2. Des difficultés à surmonter

L'impact positif de ces pôles repose essentiellement sur les hommes et les femmes -magistrats agents des greffes et assistants spécialisés- qui participent à leur fonctionnement quotidien .

La mission, au cours de ses visites des pôles économiques et financiers de Paris et de Marseille, a pu relever un certain nombre de difficultés auxquelles il paraît indispensable de remédier.

Le constat qu'elle a dressé et les interrogations qui lui sont apparues peuvent plus généralement s'étendre à l'ensemble des pôles spécialisés.

a) L'adaptation du métier de magistrat au développement des pôles économiques et financiers

Comme l'a relevé une fonctionnaire des greffes rencontrée lors du déplacement de la mission, « la création du pôle économique et financier de Marseille n'a pas profondément modifié l'exercice concret du métier de greffier qui accomplit des tâches identiques à celles qui lui sont dévolues au sein de la juridiction . »

Tel n'est pas le cas des magistrats, désormais contraints d'acquérir une compétence très spécifique dans les matières à l'égard desquelles ils sont -censés être- compétents.

L'ensemble des magistrats entendus par la mission lors de ses déplacements à Paris et à Marseille a souligné l'absence d'implication de la Chancellerie dans leur affectation au pôle économique et les insuffisances de la formation.

L'absence d'implication de la Chancellerie dans l'affectation des magistrats au sein des pôles spécialisés

- Des nominations, fruits du hasard

Ainsi que l'a souligné Mme Danielle Entiope, présidente du tribunal de grande instance de Marseille, la nomination des magistrats dans les pôles économiques et financiers résulte souvent « des fruits du hasard », alors même que ces derniers sont appelés à exercer des fonctions hautement spécialisées exigeant une compétence et un savoir ciblés.

M. Marc Cimamonti, vice-procureur au parquet de Marseille, responsable de la section financière du parquet au pôle économique et financier, a parfaitement résumé ce paradoxe en expliquant qu'« on n'affecte pas un magistrat spécialisé mais [que] c'est l'affectation à un service spécialisé qui forge la spécialisation du magistrat ».

Il apparaît donc qu'à l'heure actuelle, il n'existe aucune gestion spécifique des ressources humaines affectées aux pôles économiques et financiers et qu'il est tout à fait possible qu'un jeune magistrat sorti de l'Ecole nationale de la magistrature, sans aucune expérience, puisse être affecté en premier poste au sein d'un de ces pôles.

Plusieurs magistrats ont mis en avant la nécessité d'affecter au sein des pôles spécialisés des magistrats présentant un profil adapté aux fonctions proposées afin de valoriser l'expérience professionnelle qu'ils ont pu acquérir antérieurement.

Comme l'a regretté, M. Yves Lebaut, vice-procureur au tribunal de grande instance de Marseille, seuls les postes de magistrat de l'administration centrale du ministère de la justice donnent lieu à l'établissement de profils de poste. Cette gestion individualisée des ressources humaines ne s'étend pas aux juridictions.

Comme le souligne un chef de tribunal de grande instance « rien, dans l'organisation du corps des magistrats ou dans leur carrière ne permet de savoir si un magistrat possède une authentique spécialisation ».

La mission partage ces préoccupations et souhaite attirer l'attention de la Chancellerie sur la nécessité de mettre en place une gestion adaptée des compétences aux besoins spécifiques des pôles spécialisés, notamment en dressant des fiches de postes précises permettant de sélectionner les candidats adéquats, une telle proposition ne paraissant pas de nature à remettre en cause l'indépendance des magistrats.

- Un taux de roulement des magistrats trop élevé qui fragilise les pôles spécialisés

Un grand nombre d'interlocuteurs ont souligné que les règles statutaires de mobilité en vigueur ne permettaient pas aux magistrats spécialisés de valoriser leur expérience.

Plusieurs magistrats du pôle économique et financier de Paris ont fait remarquer qu'ils se trouvaient en effet confrontés à une double exigence contradictoire à laquelle leur statut ne permettait pas de répondre : l' avancement est soumis à des conditions de mobilité géographique tandis que la spécialisation, rendue nécessaire par la complexité croissante du droit, exige au contraire un exercice des fonctions dans la durée et l'acquisition d'une certaine expérience .

