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Travaux de la délégation française à l'Assemblée de l'Union de l'Europe occidentale au cours de la première partie de la 53ème session ordinaire (2007) de cette assemblée

 

K. LE DÉPLOIEMENT D'ARMEMENTS DANS L'ESPACE - DEUXIÈME PARTIE - LA DÉFENSE ANTIMISSILE-UNE POSITION COMMUNE AUX EUROPÉENS ?

Après la présentation de ce Rapport n° 1966, un parlementaire russe a pris la parole pour présenter la position de la délégation russe. Aucune menace actuelle ne justifie l'implantation par les Américains d'un système de défense antimissile balistique en Europe, car les missiles actuels n'ont pas la portée suffisante pour toucher l'Amérique. En revanche, cette nouvelle base pourrait être utilisée contre la Russie, d'autant que les autorités américaines ne cachent pas leur intention de la développer. Le rapport distribué en mai dernier par les autorités américaines affirme d'ailleurs expressément que la Russie, la Chine, la Corée du Nord, l'Inde et le Pakistan représentent des menaces pour les États-Unis ; l'Iran n'est cité qu'en fin de liste.

Le système de défense antimissile américain pourrait très bien servir à des fins offensives car on sait le lien entre l'armement stratégique et l'armement de défense. C'est pourquoi la Russie se réserve le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer sa sécurité.

L'implantation en Europe du nouveau système antimissile américain risque de créer de nouvelles lignes de fracture sur le continent et de réduire à néant tous les efforts réalisés depuis la fin de la guerre froide pour élaborer des structures européennes de défense collective. La Russie ne souhaite pas une telle division, qui risque de torpiller ses relations avec ses voisins européens comme avec les États-Unis. Enfin l'initiative américaine peut donner l'impulsion à une nouvelle prolifération des systèmes de missiles et de défense antimissile et donc relancer la course aux armements.

Pour la Russie, le meilleur moyen de parer aux menaces, c'est de travailler ensemble pour relever les défis communs. La Russie est prête à en discuter, à condition que le débat soit ouvert et réel. Elle étudie les dernières propositions des États-Unis. Mais étant donné que la question ne concerne pas seulement les États-Unis et la Russie, mais touche tous les États européens, y compris ceux qui ne sont pas membres de l'OTAN, il conviendrait d'en discuter dans un cadre plus large, tel que l'OSCE.

En ce qui concerne le déploiement d'armes dans l'espace, la position de la Russie est que l'espace doit être préservé de tout armement, y compris antisatellitaire. Elle se félicite que la plupart des pays européens aient soutenu le projet de résolution allant dans ce sens, qu'elle a présenté à l'ONU et elle souhaite que ces pays participent activement aux discussions en vue de parvenir à un accord. La Russie présentera de nouvelles propositions à la 62e Assemblée générale de l'ONU et invite les experts scientifiques des pays de l'Union européenne à participer à ces travaux.

Le 5 octobre 2004, lors de l'Assemblée générale de l'ONU, la Russie a déclaré qu'elle ne serait pas la première à déployer une arme quelconque dans l'espace. Elle appelle les autres pays européens à prendre la même position.

Puis, à la suite de l'adoption de nombreux amendements, l'Assemblée a adopté à l'unanimité la Recommandation n° 805.