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Accès des ménages au crédit en France

 

B- Le cadre européen

1- Les marchés européens

En termes d'endettement global des ménages, les disparités sont marquées entre les ménages européens. C'est au Royaume-Uni que l'endettement global des ménages, mesuré en pourcentage du revenu disponible brut, est le plus important. Face à lui, l'Italie reste en retrait, encadrant dans le même temps l'Allemagne, l'Espagne et la France.

Figure 10 : Endettement global des ménages européens

Il en est de même sur le segment du crédit à la consommation. Le Royaume-Uni représente près de 30 % des encours du marché européen, l'Allemagne entre 28 % et 30 % et la France, 11 %. Ces trois pays couvrent ainsi 70 % des encours européens. Face à eux, l'Italie et l'Espagne représentent respectivement 5 % et 6 % du marché, dénotant un écart de développement au sein même des pays européens. Les pays les plus en retrait sont aussi ceux dont les taux de croissance annuels du marché sont les plus importants. Le graphique suivant est à ce titre assez représentatif, croisant l'encours moyen par ménage et le taux de croissance des encours observé sur les premières années de la décennie.

Figure 11 : Endettement des ménages européens au titre du crédit à la consommation (encours moyen par habitant et taux de croissance)

Les différences entre marchés s'observent certes en volume, mais présentent également des spécificités fortes. Ainsi, le Royaume-Uni est caractérisé par un marché du crédit à la consommation dominé par des acteurs puissants disposant de marges fortes.

Il est intéressant de noter que cette hiérarchie, exception faite des Pays-Bas, se retrouve sur le crédit au logement, les pays ayant enregistré les plus fortes progressions étant les pays du sud de l'Europe (Espagne et Italie), disposant également d'un encours moyen par habitant relativement faible par rapport à leurs voisins européens. La France se trouve dans une situation intermédiaire, tant en niveau qu'en progression.

Figure 12 : Endettement des ménages européens au titre du crédit au logement (encours moyen par habitant et taux de croissance)

Le graphique suivant compare le poids des deux catégories majeures de crédit, les crédits à la consommation et le crédit logement, dans le PIB de l'espace européen et des États-Unis. Un rapport de 2 existe entre l'Europe (EU 15) et les États-Unis, tant sur la plan du crédit consommation que du crédit logement.

Figure13 : Part du crédit aux ménages dans le PIB par groupe de pays en 2003

Source : ECRI, 2004

2- Une estimation des remboursements de crédit au sein de la zone euro

Depuis peu, la BCE publie les séries relatives aux crédits souscrits par les ménages au sein de la zone euro. L'historique disponible remonte à 2003, en données mensuelles.

Comme l'atteste le tableau suivant, nous disposons, à ce jour, des :


· Volumes de nouveaux crédits (consommation, logement, autres) ;


· Volume d'encours de crédits.

En prenant en compte la différence d'encours d'un mois sur l'autre et l'évolution des nouveaux crédits, nous en déduisons une estimation du montant total des remboursements sur le périmètre considéré.

Pour l'année 2004, ce montant s'élevait à 913 milliards d'euros, soit 17 % du revenu disponible brut des ménages. Ce montant peut sembler relativement élevé au regard du chiffre connu en France mais rappelons que nombre de pays sont connus pour être relativement plus endettés. Par ailleurs, nous avons intégré dans notre calcul les « autres crédits », manquant de détail pour assurer la ventilation des encours.

Figure 14 : Estimation des remboursements de crédits au sein de la zone euro

Source : BCE

3- Les taux d'intérêt pratiqués en Europe

Il est possible de calculer un taux d'intérêt « apparent » en faisant le rapport entre les flux d'intérêt payés sur une année et l'encours d'endettement en fin d'année.

Ce rapport réalisé sur 2001 positionne la Belgique, l'Espagne et la France en tête des pays présentant les taux d'intérêt les plus faibles. Le Royaume-Uni présente le taux d'intérêt le plus élevé de ce groupe de pays sur 2001.

Cette approche masque les effets de structure des divers marchés (durée des prêts, poids du crédit à la consommation/crédit logement, niveau de l'endettement global, etc.) que nous déclinerons dans la suite du document, au sein des chapitres spécifiques consacrés au crédit consommation et au crédit logement.

Figure 15 : Taux d'intérêt apparents (2001)