Allez au contenu, Allez à la navigation



L'élargissement de l'Union européenne : état des lieux

 

Estonie

· Caractéristiques de la population

1,37 million d'habitants : 80 % Estoniens, 7 % autres (notamment Russes) et 13 % apatrides ; 25,6 % de la population totale est d'origine russe.

· Données économiques : chiffres de l'année 2000

Croissance : 6,9 %

Inflation : 3,9 %

Taux de chômage : 13,7 % (12,4 % en 2001)

PIB par habitant : 38 % de la moyenne communautaire

Déficit public : 0,7 %.

· Situation du commerce avec l'Union européenne (année 2000)

- 77 % des exportations se font vers l'Union européenne

- 85 % des importations proviennent de l'Union européenne.

· Atouts et handicaps

- Points forts : une population bien formée et une main d'oeuvre peu chère. Un intérêt marqué pour les évolutions technologiques. Le soutien de la Finlande. Une bonne reprise de l'acquis communautaire. Des flux d'investissements étrangers importants.

- Points faibles : des capacités administratives et judiciaires toujours limitées. Des structures locales faibles. Un système fiscal spécifique et non encore conforme. Une politique énergétique qui reste à définir. De fortes disparités économiques régionales.

· État d'avancement des négociations d'adhésion

Demande d'adhésion déposée le 24 novembre 1995.

Figurait parmi les pays de la « première vague ».

Vingt-quatre chapitres de négociation provisoirement clos au 31 mars 2002 sur trente et un.

· État de l'opinion publique

Diminution notable du sentiment pro-européen récemment : seuls 33 % de la population considèrent que l'adhésion à l'Union est une bonne chose et 38 % voteraient en sa faveur.

La candidature de l'Estonie

1) Des critères politiques respectés

L'Estonie remplit les critères politiques définis à Copenhague. L'essentiel des difficultés liées à la présence de minorités ethniques a été résolu et la mise en oeuvre du programme « Intégration de la société estonienne 2000-2007 » est en bonne voie, son application se poursuivant de manière satisfaisante en matière de législation linguistique, d'apprentissage de l'estonien et d'intégration des non-citoyens. Par ailleurs, les procédures de naturalisation ont été simplifiées.

Les mesures prises pour lutter contre la corruption - limitée en Estonie - sont jugées satisfaisantes.

Des efforts doivent être poursuivis pour renforcer les capacités de l'administration publique et pour améliorer le fonctionnement du système judiciaire.

2) Des progrès économiques patents

La Commission a conclu que l'Estonie présentait une économie de marché viable, à même de résister, dans un proche avenir, aux pressions concurrentielles résultant de son entrée dans l'Union, si « elle restait engagée sur sa trajectoire actuelle de réforme ».

Après une phase de récession, due aux effets de la crise russe, la croissance a fortement repris pour atteindre près de 7 % en 2000, et 5,8 % en 2001. Le déficit public, qui correspondait à 4,1 % du PIB en 1999 a été ramené à 0,7 % en 2000. On observe toutefois des tensions inflationnistes, l'augmentation des prix passant de 3,9 % en 2000 à 6 % en 2001. La privatisation des terres progresse lentement, mais régulièrement. La privatisation des entreprises avance également et a concerné récemment les chemins de fer, l'industrie du schiste bitumineux pour la production d'électricité et les télécommunications. La part du secteur privé dans le PIB atteint désormais 85 %.

· La lutte contre la contrefaçon, qui constituait une difficulté réelle, commence à porter ses fruits.

· La clôture du chapitre « Environnement » est un point positif ; elle a toutefois supposé la négociation de quatre périodes transitoires (notamment sur l'eau potable, jusqu'en 2013).

· Le secteur agricole est désormais très limité (7,4 % de la population, 6,3 % du PIB), la politique libérale conduite par le gouvernement ayant fait le choix de sacrifier ses intérêts  ; l'effort doit toutefois porter sur les contrôles vétérinaires et l'établissement de normes de qualité des produits.

· Des progrès ont été accomplis, mais doivent encore se poursuivre, pour adapter la législation, notamment dans le secteur des transports, de l'énergie, de la politique régionale, de la pêche.

3) L'aide communautaire

Au cours de la période 2000-2002, l'assistance financière annuelle accordée à l'Estonie s'élève à environ 30 millions d'euros pour le programme PHARE (intégration de l'acquis communautaire et cohésion économique et sociale), 12,1 millions d'euros pour le programme SAPARD (développement agricole et rural) et 35 millions d'euros pour le programme ISPA (environnement et transports).

Des réformes restent à faire pour adapter les structures locales à la gestion de fonds communautaires dont le volume atteint désormais 1,7 % du PIB national.

*

L'appréciation portée par la Commission dans son rapport d'évaluation pour 2001 a été très positive et a souligné les progrès réalisés par l'Estonie dans tous les domaines.

Pour sa part, l'Estonie considère qu'elle aura achevé son processus préparatoire dans les délais pour intégrer effectivement l'Union au 1er janvier 2004 : elle a bon espoir de voir ses négociations d'adhésion se conclure à la fin de l'année 2002. Elle a toutefois exprimé son amertume sur la manière dont les discussions avec l'Union se sont déroulées en 2001, estimant que celle-ci s'était éloignée du principe de traitement individuel des candidatures.