2. L'impact très important de la « bulle immobilière »

La forte progression des prix de l'immobilier dans toutes les régions de France permet ainsi d'expliquer une part de l'augmentation du patrimoine taxable des assujettis à l'ISF. Il convient de rappeler en effet que la résidence principale constitue une part significative de l'actif net imposable. Elle représentait 12,8 % des bases imposables en 2002. Il faudrait ajouter la part des « autres immeubles », 21,7 % du total, pour mesurer l'incidence de la conjoncture immobilière sur l'évolution des bases.

Répartition des bases imposables 13 ( * ) par grande catégorie d'actifs entre 1998 et 2002

(en %)

1998

1999

2000

2001

2002

Résidence principale

11,8 %

11,5 %

11,2 %

11,7 %

12,8 %

Autres immeubles

23,4 %

22,3 %

20,5 %

20,4 %

21,7 %

Droits sociaux

2,6 %

2,9 %

2,9 %

3,0 %

2,9 %

Valeurs mobilières

43,9 %

44,5 %

46,5 %

45,5 %

41,5 %

Liquidités

11,5 %

11,6 %

11,6 %

11,7 %

12,8 %

Autres biens meubles

12,0 %

12,4 %

12,9 %

13,4 %

14,2 %

Source : ministère de l'économie, des finances et de l'industrie

Le patrimoine immobilier des redevables à l'ISF a connu une progression qui ne s'est jamais démentie entre 1998 et 2002.

Evolution du patrimoine immobilier des redevables à l'ISF

(en millions d'euros et en %)

Source : ministère de l'économie, des finances et de l'industrie

Cette hausse est directement liée à l'évolution nominale des prix de l'immobilier. En la matière, le poids de l'immobilier parisien est déterminant. Les contribuables d'Ile-de-France représentaient en effet en 2002 43 % de l'ensemble des redevables, mais 54 % du produit de l'impôt.

Evolution des prix de l'immobilier parisien entre 1997 et 2003

(en %)

Source : chambre des notaires parisiens

Au final, la forte hausse de l'immobilier n'est pas étrangère au gonflement impressionnant du nombre de redevables à l'ISF. La contribution au produit de l'ISF issue de l'immobilier étant moins dynamique que celle liée aux valeurs mobilières, il n'est pas étonnant de constater un écart entre l'évolution du nombre d'assujettis à l'ISF et celle des recettes de cet impôt.

3. La non-actualisation du barème depuis 1997-1999

L'inflation a été la suivante durant la période 1997-2003 :

Inflation en France entre 1997 et 2003

(en %)

Source : INSEE

Au total, la hausse cumulée des prix aura été de plus de 10 % en six ans. Pourtant, aucune actualisation du barème de l'ISF n'a eu lieu. Il y a donc eu prise en compte et taxation d'une « richesse fictive » puisque purement liée à l'inflation dans l'ISF. Ainsi, environ 200 millions d'euros de recettes sur 2,3 milliards d'euros correspondent à un alourdissement de la charge fiscale sur les redevables à l'ISF sans contrepartie économique réelle.

Au total, non-actualisation du barème et hausse des prix dans l'immobilier ont mécaniquement fait passer un certain nombre de contribuables au-delà du seuil d'assujettissement à l'ISF, sans « enrichissement réel ». Il s'ensuit logiquement une détérioration du rendement de l'impôt.

* 13 Hors prise en compte des éléments de passif.

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