DDE), que M. Daniel Cadoux, préfet de la Somme, a adressé aux maires des 52 communes susceptibles d'être concernées, le 12 février 2001, un courrier de pré-alerte sur les risques de submersions ou d'inondations sur le territoire de leur commune.

Dans ce courrier, le préfet annonçait que « des risques de submersions ou d'inondations sont probables » et indiquait que la DDE « prend toutes les mesures nécessaires pour assurer l'évacuation des débits dans la limite des capacités des barrages situés sur la rivière Somme ».

Il n'exclut pas des « débordements partiels que le service s'efforcera de limiter par l'emploi de sacs de protection qui seront mis en place pour protéger les riverains ».

Le préfet demande aux maires concernés, en conclusion de sa lettre, de « prévenir (leurs) administrés, et particulièrement ceux qui habitent dans les zones les plus sensibles ».

Interrogé par votre rapporteur sur sa connaissance du risque avant le courrier préfectoral du 12 février 2001, M. George Asnar, directeur du service interministériel régional des affaires de défense et de protection civile (SIRACED-PC), a indiqué avoir pris connaissance, dès le 22 janvier 2001, d'un avant-projet de courrier préparé par la DDE. La préparation de cette lettre a donc nécessité un certain temps... Néanmoins, il n'était peut-être pas possible, pour le préfet, le 12 février 2001, d'apporter des informations plus précises aux élus susceptibles d'être concernés.

On peut cependant s'interroger sur les conclusions pratiques que les maires, spécialement ceux des communes les moins peuplées, pouvaient tirer d'une telle correspondance. M. Patrick Poliautre, maire de Fontaine-sur-Somme, a regretté que la préfecture n'ait pas prolongé cette information par une action particulière.

De là, provient pour une certaine part, le sentiment de solitude pour affronter les difficultés, surtout à leur début, que la plupart des maires entendus par la commission d'enquête ont tenu à exprimer.

En effet, c'est seulement le 30 mars 2001 que se tient la première réunion de crise entre le préfet et les élus locaux, alors que les premières évacuations de trois communes (Boves, Gorenflos et Fontaine-sur-Somme) remontent au 23 mars, date à laquelle 45 communes ont déjà enregistré, à des degrés divers, une montée des eaux.

Par la suite, cependant, des réunions d'information se sont tenues à un rythme plus régulier.

M. Claude Lefrou relève, dans son rapport d'expertise, que la réunion du 30 mars, à laquelle a participé une quarantaine d'élus, a été suivie d'une autre réunion, le 30 avril, qui a rassemblé 120 participants.

Le rapport de M. Claude Lefrou précise aussi que des réunions à thème ont également été organisées par le préfet :

- le 11 avril, sur les mesures de soutien à la population ;

- le 15 avril, sur la procédure « catastrophes naturelles » ;

- le 19 avril, sur les risques sanitaires pouvant résulter d'une pollution de l'eau ;

- le 30 avril, sur le relogement durable.