II. LES « SUPPORTS FINALS » DES ENCOURS D'ACTIFS FINANCIERS DES MÉNAGES

En ce qui a trait aux patrimoines financiers, les évolutions de la part des trois ou quatre grandes catégories de « supports » retenues sont évidemment beaucoup plus lentes qu'en ce qui concerne les flux dont la composition est, on l'a vu, passablement fébrile. En particulier, par définition, les encours - contrairement aux flux - ne font évidemment pas apparaître de contributions négatives. Comme on l'a dit, ces variations d'encours sont la résultante de trois facteurs :

• la composition des flux de placements étudiés ci-dessus ;

• les évolutions de prix en ce qui concerne les actifs transitant sur les marchés ;

• enfin, les « autres variations en volume », apparues récemment dans les comptabilités nationales et dont l'influence est, le plus souvent, modeste.

On suivra ici le même ordre d'exposé qu'en ce qui concerne les affectations des flux : affectation initiale, affectation intermédiaire (seules les banques ne sont pas transparentes), affectation finale.

A. L'AFFECTATION « INITIALE » DES ENCOURS D'ACTIFS FINANCIERS DES MÉNAGES

Plus encore que les flux, les évolutions de la composition des encours découpent ici clairement la période :

1995-2000 :

- montée assez régulière des fonds propres (près de 8 points gagnés entre

- 1995 et 2000) ; les actions non cotées gagnent à elles seules plus de 6 points entre 1995 et 2000 ; la progression des actions cotées est en revanche très faible (voir annexe) ;

- baisse régulière des produits de taux : les titres émis par les APU représentaient encore 2% du patrimoine financier des ménages en 1995 ; ils se retrouvent à 0,9% seulement en 2000 ;

- tassement de près de 2 points des créances sur les agents non financiers qui provient principalement de la diminution de la part des dépôts des ménages auprès des APU et du RDM ;

- enfin, prédominance écrasante de l'intermédiation, mais avec un certain reflux (plus de 4 points perdus entre 1995 et 2000) : en 2000, on passe sous la barre des 72%.

2000-2001 :

- diminution de près de 3 points de la part des fonds propres : c'est le résultat conjoint d'évolutions en volume (ventes nettes) et en prix (chute de la Bourse) ; le repli des actions non cotées est important, mais ne s'agit-il pas d'un « artefact » (mode de calcul contestable des moins-values ?) ;

- reprise de l'intermédiation (+ trois points environ provenant pour deux tiers des assurances et pour un tiers des banques).

Tableau 7 : Affectation initiale des encours d'actifs financiers des ménages (en %)

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

1. Créances sur les fonds propres

11,4

13,2

14,5

16,1

19,0

19,0

16,3

2. Produits de taux

3,3

3,1

2,4

2,5

2,0

1,8

1,8

3. Crédits et créances diverses sur les agents non financiers

9,0

8,9

8,7

7,5

7,6

7,3

7,1

4. Intermédiations

76,3

74,8

74,5

73,9

71,3

71,9

74,7

Total

100,0

100,0

100,0

100,0

100,0

100,0

100,0

Montant total (en milliards d'euros)

1 713,8

1 874,4

2 036,1

2 202,7

2 494,1

2 584,8

2 581,9

En fin de période, l'intermédiation s'est à nouveau hissée aux trois quarts des encours cependant que la part des fonds propres, après éclatement de la bulle, est retombée très au-dessous du cinquième du patrimoine financier. Mais, on l'a dit, pour les valeurs non cotées, malgré nos corrections, on ne peut exclure l'influence de certains « artefacts » exagérant les évolutions à la hausse comme à la baisse.

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