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Accès des ménages au crédit en France

 

III. LES ARGUMENTS VISANT À ETAYER L'IDÉE D'UN DYNAMISME SATISFAISANT DU MARCHÉ DU CRÉDIT AUX PARTICULIERS MÉRITENT D'ÊTRE RELATIVISÉS

La forte augmentation des crédits dispensés aux ménages français paraît témoigner pour le dynamisme du marché du crédit aux particuliers. Il en va de même d'un certain nombre d'évolutions plus qualitatives, qui traduisent une réactivité de l'offre plus forte qu'auparavant.

Toutefois, ces observations positives semblent contrebattues par le constat de viscosités persistantes qui affectent l'accès des Français au crédit.

A. PLUSIEURS ÉLÉMENTS TENDENT À ACCRÉDITER L'IDÉE D'UN DYNAMISME SATISFAISANT DU CRÉDIT AUX PARTICULIERS

Le constat d'une augmentation des crédits aux ménages plus importante que celle de leurs revenus courants est complété par plusieurs arguments supplémentaires mis en valeur pour étayer le diagnostic d'un marché fluide et dynamique parmi lesquels, à titre principal : la réactivité du secteur bancaire aux évolutions de la politique monétaire ; le bas niveau du coût du crédit en France ; les modifications qualitatives du crédit.

1. Un secteur bancaire plus réactif aux inflexions de politique monétaire

 Une étude parue récemment dans le bulletin de la Banque de France34(*) accrédite l'idée d'une normalisation de la situation française au regard de la transmission de la politique monétaire aux conditions bancaires de crédits.

Ainsi, les rigidités particulières à la France dans la transmission des évolutions des taux de la banque centrale (BCE) aux taux bancaires, tout particulièrement à la suite d'une baisse des taux directeurs, seraient en voie d'atténuation.

 Selon l'étude citée, les délais d'ajustement semblaient comparativement longs en France, et les ajustements affectés d'une relative modestie. Mais la situation aurait sensiblement évolué depuis l'adoption de l'euro. Dans un contexte de convergence de la liaison entre « taux banque centrale » et taux bancaires dans les différents pays européens, la situation se serait normalisée en France, avec un ajustement désormais plus rapide et moins asymétrique. Les taux bancaires qui suivaient au plus près les hausses des « taux Banque centrale » évolueraient désormais aussi plus vite en cas de baisse de ces taux.

 L'étude suggère que ces évolutions résulteraient d'une intensification de la concurrence entre offreurs de crédits depuis l'adoption de l'euro. La corrélation négative dégagée par les travaux de de Bondt (2002) entre le degré de pouvoir de marché des établissements de crédit et celui de la sensibilité des taux bancaires aux taux de la banque centrale jouerait désormais pleinement en France.

* 34 « Politique monétaire unique et canal des taux d'intérêt en France et dans la zone euro ». Jérôme Coffinet. Bulletin de la Banque de France n° 136 - Avril 2005.