Ainsi, afin de ne pas subir de retard dans leur avancement , sept juges d'instruction (soit un quart des effectifs) ont quitté le pôle économique et financier de Paris en moins de trois ans.

Mme Claude Nocquet, vice-présidente au tribunal de grande instance de Paris, indiquait récemment que « comme pour l'instruction, il convient de déplorer la rotation trop importante et surtout simultanée des effectifs, notamment en ce qui concerne la section financière. En effet, entre septembre et décembre 2001, ce sont 50 % des effectifs de ce service qui ont quitté le parquet de Paris pour rejoindre des juridictions ou des services extérieurs 237( * ) . »

Une telle situation perturbe le bon fonctionnement du pôle.

En effet, les dossiers lourds dont le magistrat était saisi doivent être redistribués soit aux collègues encore en poste, soit au nouveau titulaire du poste, ce qui entraîne une regrettable déperdition d'énergie .

Nombre d'interlocuteurs ont d'ailleurs fait part de leurs vives réserves à l'égard de l'obligation de mobilité nouvelle instaurée par la loi organique du 25 juin 2001 précitée et souhaiteraient une plus grande stabilité des effectifs au sein des pôles.

Certains magistrats ont même suggéré l'institution de règles de mobilité dérogatoires pour les magistrats spécialisés.

La mission, n'a pas jugé opportun de remettre en cause la volonté du législateur un an après l'entrée en vigueur de la loi organique du 25 juin 2001. En outre, il est à souligner que rien n'empêche un juge spécialisé d'exercer durablement la même fonction dès lors qu'il ne reste pas durablement dans une même juridiction .

Une formation insuffisante des magistrats affectés dans les pôles spécialisés

Mme Danielle Entiope, présidente du tribunal de grande instance de Marseille, a mis en exergue que l'effort de spécialisation des magistrats affectés au pôle avait été « personnel » et « entrepris sur le tas ».

Le responsable du parquet financier du pôle économique et financier a d'ailleurs fait part à la mission de son expérience personnelle en expliquant qu'en 1996, il avait été nommé au parquet financier de Versailles alors même que la loi du 25 janvier 1985 relative au redressement et à la liquidation judiciaires des entreprises lui était pratiquement inconnue. Les magistrats instructeurs ont souligné qu'ils étaient arrivés au pôle sans avoir bénéficié d'aucune formation spécifique.

S'agissant de la formation initale, M. Guy Canivet a suggéré devant la mission « la création et l'entretien de filières de formation spécialisées de magistrats ».

Une telle proposition ne semble pas faire l'objet d'un consensus, de nombreux magistrats ayant marqué leur attachement à la vocation généraliste de leur profession. Ainsi un chef de tribunal de grande instance a fait part de ses inquiétudes et des craintes : « une approche par métiers serait un contresens si elle revenait à accentuer la spécialisation et à isoler des filières, hermétiques les unes aux autres, sans connaître le fond commun qui unit les différents corps de personnels. »

La formation continue des magistrats spécialisés a été jugée décevante par la plupart des interlocuteurs rencontrés par la mission qui ont souligné la nécessité d'instituer une formation obligatoire préalable à l'entrée en fonction 238( * ) .

De plus, il semble que la formation régionale déconcentrée destinée à répondre aux besoins locaux des juridictions ait un véritable rôle à jouer auprès des pôles spécialisés.

La mission souhaite attirer l'attention de la Chancellerie sur la nécessité de rendre obligatoire une formation avant l'entrée en fonction d'un magistrat spécialisé et de développer la formation continue déconcentrée comme support de formation des pôles spécialisés.

Le développement du travail en équipe


Comme l'a souligné M. Marc Cimamonti, vice-procureur au pôle économique et financier de Marseille, les magistrats font généralement preuve d'une « absence de culture de l'organisation au sein de l'institution judiciaire . Ils sont le plus souvent formés et dédiés à gérer des procédures et se désintéressent de l'organisation et du fonctionnement de la juridiction. »

Cette logique apparaît fortement remise en cause par les principes d'organisation qui régissent les pôles puisque désormais le magistrat exerce son métier en collaboration étroite au sein des pôles avec ses collègues du siège et du parquet.

