Allez au contenu, Allez à la navigation



Le conseil supérieur de la pêche

 

II. UN POSITIONNEMENT DÉLICAT

Comme l'indique la Cour des comptes dans son référé n° 28 311 du 5 juin 2001 portant sur la gestion du Conseil supérieur de la pêche au cours des exercices 1991 à 1998, « le positionnement incertain de l'établissement dans l'organisation de la pêche en eau douce a contribué à diminuer l'efficacité de son action ».

Il convient de rappeler que, si le Conseil supérieur de la pêche a, comme il a été expliqué ci-dessus, pour mission de valoriser et de préserver le milieu, les gardes-pêche continuent de pouvoir être mis à disposition des fédérations départementales de pêche.

Le Conseil supérieur de la pêche apparaît encore trop isolé parmi les différents acteurs de la politique de l'environnement.

A. UNE « CULTURE DE L'ISOLEMENT »

1. Avec ses partenaires de la politique de l'eau

Le Conseil supérieur de la pêche, en dépit de progrès réels en la matière, éprouve encore des difficultés à nouer des relations institutionnelles avec ses partenaires « naturels » qui interviennent dans le domaine de la politique de l'eau, sans qu'il soit aisé d'en saisir les raisons : « volonté d'autonomie, crainte de se faire absorber ou manque de confiance en soi, cette culture de l'isolement - plus discret que splendide - n'est pas de nature à manifester à l'extérieur les atouts réels dont dispose pourtant le CSP » note l'Inspection générale de l'environnement dans son rapport du 25 octobre 2002 d'inspection périodique du CSP.

Ainsi, le contrat d'objectifs de l'établissement n'évoque pas clairement la place du CSP au sein du système national d'information sur l'eau. Il est également « quasi-muet » sur la question des partenariats à développer pour remplir ses missions.

Le CSP semble réticent à entretenir des relations approfondies avec les directions régionales de l'environnement (DIREN), y compris sur le plan immobilier, tant il est vrai que les DIREN pourraient héberger les délégations régionales du CSP, ce qui présenterait également l'avantage de dégager des synergies et donc de réaliser des économies sur les dépenses de fonctionnement.

À cet égard, votre rapporteur considère que l'Etat devrait proportionner son concours financier en faveur du CSP aux efforts que réalise ce dernier pour nouer avec ses partenaires des relations qui seraient potentiellement source d'économies.

2. Avec les pêcheurs

D'une certaine façon, le CSP entretient des relations ambiguës avec les pêcheurs eux-mêmes.

Ainsi, à l'exception de la participation des présidents de fédérations de pêche élus au conseil d'administration, celui-ci ayant du reste un rôle relativement formel8(*), la direction générale du CSP a des contacts plutôt lointains avec les fédérations. S'il est exact que ces dernières considèrent de toute manière le CSP comme un organisme administratif, voire technocratique éloigné des réalités du terrain et des difficultés auxquelles sont confrontées les associations piscicoles, il n'en reste pas moins vrai que la direction générale doit chercher à approfondir ses relations avec les fédérations. À cet égard, la personnalité du directeur général revêt une grande importance pour promouvoir l'image de l'établissement.

Les délégations régionales du CSP elles-mêmes, qui constituent désormais un échelon hiérarchique du personnel de garderie dans l'organisation générale de l'établissement public, n'entretiennent que des relations lâches avec les fédérations, qualifiées par le président de l'Union nationale pour la pêche en France et la protection du milieu aquatique de « ni mauvaises, ni fondamentales »...

D'une manière générale, la mise en oeuvre de la réforme initiée par l'arrêté du 15 décembre 1998 a pu susciter des tensions aujourd'hui apaisées mais une certaine amertume persiste chez les présidents de fédérations.

* 8 Sur ce point, cf. le chapitre trois.