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LA GESTION DU PARC AUTOMOBILE : DIFFÉRENTES SOLUTIONS POUR CONTOURNER LA RIGIDITÉ DE L'ORGANISATION EN PLACE

Les éléments observés sur le terrain

Les difficultés de la maintenance du parc automobile

D'une manière générale, chacun s'accorde à constater une certaine difficulté à obtenir un niveau de service satisfaisant en terme de maintenance du parc automobile. Cela conduit les unités à éventuellement trouver des solutions annexes pour gagner en efficacité. Les manières de travailler sont là encore très différentes d'une unité à l'autre :

Exemple : dans un commissariat central, un marché a été passé avec un fournisseur local pour la petite maintenance.

Exemple : à la Préfecture de Police, la sous-traitance avec un garagiste privé et proche de chaque commissariat n'est pas autorisée. Il faut obligatoirement que les véhicules soient emmenés au garage central. Dans un des commissariats centraux visités, 6 véhicules sont ainsi immobilisés dans ce garage depuis 9 à 12 mois.

Exemple : dans une brigade de gendarmerie, il est obligatoire d'envoyer les véhicules hors du département pour des réparations, même mineures. Le temps consommé à chaque fois est de 2 heures pour deux gendarmes.

Il convient ici de signaler que si les réparations réalisées à l'intérieur de la gendarmerie ou de la police ont bien entendu un coût certain pour la structure, ces coûts ne sont en revanche pas répercutés sur les unités qui détiennent le véhicule. Les personnes interrogées sur ce point répondent systématiquement : « c'est gratuit ». A moins de construire une comptabilité analytique par unité prenant en compte ce type de coût, il est bien entendu financièrement plus intéressant pour une unité d'éviter de passer un marché avec l'extérieur, quand bien même cela serait autorisé.

Dans la plupart des commissariats, un fonctionnaire de police assure le garage pour le petit entretien. Mais, là encore, il n'a pas toujours reçu la formation idoine. De surcroît, plusieurs d'entre eux considèrent qu'il ne s'agit pas d'une activité « normale » pour un policier. Quant aux gendarmes, ils assurent préférer une maintenance locale des véhicules, mais dans le secteur privé, plus réactif à leurs yeux que les garages militaires.

Exemple : dans un commissariat central, le fonctionnaire chargé du garage assure certaines réparations, ou en confie d'autres à un garagiste local avec lequel un accord a été passé. Pour les réparations lourdes, il doit demander l'intervention du garage central, situé à plus d'une heure de route.

Il est important de noter que l'administration centrale de la police pousse la déconcentration de la gestion du parc de véhicule au niveau du terrain depuis janvier 2003. Cela vaut pour l'externalisation de la « petite maintenance » par les commissariats. La DAPN estime ainsi à 20 % environ la part ainsi confiée à l'extérieur de la police.

Un système de gestion des réparations et de l'entretien peu rationnel et lent

Dans la plupart des brigades, l'entretien, même mineur, des véhicules est confié à la légion de gendarmerie, parfois distante de plusieurs dizaines de kilomètres. Compte tenu de l'immobilisation du véhicule, l'opération nécessite un convoyage qui consomme finalement deux véhicules et deux gendarmes.

Exemple : dans une brigade de gendarmerie, il a fallu attendre plusieurs semaines pour obtenir le remplacement du siège d'un véhicule alors que cette unité est une des plus grandes victimes d'atteintes au matériel dans le cadre des patrouilles dans les quartiers dits sensibles. Les véhicules de prêt octroyés par la légion ou la compagnie ne sont pas toujours adaptés aux besoins.

Sur ce dernier point en effet, l'exemple vaut pour les deux forces. Outre les délais de maintenance, les difficultés éprouvées pour obtenir un véhicule de remplacement équipé des moyens opérationnels (radio, RUBIS, barre de signalisation, etc.) sont très grandes. Rarement identique au véhicule laissé pour entretien, le véhicule de prêt ne correspond pas toujours au besoins de l'unité. Ce constat montre l'absence cruelle d'une relation de service entre les structures en charge du parc automobile et les unités qui exploitent ces moyens.

La demande de liberté de gestion locale du parc automobile est quasi-unanime dans les unités opérationnelles, celle-ci apparaissant pour tous comme un facteur déterminant dans l'efficacité des hommes, mais aussi dans la meilleure gestion des moyens accordés. Cette déconcentration de la gestion paraît correspondre au souhait d'une mise en concurrence des praticiens, garante d'une plus grande qualité de service.