Les magistrats spécialisés, plutôt enclins à exercer leur métier de façon solitaire, ont donc été peu à peu contraints à s'adapter à de nouvelles méthodes de travail plus modernes .

Le législateur a d'ailleurs consacré cette évolution en permettant aux magistrats instructeurs de développer le travail en équipe et en permettant « d'adjoindre » au juge d'instruction chargé de l'information judiciaire un ou plusieurs juges d'instruction.

Comme le relève Mme Claude Nocquet, vice-présidente au tribunal de grande instance de Paris, « c'est sans doute une des réformes les plus importantes de cette dernière décennie : dans les affaires complexes, sophistiquées ou médiatisées, l'homme seul, la femme seule sont remplacés par un binôme parfois un trinôme , l'un apportant son expérience, l'autre sa connaissance particulière d'un secteur, le troisième son aptitude en informatique 239( * ) . »

Les magistrats instructeurs se sont félicités de cette avancée. Un juge d'instruction du pôle économique et financier de Marseille, chargé de l'affaire de l'Olympique de Marseille, s'est déclarée très satisfait de collaborer, depuis une période récente, avec un autre magistrat instructeur soulignant que la procédure de co-saisine avait permis « un gain de temps et une plus grande sérénité ». Il est à noter que les juges d'instruction du pôle antiterroriste utilisent également la procédure de co-saisine dans les affaires complexes.

De plus, le juge est appelé à travailler en coopération étroite avec d'autres partenaires. Ainsi que l'a indiqué un magistrat entendu par la mission, lorsque le parquet détient une information d'escroquerie à la taxe sur la valeur ajoutée, il convient de la transmettre aux autres services de l'Etat. Un magistrat affecté au pôle économique et financier se situe à l'intérieur d'un circuit d'information et doit, en accord avec ses partenaires (notamment l'administration fiscale, les douanes, l'organisme Tracfin...), définir les grandes lignes de conduite à tenir.

De nombreux magistrats ont d'ailleurs fait valoir devant la mission la nécessité de disposer d' interlocuteurs extérieurs eux-même spécialisés . En amont de l'activité du pôle, l'absence de spécialisation financière des unités de police, dont les effectifs ne cessent de diminuer, a conduit à allonger les durées de traitement des affaires et des commissions rogatoires et à ralentir l'activité du pôle économique et financier de Paris. Une spécialisation accrue de la police judiciaire dans ce domaine serait donc souhaitable 240( * ) .

En outre, la création récente des assistants de justice 241( * ) et des assistants spécialisés a induit une modification des méthodes de travail des magistrats. Le travail en équipe, qui avait suscité des réticences au moment de l'arrivée des assistants spécialisés, notamment au pôle économique et financier de Paris, est aujourd'hui banalisé et reconnu comme essentiel par tous les acteurs judiciaires.

Sur quelques dossiers très importants (affaires Elf, Crédit Lyonnais par exemple) ont été constituées des équipes pluridisciplinaires composées de magistrats, d'assistants spécialisés et d'assistants de justice.

Le groupe de suivi des pôles économiques et financiers soulignait d'ailleurs en mai 2001 que « le magistrat confronté à des contentieux de plus en plus lourds et complexes, ne peut plus demeurer un artisan isolé mais doit au contraire devenir un véritable coordinateur d'une équipe pluridisciplinaire 242( * ) . »

La création des pôles économiques et financiers a donc contraint le magistrat à s'adapter à une nouvelle forme d'organisation de la justice.

b) La difficile affirmation des assistants spécialisés au sein des pôles économiques et financiers

Le statut des assistants spécialisés, l'émergence d'un nouveau métier

Un dispositif novateur a permis, en 1998 , de doter les pôles économiques et financiers d'assistants spécialisés et, partant, d'enrichir la communauté judiciaire d'un nouveau métier .

Inspirés du modèle des assistants de vérification placés auprès des chambres régionales des comptes, ils ont été créés par la loi n° 98-546 du 2 juillet 1998 portant diverses dispositions d'ordre économique et financier 243( * ) afin d'assister le juge spécialisé dans l'analyse des informations contenues dans le dossier et de le conseiller dans des domaines demeurés en marge du droit pénal . Ils sont soumis au secret professionnel et prêtent un serment.

