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LA CONTRIBUTION DES CHAÎNES PUBLIQUES À LA PRODUCTION AUDIOVISUELLE

Les chaînes publiques  ont une obligation d'investir une part fixe de leurs revenus dans la production d'oeuvres audiovisuelles européennes. Il s'agit donc ici d'oeuvres audiovisuelles de fiction - séries et  téléfilms - et non d'oeuvres cinématographiques.

La taille et la santé du secteur de production audiovisuelle dépendent en grande partie du bon financement des chaînes publiques nationales. Les autres marchés et sources de financement (exportation, chaînes hertziennes gratuites, chaînes thématiques, vidéo) sont des débouchés en devenir, mais parfois émergents, et surtout fluctuants.

D'après l'étude « Eurofiction »  la production audiovisuelle des 5 grands pays européens ici étudiés s'élevait en 2001 à 2,9 milliards d'euros  soit une augmentation de 7,2 % par rapport à 1999.

Figure 40 : Les investissements dans la fiction européenne en 2001

 

Investissement (M€)

Unités de programme produites60(*)

Coût par unité de programme (K€)

Allemagne

1 072

2 618

409

Royaume-Uni

938

2 406

390

France

457

715

640

Italie

321

1 245

258

Espagne

215

2 406

89

Source : Eurofiction / INA

Figure 41 : Les investissements dans la fiction européenne en 2001

En montant global, les diffuseurs français investissent deux fois moins que l'Allemagne ou le Royaume-Uni dans la fiction audiovisuelle. De même  le volume de production en unités de programme est le plus faible : 715 à peine contre 2500 environ en Allemagne, au UK et en Espagne.

Le coût par programme est le plus élevé en France.  Cela montre le positionnement « haut de gamme » de la production française : poids économique des séries estivales ou mini-séries « de prestige »61(*) très coûteuses, et très nette sous-production en fiction « légère » (sitcoms).

Les organisations représentatives de la production indépendante française (USPA) n'ont de cesse, depuis de nombreuses années, de dénoncer le sous-financement de l'audiovisuel français - et de l'audiovisuel public en particulier. Il estiment que la conjonction d'un marché publicitaire (artificiellement ?) restreint et une redevance faible réduit mécaniquement les ressources consacrées à la production audiovisuelle.

Bonne nouvelle tout de même pour la production française, si  les quotas d'investissement dans la production indépendante sont diversement respectés dans les cinq grands pays européens : les diffuseurs français, eux, consacrent près de 90% de leur investissements à des producteurs indépendants.

Le paradoxe est donc le suivant : les secteurs britanniques et allemands de production audiovisuelle sont beaucoup plus industrialisés et développés (et exportateurs) que le secteur français, mais ils sont beaucoup moins « indépendants » des diffuseurs. Tout se passe comme si la priorité en France avait été la promotion des auteurs et producteurs indépendants, et la diversité, et non pas l'industrialisation du secteur pour faire face à la concurrence européenne et mondiale. Mais était-il vraiment nécessaire de choisir ?

Figure 42 : Parts de marché de la production indépendante audiovisuelle en 2001

Source : Eurofiction  / INA

* 60 Nombre de téléfilms et d'épisodes de séries.

* 61 On peut observer depuis quelques années une mode des téléfilms de qualité avec des moyens dignes du cinéma, comme Monte-Christo, avec G. Depardieu, ou Napoléon, avec Christian Clavier.