Allez au contenu, Allez à la navigation



Accès des ménages au crédit en France

 

C- Les ménages emprunteurs français

1- Leurs profils

Les travaux menés sur la base des informations globales tirées de la comptabilité nationale et de résultats d'enquêtes auprès des ménages ou des individus, nous ont permis d'analyser les comportements en termes de crédit notamment des différents groupes sociaux. L'exploitation simultanée de différentes sources (INSEE, DGI, CSA, TNSofres, etc.) permet, en effet, de fournir une description très complète de l'équilibre qui s'établit, au sein du groupe considéré, entre l'ensemble de ses ressources financières et l'ensemble des emplois qu'il en fait.

Tableau 10 : Définitions (Ressources financières disponibles une fois leur dépenses de consommation effectuées et emplois des ménages)

Ressources

Emplois

Epargne

Crédits à la consommation

Crédits aux logements anciens

Crédits aux logement neufs et aux travaux

Héritages reçus

Donations reçues

Ventes de logements

Remboursements de crédits à la consommation

Remboursements de crédits « habitat »

Achats de logements anciens

Achats de logements neufs et réalisation de travaux

Placements financiers

Héritages transmis

Donations versées

Segmentation par âge : c'est chez les moins de 35 ans que le montant moyen des crédits à la consommation par ménage est d'assez loin le plus élevé (24,8 % de leurs ressources) : ce qui n'est guère étonnant puisqu'il s'agit alors souvent de ménages en cours d'installation et qui cumulent des crédits pour l'acquisition de l'automobile et des crédits pour l'équipement du logement.

Segmentation par CSP : les plus grands détenteurs sont la catégorie des artisans, commerçants et chefs d'entreprises, la part de ce type de crédit couvrant 25,5 % de leurs ressources ; deux autres CSP se situent très au-dessus de la moyenne : les employés et les ouvriers. Pour les employés et ouvriers, cela n'est évidemment pas contraire à l'intuition. En ce qui a trait aux artisans, il n'est pas exclu que ces crédits à la consommation comprennent une partie de crédits à caractère professionnel.

Figure 22 : Déclinaison du Crédit Consommation par classe d'âge en 2000

 

 

Figure 23 : Déclinaison du Crédit Consommation par CSP en 2000

 

 

Segmentation par classe de revenus : les deux premiers déciles de revenus se retrouvent en tête des plus forts détenteurs de crédit consommation. Ce sont les montants moyens par ménage qui, au fil des déciles, font apparaître les écarts les plus importants. L'écart est ainsi de 1 à 14 entre le montant moyen de crédit « conso » par ménage entre le décile le plus modeste et le décile le plus aisé : dans ce dernier décile, on recourt peut-être moins au crédit que dans les déciles immédiatement inférieurs, mais on y recourt pour des montants élevés.

Figure 24 : Déclinaison du Crédit Consommation par classe de revenus en 2000

 

 

2- Les raisons de souscription d'un crédit à la consommation

Le recours au crédit est jugé « légitime » pour des dépenses d'investissement de type : achat d'une voiture, travaux dans la maison ou financement des études des enfants.

Figure 25 : Achats jugés légitimes pour souscrire un crédit à la consommation

Dans le cas de refus d'un crédit, près de la moitié des personnes interrogées déclarent qu'elles auraient trouvé une autre source de financement pour réaliser leur achat.

Tableau 11 : Attitude envisagée en cas de non obtention d'un crédit (base : détenteurs de crédits à la consommation)

 

Poids des réponses

N'auraient pas fait la dépense souhaitée

49 %

Auraient puisé dans leur épargne

17 %

Auraient emprunté ailleurs

33 %

Ne savent pas

2 %

Source : TNS Sofres

Le choix du crédit répond à des besoins différents : le crédit renouvelable s'adresse essentiellement à une clientèle à la recherche de facilité et de rapidité d'obtention, alors que les demandeurs de crédits classiques portent leur choix sur la formule présentant le taux d'intérêt le plus attractif. Le montant de la mensualité demeure un critère important pour tous.

Figure 26 : Principaux critères de choix d'un crédit à la consommation

Base : détenteur d'un crédit à la consommation mais total > 100% car deux réponses possibles

Encadré 2 : Un rapport étrange unit les Français et le crédit à la consommation

Selon l'enquête menée par la Sofrès, le crédit à la consommation reste perçu comme un danger par les Français alors même que les détenteurs s'estiment pleinement satisfaits. En effet, près de 46 % des individus interrogés pensent que « le crédit à la consommation est fait pour les gens qui ne sont pas raisonnables » (vision identique pour 37 % des détenteurs de crédits). A peine plus d'un dixième des détenteurs d'un crédit seraient susceptibles de le recommander à leur entourage. La représentation sociale du crédit reste donc encore assez négative au sein de la société française.