En avril 2001, on recensait 14 assistants spécialisés. Ils sont recrutés pour une durée de trois ans renouvelable 244( * ) parmi des personnes ayant acquis des compétences en matière économique et financière au cours de leur parcours professionnel, il peut s'agir :

- soit de fonctionnaires de catégorie A ou B, sans aucune condition d'ancienneté, qui peuvent être mis à disposition ou détaché de leur administration d'origine ;

- soit de personnes issues du secteur privé 245( * ) qui doivent justifier d'une double condition de diplôme 246( * ) , d'une part, et d'expérience professionnelle (quatre ans), d'autre part.

Il semble que les assistants spécialisés aient tous été recrutés parmi des agents des services publics : 4 sont originaires de la direction générale des impôts, 4 autres proviennent de la direction générale des douanes et des droits indirects, 2 de la banque de France, 1 de la direction générale de la concurrence et des fraudes et 1 de la Commission des opérations de Bourse.

Force est de constater qu' aucun assistant spécialisé n'est actuellement issu du secteur privé, aucune ligne budgétaire spécifique destinée à recruter ces contractuels n'ayant été créée. La mission ne peut que déplorer une telle situation dans la mesure où de nombreux magistrats spécialisés du pôle économique et financier de Marseille ont fait part devant la mission de la nécessité de disposer de l'expertise très pointue d'un analyste financier dans certains dossiers.

A l'exception de Paris et en raison des moyens limités dont disposent les pôles économiques et financiers, le travail des assistants spécialisés est co-géré par le parquet et l'instruction. Ils peuvent donc être amenés, dans des affaires différentes, à apporter leur concours à la fois au parquet et à l'instruction.

Ils ne disposent d'aucun pouvoir juridictionnel et ne peuvent se substituer aux magistrats auprès desquels ils effectuent leurs travaux, ni se voir déléguer aucun pouvoir de signature. Aux termes de l'article 706 du code de procédure pénale : « les assistants spécialisés assistent, dans le déroulement de la procédure les magistrats sous la direction desquels ils sont placés, sans pouvoir procéder par eux-même à aucun acte. »

Les travaux qui peuvent leur être confiés se classent en quatre catégories :

- audit de dossiers (mise en évidence des flux financiers, analyse thématique de certaines relations de groupes ou d'un ensemble d'opérations de même nature par un même acteur), dans la plupart des cas cet audit se concrétise par un rapport ou une note de synthèse ;

- étude technique sur un aspect précis (recherches dans des ouvrages techniques) ;

- compléments antérieurs ou postérieurs à la saisine des services d'enquête qui visent le plus souvent à faire le point sur l'environnement économique et financier des personnes physiques ou morales visées dans les procédures  ;

- interrogations ponctuelles sur des points très techniques.

Les travaux des assistants ne sont pas versés au dossier.

Un statut à améliorer

Le bilan établi en avril 2001 par le groupe de suivi met en exergue que « tous les avis recueillis auprès des magistrats s'accordent sur l'excellente qualité des travaux des assistants spécialisés et le très grand intérêt de leurs apports techniques dans les procédures économiques et financières notamment au stade du ciblage des investigations à entreprendre.» Leur place au sein des pôles économiques et financiers est désormais bien acceptée 247( * ) et l'ensemble des magistrats, loin de ressentir l'aide à la décision apportée par ces assistants spécialisés comme une atteinte à leurs prérogatives, a unanimement souhaité un renforcement de leur statut.

Il n'était pas dans l'intention du législateur d'ériger les assistants spécialisés en véritables acteurs de la procédure pénale .

Toutefois, victimes de leur succès , ils sont intervenus de manière croissante à tous les stades de la procédure , agissant ainsi bien au-delà du cadre légal. Leur présence aux interrogatoires, ainsi que lors des perquisitions a été parfois jugée utile.

Le silence et le caractère flou de leur intervention qui ressort des textes a ainsi conduit à une occultation de leur rôle alors même qu'il prenait une importance croissante dans les procédures .

