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II. LE RÉÉQUILIBRAGE ÉCONOMIQUE ENTRE LES PROVINCES, CONDITION DE LA STABILISATION DURABLE DE LA COLLECTIVITÉ

Sans doute la voie de l'apaisement passe-t-elle aujourd'hui par un développement équilibré du territoire. Le retard de la province Nord -et aussi de la province des Iles- par rapport à la province Sud peut constituer une source de tensions. C'est pourquoi le développement du projet industriel lié à l'exploitation du nickel dans le Nord -parallèlement à la réalisation des autres projets dans la province Sud- représente un enjeu non seulement économique mais aussi politique. En tout état de cause, les politiques publiques volontaristes demeurent un facteur essentiel de rééquilibrage.

A. UN DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE RÉEL MAIS FRAGILE

Si les économies ultramarines sont souvent dépendantes des transferts de la métropole, la Nouvelle-Calédonie dispose quant à elle, en particulier avec le nickel, des bases d'un développement économique autonome. Néanmoins, les déséquilibres apparaissent manifestes entre une province Sud florissante et les provinces Nord et des Iles enclavées.

Le développement économique de la Nouvelle-Calédonie repose essentiellement sur le nickel. Celui-ci représente en effet quelque 3.000 emplois et une dizaine de sociétés. Il assure plus de 90 % de la valeur des exportations. La ressource en nickel est évaluée au quart des réserves mondiales.

Si l'industrie du nickel connaît traditionnellement des cycles marqués, la diversification croissante des acheteurs de nickel en Nouvelle-Calédonie a permis à l'activité métallurgique de mieux amortir les fluctuations de l'économie mondiale.

Le tourisme et la pêche constituent les deux autres principaux ressorts de la croissance de la collectivité.

Avec plus de 100.000 touristes par an (pour une population de 215.000 habitants), dont le tiers d'origine japonaise, l'activité touristique représente 6 % de l'emploi salarié et l'un des instruments du rééquilibrage économique entre les provinces. Cependant, ce secteur reste très dépendant d'une conjoncture internationale incertaine ainsi que des conditions de la desserte aérienne.

Enfin, le secteur de la pêche ouvre des perspectives intéressantes ; en effet, la zone économique exclusive de 1,45 million de km2 représente la moitié de la Méditerranée. Cependant, la flottille actuelle, bien qu'en augmentation constante, n'est pas à la mesure de la richesse des ressources halieutiques. Il convient de mentionner en outre l'essor, avec le soutien de l'IFREMER, de l'aquaculture -principalement axée sur la production de crevettes- à l'origine de la création de 700 emplois en dix ans dans les fermes aquacoles.

Le développement de la Nouvelle-Calédonie demeure très déséquilibré. La province Sud, et plus particulièrement le grand Nouméa, concentre plus de 70 % des établissements industriels et commerciaux. Elle comptait (au 1er janvier 2002) douze zones industrielles et artisanales (soit plus de 1.000 lots voués à des activités économiques dont 95 % situés dans le grand Nouméa) contre trois en province Nord (Koné, Pouembout et Koumac) et une dans la province des Iles.

Le grand Nouméa compte 120.000 personnes pour une population totale de 220.000 habitants.

Le maire de Nouméa, M. Jean Lèques, a particulièrement insisté devant votre délégation sur les risques et difficultés sociales liés à une concentration excessive de la population à Nouméa. Le contrat d'agglomération regroupant les communes de Nouméa, Mont-Dore, Dumbéa et Païta, l'Etat et la province Sud (120 millions d'euros sur la période 2000-2004) a permis de mettre en oeuvre une politique d'aide aux populations les plus défavorisées.

Le taux d'activité s'élevait en province Sud à près de 62 % contre 48 % et 42 %, respectivement en provinces Nord et des Iles. Le taux de chômage est en moyenne deux à trois fois plus élevé dans ces deux provinces qu'en province Sud.

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