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L'exception territoriale : un atout pour la France

3 avril 2003 : L'exception territoriale : un atout pour la France ( rapport d'information )

 

 

III. UN BASSIN PARISIEN « SOUS LA COUPE » SUR PARIS

Si ses limites restent floues, et sa définition imprécise, le Bassin parisien, au sens géographique retenu ici, correspond à un vaste espace dont la cohérence est assurée par la métropole parisienne, et où Paris exerce un rôle organisateur. Cet ensemble comprend 28 départements : ceux de l'Ile-de-France et une couronne formée de vingt départements, tous ceux dont une fraction significative des actifs résidents travaillent en Ile-de-France. Dans la présente étude, le Bassin parisien comprend les régions Haute-Normandie, Picardie, Champagne-Ardenne, Centre ainsi que, à l'est, le versant occidental de la Bourgogne (Yonne et Nièvre), à l'ouest la Basse-Normandie et la Sarthe.

Le Bassin parisien

Le Bassin parisien est une entité lancée en 1992 par la DATAR, dans le Livre blanc du Bassin parisien puis accepté par l'ensemble des conseils régionaux concernés. C'est cette définition qui a été utilisée dans le cadre de cette étude.

Le découpage proposé par la DATAR était issu d'études datant des années 70 basé sur les limites géographiques naturelles de ce bassin, légèrement modifié : les régions Champagne-Ardenne et Basse-Normandie ne faisaient initialement que partiellement partie du Bassin parisien et ont souhaité y être totalement intégrées.

Les différentes couronnes autour de Paris

La première couronne est composée des trois départements qui jouxtent Paris ; la seconde est constituée des départements qui jouxtent la première couronne (etc. pour la troisième).

Ces termes sont entrés dans le langage courant suite à la loi du 10 juillet 1964 portant sur la réorganisation de la région parisienne, qui a supprimé les départements de la Seine et de la Seine-et-Oise et créé les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, les Yvelines, le Val-d'Oise et la Seine-et-Marne. La loi ne fait aucune allusion au terme « couronne », mais celui-ci a été adopté au fil des ans, sans qu'il ait vraiment de source « officielle ».

Paris

Paris

Petite couronne

Val-de-Marne, Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine

Grande couronne

Seine-et-Marne, Val-d'Oise, Essonne, Yvelines,

Troisième couronne

Loiret, Oise, Eure, Yonne, Eure-et-Loir, Marne, Aube, Aisne

Périphérie du Bassin parisien

Calvados, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Somme, Seine-Maritime, Orne, Cher, Indre, Sarthe, Manche, Haute-Marne, Ardennes

Ces régions jouent un rôle central dans un hexagone très centralisé ; elles en subissent en permanence les avantages et les inconvénients. Les inconvénients sont ceux d'une surcharge de problèmes, de contrastes plus accentués et surtout d'un phénomène « d'ombre portée » qui tend à stériliser tout se qui se trouve directement sous l'emprise de la capitale, notamment d'un point de vue culturel. Les avantages découlent de la proximité en matière de transports, de services, d'industries, de migrations temporaires ou définitives, de décentralisation rapprochée ...

Le Bassin parisien présente la particularité d'articuler plusieurs grands espaces régionaux à proximité immédiate de la capitale. La première question que l'on se posera traitera de l'organisation spatiale de cet ensemble. Voit-on une amorce d'espaces métropolitains à côté de la capitale, ou celle-ci domine-t-elle totalement les zones qui l'entourent, transformant progressivement les métropoles régionales en villes de grande banlieue ?

Rien n'a permis de corriger une incompréhension réciproque des responsables et sans doute de l'opinion : un aveuglement des « parisiens » à l `égard de ces régions proches, méprisées sans le dire, abandonnées à leurs problèmes ... et un aveuglement des « provinciaux » attribuant volontiers tous leurs maux à cette « pieuvre » à laquelle ils sont en fait très étroitement associés.

Fondamentalement économique et géographique, la problématique d'aménagement du Bassin parisien se révèle aussi très marquée par ses composantes historiques, culturelles, psychologiques et politiques.

A. UN ESPACE ORGANISÉ PAR PARIS

1. L'agglomération parisienne, coeur démographique d'un Bassin parisien qui représente plus du tiers de la population française

Le Bassin parisien compte 19.9 millions d'habitants en 1999 ; la moitié vivent en Ile-de-France, un cinquième dans les huit départements qui l'entourent et un quart dans le reste du périmètre. Pour l'essentiel (82 %), il s'agit d'urbains : 16.4 millions de personnes résident dans l'une des 88 aires urbaines qui structurent ce territoire, soit 38 % de la population des 361 aires urbaines de la France métropolitaine.

Au palmarès des agglomérations les plus urbanisées du Bassin parisien, Paris, avec 9 644 510 personnes en 1999, demeure vingt-cinq fois plus peuplée que Rouen (389 860 habitants), au second rang, laissant loin derrière elle Tours (297 631 hab.) et Caen (199 490 hab.). Depuis deux siècles, cette prééminence parisienne n'a cessé de se construire au détriment des villes du reste du Bassin parisien (Figure 2.5).

Figure 2.5 - Le poids de la prééminence démographique parisienne

Source : DATAR, Aménager la France de 2020 - Le Bassin parisien, Paris,
La Documentation française, 2002, p. 21