Si les assistants spécialisés sont globalement satisfaits de leur expérience au sein des pôles, ils ont néanmoins soulevé devant la mission un grand nombre d'interrogations, évoquant plus particulièrement :

- Leur rémunération

Les assistants spécialisés ont tous été affectés aux pôles économiques et financiers sous le statut de la mise à disposition par leur administration d'origine, évitant ainsi au ministère de la justice de prendre en charge financièrement leur traitement. Il s'est avéré que dans la plupart des cas, ces derniers subissaient un préjudice financier en raison d'une perte de rémunération liée au régime indemnitaire spécifique ou aux primes liées à la fonction occupée antérieurement.

Toutefois la mission a pu mesurer le dévouement de ces assistants spécialisés à l'occasion de sa visite aux pôles économiques et financiers de Paris et de Marseille, les quatre assistantes spécialisées du pôle de Paris ayant expliqué qu'elles avaient choisi cette affectation en dépit de la perte de revenu car, ayant été en relation avec l'institution judiciaire dans leurs précédentes fonctions, elles souhaitaient la « découvrir de l'intérieur » et « la faire progresser en mettant leurs compétences à son service ».

- La question du mode d'affectation au pôle

La formule du détachement n'a connu aucun succès pour des raisons financières. Il a été signalé devant la mission qu'elle permettrait pourtant à l'assistant de rompre ses liens avec son administration d'origine et, peut-être, de conforter sa position lorsqu'il est confronté à elle dans ses nouvelles fonctions.

- L 'insuffisante prise en compte par leur administration d'origine de l'expérience acquise au sein de l'institution judiciaire et la difficulté de leur réintégration

Les assistants spécialisés ont indiqué que le retour dans leur corps d'origine s'avérerait difficile car les administrations ont souvent coupé tout contact avec eux.

- Une certaine frustration

Les assistants spécialisés souhaitent exercer davantage de responsabilités, à l'instar de leurs précédentes fonctions. Une assistante spécialisée rencontrée au pôle de Marseille a expliqué qu'elle disposait de pouvoirs plus étendus dans son administration d'origine citant l'exemple des déclarations FICOBA qu'elle avait l'habitude de signer elle-même alors que depuis son affectation au pôle, elle se trouvait dans l'obligation d'attendre la signature du procureur pour accomplir des actes identiques.

Le responsable du pôle économique et financier, avec humour et tout en reconnaissant et appréciant leur compétence, a qualifié les assistants spécialisés d'« ectoplasmes judiciaires », ajoutant qu'« ils sont bien souvent au milieu du gué ».

- Une formation insuffisante

Toutes les assistantes spécialisées ont fait valoir devant la mission la nécessité de suivre une formation obligatoire avant leur entrée en fonction .

Face à un tel constat, le groupe de suivi des pôles économiques et financiers a formulé des propositions qui paraissent faire l'unanimité.

La création d'un véritable statut de l'assistant spécialisé, qui serait rebaptisé conseiller technique, a été proposée. Ce changement de dénomination permettrait de valoriser davantage cette fonction. Une extension et une clarification de leurs attributions seraient également opérées afin d'aligner le droit sur la pratique et de leur permettre de participer aux perquisitions, saisies et interrogatoires, d'établir des notes écrites et versées au dossier. Un amendement avait été déposé dans ce sens lors de l'examen au Sénat les 5 et 6 juin 2001de la loi n° 2001-1168 du 11 décembre 2001 portant mesures urgentes de réformes à caractère économique et financier (MURCEF), mais avait été rejeté en raison de son dépôt tardif et de l'absence de lien avec le texte en discussion.

La mission estime qu'un renforcement du statut des assistants spécialisés destiné à étendre leur champ d'intervention s'avère indispensable pour garantir un fonctionnement efficient des pôles .

L' amélioration du traitement des assistants spécialisés afin d'éviter des pertes de revenus a également été envisagée par le groupe de suivi. Soucieuse de rendre cette nouvelle fonction attractive, la mission partage cette préoccupation et souhaite que des solutions soient rapidement proposées par la Chancellerie pour éviter que l'affectation d'un assistant spécialisé dans un pôle ne lui porte préjudice financièrement.

Enfin, il est apparu indispensable à la mission qu'une réflexion soit menée en concertation avec la Chancellerie et les administrations intéressées pour gérer les carrières des assistants spécialisés désireux de réintégrer leurs corps d'origine et valoriser leur expérience acquise au sein de l'institution judiciaire.

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