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Brésil : le géant vert ?

 

B. LE POIDS DE L'INDUSTRIE AUTOMOBILE

L'émergence de l'industrie automobile au Brésil est un processus ancien puisque Ford s'est implanté en 1921, General Motors en 1925, Volkswagen en 1957 et Fiat en 1976. Le développement de cette industrie s'est cependant accéléré à partir de 1994, grâce à la mise en place d'une politique favorisant l'investissement de la part tant de nouveaux constructeurs que d'équipementiers. Entre 1995 et 2005, les investissements dans le secteur automobile se sont ainsi élevés à 17,2 milliards de dollars, cette période correspondant à une vague d'implantation de plusieurs constructeurs absents du marché brésilien, à la modernisation des unités de production des constructeurs « historiques », au lancement de nouveaux modèles et à l'installation de centres de recherche et développement.

Le Brésil est désormais le neuvième producteur automobile au monde et le premier en Amérique latine. Son industrie est en outre particulièrement performante pour la fourniture de certaines catégories de véhicules, telles que les autobus (deuxième rang mondial) et les camions (sixième rang).

Le secteur automobile a connu une expansion soutenue depuis 2003. En 2006, la production automobile, tous véhicules confondus, a atteint un record historique de 2,61 millions d'unités, en progression de 3,2 % par rapport à l'année précédente. Ce record est notamment dû à une forte croissance des ventes au Brésil sur l'année (+ 12,6 %), en raison d'un contexte économique plus favorable et d'un meilleur accès au financement autorisé par la baisse des taux d'intérêts. Cette croissance s'est par ailleurs poursuivie en 2007. Le secteur reste dominé à 80 % par les quatre constructeurs historiques, présents sur le marché avant son ouverture commerciale en 1995. Il constitue néanmoins désormais une priorité pour les constructeurs français Renault et PSA, qui détiennent, à eux deux, environ 7,7 % de parts de marché.

Malgré une hausse des importations au cours des dernières années, le marché automobile brésilien est presque intégralement satisfait par la production nationale. Les véhicules importés ont représenté 7,4 % du total des immatriculations en 2006, contre 5,1 % en 2006 et 3,9 % en 2004. Enfin, le développement, au cours des dernières années, des véhicules flex-fuel29(*) a modifié en profondeur la structure du parc automobile brésilien.

L'industrie automobile constitue l'un des premiers pôles d'excellence de l'Etat de São Paulo. Onze unités de production y sont implantées -en particulier Volkswagen, Daimler Chrysler, Ford et General Motors- et assurent une grande partie de la production nationale. Volkswagen et General Motors possèdent chacun deux usines de montages de véhicules, Volkswagen détenant également une usine de moteurs. Cette forte implantation des constructeurs a en outre favorisé la mise en place d'un réseau dense d'équipementiers : 70 % des unités productrices de pièces automobiles du pays sont situées dans l'Etat.

Ce secteur industriel apporte également une contribution déterminante à l'économie de l'Etat de Rio de Janeiro. Ainsi, le pôle de Porto Real abrite une fabrique de camions et d'autocars de Volkswagen, deux usines Michelin et, depuis 2001, l'usine de montage du groupe PSA, visitée par votre délégation en présence de son directeur, M. Tarcisio Telles.

A l'issue de cette visite, la plupart des membres de la délégation se sont déclarés frappés par la haute performance et l'excellence de l'industrie automobile brésilienne, plus spécifiquement de l'usine de PSA. A cet égard, ils ont été conduits à émettre des craintes pour l'avenir de la filière automobile en Europe et en France, au regard de la compétitivité de ce type d'unités de production.

Le groupe PSA au Brésil

Inaugurée en février 2001 en présence du Président de la République, M. Fernando Henrique Cardoso, l'usine PSA de Porto Real est le premier centre du groupe à avoir démarré sa production avec deux modèles différents. L'Etat de Rio de Janeiro avait initialement pris une participation de 31,8 % dans le capital de Peugeot Citroën do Brasil, mais celle-ci a été rachetée par le groupe en décembre 2001. Parallèlement, le constructeur a bénéficié d'un prêt de 400 millions de reais (156 millions d'euros selon le taux de change actuel) de la Banque de Développement Economique et Social. Le dispositif d'avantages fiscaux accordés à PSA par l'Etat de Rio prévoit que la taxe locale perçue par l'Etat est reversée à un fonds spécial destiné à refinancer PSA à hauteur de 1 % de son chiffre d'affaires, selon un mécanisme mis en place pour douze années. A ce jour, PSA a investi 750 millions de dollars au Brésil. Il y a enregistré en 2006 un chiffre d'affaires de 3,2 milliards de reais (1,25 milliard d'euros) et y emploie directement 2.600 personnes.

D'une capacité de 100.000 véhicules par an, récemment portée à 150.000, l'usine de Porto Real produit différents modèles Peugeot et Citroën. Elle comprend également une usine mécanique, inaugurée en 2002, produisant des moteurs à essence et flex-fuel, d'une capacité de 150.000 unités par an. L'évolution des ventes de PSA au Brésil est considérable depuis 2003, avec des taux de croissance respectifs de 12,9 %, 25,9 % et 19,5 % en 2004, 2005 et 2006. Le groupe est actuellement le cinquième constructeur brésilien, avec une part de marché de 5 %. En 2006, ses ventes se sont élevées à près de 96.000 unités et étaient constituées à 80 % de véhicules assemblés au Brésil, les 20 % restant étant importés, principalement d'Argentine. Les perspectives de développement de PSA sont positives, comme le démontre l'ouverture, en décembre 2007, d'une troisième unité de production au sein de l'usine de Porto Real, afin d'augmenter sa capacité de production de 50.000 véhicules par an, ce qui a contribué à la création de 700 emplois. Le groupe avait par ailleurs, peu de temps auparavant, accru la capacité de production de l'usine de moteurs, dans l'objectif de renforcer ses ventes au Brésil, en Argentine et en Europe. PSA a d'ailleurs commencé à exporter, en juin 2007, des moteurs flex-fuel vers la France et la Suède.

* 29 Véhicules pouvant fonctionner avec de l'essence, de l'éthanol ou un mélange des deux.