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Mission effectuée au Pakistan du 30 mars au 4 avril 2006 au Pakistan

 

2. Une rapide et très significative amélioration économique depuis 2003

Les années 2004 et 2005 ont permis au Pakistan de connaître la plus forte croissance économique dans la zone asiatique, après la Chine.

Dès 2003, cette croissance, hors inflation, était de 3 % ; elle atteint 6,4 % en 2004, 8,4 % en 2005, et cette hausse se poursuit à peu près au même rythme en 2006.

Le PIB par habitant a, ainsi, crû de 50 % en quatre ans (500 dollars/habitant en 2001, 735 en 2005).

Cette croissance s'est répartie, en 2005, de la façon suivante : industrie, 10 %, agriculture, 7,5 %  (en raison des conditions climatiques exceptionnelles), services, 8 %.

Le budget 2005-2006 est fondé sur l'hypothèse d'une croissance globale de 7 %, qui devrait se réaliser si la hausse des coûts du carburant ne la freine pas. L'assainissement des comptes publics a été rendu possible par la mise en place par le FMI, en décembre 2004, d'une « Facilité financière » accordée au titre de la Réduction de la Pauvreté et de la Croissance.

En 2005, les privatisations de certains monopoles d'Etat (électricité, téléphonie fixe, raffinage) ont relancé les investissements étrangers qui, avec 1,67 milliard de dollars, ont crû de 82 % en 2004-2005,.

Enfin, la création d'une zone de libre-échange régionale dans le cadre de la SAARC (South Asian Associaiton of Regional Cooperation) est devenue effective au 1er janvier 2006.

L'évolution de l'économie s'est toutefois accompagnée d'une inflation évaluée à 10 % en 2004-2005. Celle-ci pèse lourdement sur les couches défavorisées, dans la mesure où elle affecte principalement la vie quotidienne (transports, logements, produits alimentaires, notamment).

3. Une priorité affichée en faveur des défavorisés qui reste à concrétiser

Le budget 2005-2006 a été construit sur un meilleur partage des fruits de la croissance, qui n'a jusqu'ici profité qu'aux couches les plus aisées de la population (dont font partie les militaires à la retraite, ainsi que les officiers d'active). L'indice de développement humain du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) situait, en 2005, le Pakistan en 135e rang sur 177.

LE SÉISME D'OCTOBRE 2005
ET SES CONSÉQUENCES

Le 8 octobre 2005, un violent tremblement de terre ravage le Cachemire pakistanais, et fait sentir ses effets sur la partie indienne de la province.

Islamabad estime les pertes humaines à 87 000 morts, 100 000 blessés et 3,5 millions de sans-abri. La quasi-totalité des infrastructures médicales, éducatives et de transport est détruite.

C'est une équipe française de la sécurité civile qui arrive la première à Balakot, épicentre du séisme, avec 200 tonnes d'aide humanitaire d'urgence.

Cet apport initial, estimé à 3 millions d'euros, a été complété par 9 millions d'euros qui ont transité par les organisations spécialisées des Nations unies, dont l'UNICEF et le programme alimentaire mondial (PAM), et 13 millions d'euros gérés par l'aide européenne d'urgence (programme ECHO).

Le ministre français des affaires étrangères, présent à la conférence des donateurs tenue au Pakistan les 19 et 20 novembre, a annoncé que 80 millions d'euros de prêts à taux concessionnels seraient affectés par la France à la reconstruction.

L'Union européenne a, pour sa part, apporté une aide humanitaire d'un montant de 48,6 millions d'euros.

Sur le plan diplomatique, cette épreuve a conduit à une coopération entre l'Inde et le Pakistan : dès le 12 septembre, New-Dehli a envoyé par avion 25 tonnes de matériel (couvertures, médicaments, etc...). Le président Moucharraf a accepté l'aide proposée par le Premier ministre indien Manmohan Singh.

Six mois après le séisme, on constate que la forte mobilisation internationale, relayée par une bonne coordination entre les différents intervenants étrangers (agences onusiennes, donateurs bilatéraux, ONG) et pakistanais (gouvernement, armée, ONG), a permis d'éviter que les pertes humaines directes ne soient suivies d'une nouvelle catastrophe humanitaire du fait de l'hiver. Plus de 150 000 survivants ont été accueillis dans des camps d'urgence. Le gouvernement pakistanais s'emploie, depuis avril 2006, à les fermer au fur et à mesure que le retour dans les zones touchées devient possible.

L'établissement d'un tel calendrier témoigne de la volonté pakistanaise de procéder à la reconstruction de zones sinistrées de façon rationnelle. Les subventions aidant au retour sont gérées par un organisme créé à cet effet, l'ERRA (Earthquake Reconstruction and Rehabilitation Authority). Chaque famille sinistrée reçoit de 1 000 à 1 500 euros, suivant la gravité des destructions ayant affecté son foyer, mais la volonté des bailleurs de fonds et du gouvernement de contrôler la réalité des destructions avant d'accorder ces subventions retarde l'attribution de l'aide.

Une des conséquences politiques du séisme a été l'implantation d'ONG islamistes dans la région touchée, dont l'activisme a frappé les observateurs. La représentante pakistanaise au sein du groupe de réflexion « International Crisis Group » a vivement critiqué, devant la délégation sénatoriale, la remise à ces ONG, pour distribution, de l'aide humanitaire en nature de plusieurs organisations internationales. Il est probable que ces ONG en ont bénéficié en terme d'image, mais ceci a permis de faire parvenir plus vite les secours aux victimes.