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Les conséquences de l'évolution scientifique et technique dans le secteur des télécommunications

 

PREMIÈRE PARTIE :

L'ÉVOLUTION DU SECTEUR DES TÉLÉCOMMUNICATIONS EST PORTEUSE DE MUTATIONS ÉCONOMIQUES
ET SOCIALES DONT ON NE MESURE PAS ENCORE LA PORTÉE

Dans le passé, les grandes avancées technologiques ont été suffisamment identifiables pour que l'on ait pu assez rapidement discerner une partie des évolutions économiques et sociales qu'elles allaient entraîner.

Par exemple, par les changements physiques qu'elles ont impliqués en leur temps, l'automobile ou l'aviation ont offert des substituts assez lisibles aux modes de transports précédents.

Les progrès scientifiques et techniques des télécommunications ne procèdent pas de ruptures aussi spectaculaires, mais résultent, plutôt, de la poursuite des avancées scientifiques et technologiques de deux domaines, l'informatique et l'optique et de la confluence de ces progrès. Se greffant le plus souvent sur des objets connus (l'ordinateur, l'automobile et même le téléphone portable qui a, rappelons-le, plus de quinze ans), ils ne présentent pas toujours des alternatives claires aux pratiques et aux usages sociaux en vigueur.

Par ailleurs, l'écart qui existe entre le prophétisme technologique qui entoure cette évolution et sa matérialisation dans la vie quotidienne - dont la mise en oeuvre différée de la téléphonie mobile de troisième génération est le plus bel exemple - génère scepticisme ou indifférence dans les mentalités collectives.

De plus, la crise que connaissent ces secteurs dans le contexte actuel de ralentissement économique mondial pourrait également conduire à retarder la prise de conscience de l'importance des conséquences de l'évolution scientifique de ce secteur et des transformations de société à la source desquelles elle se trouvera.

Ce serait à tort.

CHAPITRE I :

LES TRAITS DOMINANTS DE L'ÉVOLUTION SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE
DU SECTEUR DES TÉLÉCOMMUNICATIONS

Sur un arrière-fond de mondialisation de l'économie -dont on ne peut naturellement pas méconnaître les effets en termes de marché, et compte tenu de l'évolution qu'a représentée le développement d'Internet depuis près de quinze ans, l'évolution scientifique et technologique du secteur est principalement commandée par trois faits incontournables : la constance des progrès de l'informatique, l'apparition après 1995 de la fibre optique à haut débit, le développement explosif de l'usage des mobiles et donc de l'utilisation des fréquences hertziennes numériques, satellitaires ou terrestres.

Depuis un quart de siècle, l'évolution de l'informatique professionnelle et personnelle a été un facteur incontesté de développement mais également de reconfiguration économique

Ses premières mises en relation avec les télécommunications ont abouti à la mise en oeuvre du réseau Internet1(*) et du courrier électronique.

Mais, depuis l'apparition de la fibre optique à haute capacité, le développement de la mobilité et l'augmentation de la puissance de traitement des composants informatiques, les perspectives qu'offraient ces premières mises en relation ont été démultipliées.

Ces confluences sont le support technologique indispensable à la mise en place de la nouvelle économie.

A. L'ACCÉLÉRATION DES PROGRÈS DE L'INFORMATIQUE

1. Les composants et les langages

Formulée à la fin des années soixante par un des dirigeants d'une des principales firmes du secteur, la loi de Moore constatait que la puissance des composants électroniques doublait tous les 18 mois-24 mois à coûts constants et postulait la poursuite de cette évolution.

Cette prédiction s'est à peu près réalisée.

Le nombre de transistors est passé de 2.300 au cm² en 1970, à 1 million en 1992, à 14 millions en 2001 au cm2, avec un objectif annoncé de 24 millions en 2003.

Ce dernier chiffre correspond à des transistors de 0,1u de côté.

En-deçà, on côtoie ce que les spécialistes du secteur appellent « le mur de briques », c'est-à-dire le constat de l'impossibilité technologique actuelle de progresser pour des raisons diverses (nombre d'atomes insuffisant pour assurer la conductivité, problème de résistance à la chaleur parallèlement à la montée en puissance de traitement, difficultés croissantes d'interconnexion des transistors, etc.).

Ceci ne signifie pas que la course à la miniaturisation ne se poursuivra pas au-delà de 2005, mais, qu'à un horizon de 10 à 15 ans, et à une taille comprise entre 0,5 u et 0,01 u, il sera probablement nécessaire de changer totalement de technologie de conception et de fabrication.

S'agissant des langages et logiciels informatiques, une floraison d'opérateurs industriels, parmi lesquels le plus connu, MICROSOFT, mais aussi la plupart des industriels informatiques, IBM, APPLE, SUN et plus récemment ORACLE, et les milieux scientifique et universitaire ont créé et développé presque ex nihilo une « industrie informatique et une industrie de services » considérables. Ceci a été un facteur indispensable au succès de l'informatique dans les 20 dernières années.

* 1 Qui comportait en mai 2001, 3.800 millions de pages et 850 millions d'images et qui s'accroît, par 24 heures, de 5,6 millions de pages et de 1,2 million d'images.