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Un nouveau pacte de solidarité pour les quartiers (rapport)

 

2. Mieux répondre au besoin de social et de médiation

Les quartiers qui n'ont recensé aucun incident sont ceux où le tissu associatif et social a pu être préservé, comme à Marseille. De même, la disparition progressive des emplois jeunes et la baisse des subventions aux associations ont souvent été présentées comme l'une des causes de la dégradation de la situation.

Les agents locaux de médiation sociale (ALMS), recrutés comme emplois jeunes dans le cadre des CLS, étaient situés pour près de la moitié en ZUS.

Leurs missions portent sur la sécurisation de lieux sensibles comme les établissements scolaires et les transports publics, la médiation dans les ensembles d'habitat social, la prévention dans les quartiers sensibles, l'aide aux populations fragiles défavorisées et la régulation des conflits (usage des espaces publics, différends de voisinage et incivilités). La mission a pu lors de son déplacement aux Antilles apprécier le dispositif mis en place à Fort de France, où des agents de médiation diplômés issus des quartiers et recrutés en partenariat par les bailleurs sociaux et la commune ont un rôle de médiateurs dans le règlement des conflits au sein des familles, dans les relations de voisinage ou dans les établissements scolaires.

Après avoir été 4.000 fin 2003, ils ont connu une forte diminution. 33 % ont été intégrés dans un emploi de droit commun auprès du même employeur et sur des fonctions équivalentes110(*). D'autres exercent des fonctions de médiation hors le label ALMS, notamment dans le cadre des adultes-relais.

Au vu des événements de novembre dernier, le comité interministériel des villes a décidé le 9 mars 2006 de relancer le dispositif des médiateurs sociaux intervenant dans les quartiers sensibles en mobilisant 5.000 contrats d'accompagnement dans l'emploi et contrats d'avenir et en créant en 2006 3.000 emplois d'adultes-relais supplémentaires.

Tout en se félicitant de cette mesure, la mission ne peut que déplorer cette politique de « stop and go », qui fragilise la crédibilité du dispositif.

Il parait en outre indispensable de développer les équipes de prévention spécialisée. Or, un rapport de la délégation interministérielle à la ville (DIV) de janvier 2004 a montré que 40 % des ZUS n'en étaient pas pourvues par manque de moyens, mais aussi à cause de l'enfermement sur des communautés d'origine, d'où la nécessité de recrutements mixtes. Cependant, les éducateurs, même issus de l'immigration, sont parfois considérés comme des pions ou des cobayes, ou comme des personnes ayant renié leurs origines.

* 110 Notamment au sein de la filière animation ou des filières technique et police ou sociale de catégorie C de la fonction publique territoriale.