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Le rôle des drones dans les armées

 

CONCLUSION

L'usage de robots téléguidés se développe rapidement dans tous les domaines militaires, et leurs multiples applications civiles se diffuseront sans doute rapidement dès que ces engins auront atteint une maturité technologique facilitant leur emploi et réduisant leur coût.

Le champ potentiel d'emploi de ces robots est considérable ; il est encore accru par le contexte géopolitique instable qui marque le début de ce siècle, et par l'exigence d'épargner, le plus possible, la vie humaine.

Dans ce contexte, les drones aériens d'observation doivent être conçus comme une des formes les plus complexes de la robotisation, car les informations qu'ils peuvent fournir sont particulièrement délicates à recueillir et à transmettre. L'évolution de ces engins dans la « troisième dimension » entraîne, en effet, des contraintes spécifiques de poids, de maniabilité, de transmission des informations, qui soulèvent des difficultés techniques spécifiques et des financements importants.

Il semble possible de mettre au point, dans un délai de cinq à dix ans, des drones d'observation répondant aux exigences des armées. Mais les montants financiers à mobiliser pour y parvenir sont considérables, et viennent s'ajouter aux budgets en cours, car les renseignements fournis par les drones s'ajoutent aux moyens disponibles de recueils d'information (satellites, avions pilotés) sans s'y substituer.

Ces contraintes financières obligent les pays européens à une nécessaire coopération, car ce n'est que réunis autour d'un programme unique qu'ils pourront rivaliser avec la puissance américaine. Il serait d'ailleurs souhaitable que les crédits affectés aux recherches sur les drones fassent l'objet d'une concertation européenne.

Mais, pour être indispensable, cette collaboration n'en est pas, pour autant, évidente. En dépit de la priorité donnée par l'Agence européenne de Défense à la mise au point d'un drone de type MALE, les difficultés rencontrées pour le programme EuroMALE sont particulièrement fortes .

Que doit-on privilégier dans la démarche EuroMALE pour attirer les partenaires indispensables à la poursuite du programme ? Est-ce la plateforme qui n'est qu'un avion télécommandé et que nos entreprises savent faire et bien faire ; ou est-ce le contenu de la charge utile qui définira la qualité des informations transmises (images, données informatiques....). ?

Le projet EuroMALE  devrait pouvoir apporter des réponses aux multiples questions technologiques qui se posent dans l'acquisition des connaissances et des savoir-faire industriels. Comment trouver  les solutions sans entraîner une explosion de l'enveloppe des engagements financiers ?

Les choix de méthodes qui ont été jusqu'ici privilégiés ne font pas l'unanimité, mais l'on constate que c'est sur la définition et la mise au point de la charge utile que se focalisent les projets européens en cours. Si du Watchkeeper à l'EuroHawk en passant par l'EuroMALE, tous les maîtres d'ouvrages ont décidé de se tourner vers des  plateformes déjà développées (israéliennes ou américaines) c'est pour mieux cibler  les acquisitions et les développements en matière de recueil et de transmission des informations. C'est là l'unique point de convergence de projets européens, par ailleurs très divers par leurs partenaires, leurs capacités et leurs coûts. Sans doute, l'outil de souveraineté que constitue le MALE se prête-t-il moins à la coopération qu'un avion de transport de troupes comme l'A-400 M, dont la mise en oeuvre fut, d'ailleurs, laborieuse.

Si l'on ne peut que déplorer cette fragmentation des projets européens, on doit souligner que la France cherche activement à y remédier avec sa proposition d'EuroMALE. Elle ne peut cependant soutenir ce programme avec la seule coopération de l'Espagne. EuroMALE parviendra-t-il à s'imposer comme la solution européenne optimale, ou faudra-t-il prendre acte de l'absence de soutien d'un nombre suffisant de pays européens, et y renoncer ?

D'autres solutions restent techniquement envisageables, avec les propositions formulées par Sagem ou Thalès, permettant le développement de drones tactiques performants, complétés par l'obtention ultérieure d'une capacité de drone HALE, dans le cadre d'une coopération plus poussée de la France avec le programme AGS de l'OTAN.

En revanche, le projet français, à vocation européenne, de drone de combat Neuron se met en place. Est-ce parce que l'échéance est plus lointaine, ou parce que les compétences spécifiques de la France en matière d'aviation de combat sont reconnues ?