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Départementalisation de Mayotte : sortir de l'ambiguïté, faire face aux responsabilités

 

B. UNE ÉCONOMIE MARQUÉE PAR LA FAIBLESSE DU SECTEUR PRIVÉ

1. L'orientation progressive de l'économie mahoraise vers le tourisme

L'investissement des ménages et des entreprises a été vigoureux à Mayotte au cours de l'année 2007 et la consommation soutenue, notamment en raison d'une nouvelle forte hausse du SMIG de 17 % survenue au mois de juillet, entraînant une inflation forte (+ 5 %), après une hausse des prix de 3,7 % en 2006.

Les filières d'exportation de produits traditionnels ne permettant pas d'assurer une activité économique suffisante, le tourisme constitue la principale possibilité de développement.

De nombreux chantiers en cours de réalisation, tels que celui du marché de Mamoudzou, du port de Longoni, du Centre hospitalier de Mayotte, des collèges de Passamainty et de Tsingoni ont dynamisé le secteur de la construction, qui enregistre un regain d'activité favorable à l'embauche.

La filière ylang-ylang conserve à Mayotte un intérêt patrimonial et environnemental. La croissance des exportations de cette essence, amorcée à la fin de l'année 2005, s'est poursuivie tout au long de l'année 2006. La valeur des exportations de la filière a progressé de 4,6 % en un an, pour atteindre 480 000 euros à la fin de l'année 2006 (contre 458 000 en 2005). Parallèlement, les exportations en quantité se sont accrues, pour se porter à 7,8 tonnes.

L'évolution du SMIG à Mayotte

Le SMIG mahorais fait l'objet d'une politique d'alignement au SMIC métropolitain et il est ainsi revu à la hausse dans le cadre de négociations annuelles chaque 1er juillet.

Evolution du SMIG en euros depuis le 1er janvier 2002

 

Heure

Mois

%

2002

1er Janvier

2,71

457,99

 

1er Juillet

2,85

481,65

+ 5,1%

2003

1er Janvier

3,02

510,38

+ 6%

1er Juillet

3,16

534,04

+ 4,6%

2004

1er Janvier

3,25

549,25

+ 2,8%

1er Juillet

3,48

587,70

+ 7%

2005

1er Juillet

3,83

647,27

+ 10%

2006

1er Juillet

4,18

706,42

+ 9,1%

2007

1er Juillet

4,89

826,41

+ 17%

Le SMIG brut mahorais représente depuis le 1er juillet 2007 57,93% du SMIC métropolitain. Alors que le SMIG net représente 69% du SMIC net métropolitain compte tenu du différentiel des charges sociales.

L'avenir de la culture de rente qu'est la vanille reste compromis à Mayotte. Les cours sur le marché mondial étant relativement bas, les producteurs et les vendeurs ont écoulé leur production sur le marché local, plus porteur. Le marché mondial de la vanille étant en surproduction, Mayotte n'a pas exporté de vanille noire en 2006.

L'île dispose d'un potentiel important en matière de produits aquacoles, en raison de conditions naturelles exceptionnelles. Mais, outre les problèmes de commercialisation de la filière, le prix du transport aérien trop élevé constitue le principal point de blocage au développement de la filière.

Après deux années de récession, un regain d'activité dans le tourisme avait été constaté en 2005. En revanche et consécutivement à l'image négative véhiculée par l'épidémie de Chikungunya, l'année 2006 s'est révélée peu favorable à l'activité touristique.

Le nombre de touristes à chuté de 19,6 % en un an pour s'établir à 31 136 visiteurs. Cette baisse s'expliquerait par la chute de fréquentation, notamment de la part des Réunionnais, à cause de l'épidémie de Chikungunya. La lutte contre l'épidémie a nécessité l'intervention de nombreux missionnaires dans l'île (personnel médical, pompiers...), contribuant en revanche à la hausse du tourisme dit d'affaires, qui a connu une forte augmentation (+ 53,4 %) au détriment du tourisme d'agrément. En définitive, le taux d'occupation des hôtels a été jugé satisfaisant.

Evolution des principaux secteurs de l'économie mahoraise depuis 2002

 

2002

2003

2004

2005

2006

Agriculture et aquaculture - Exportations en valeur

Ylang-ylang

622 700 €

518 000 €

246 800 €

458 600 €

479 500 €

Vanille

182 300 €

192 500 €

3 500 €

0

0

Poisson d'aquaculture

701 800 €

866 000 €

588 300 €

555 100 €

658 000 €

Tourisme

Passagers aux aéroports

145 688

158 241

178 521

210 070

214 214

Nombre de touristes

35 000

23 000

32 191

38 763

31 136

Nombre de croisiéristes

7 134

5 701

6 522

6 875

7 074

Source : secrétariat d'Etat à l'outre-mer.

Cependant, le tourisme, qui pourrait constituer un pôle d'activité majeur du secteur marchand dans les années à venir, devient une priorité à Mayotte, comme en témoigne la hausse entre 2005 et 2006 de plus de 85 % du budget du Comité départemental du tourisme de Mayotte (CDTM), qui s'établit à 1,5 millions d'euros.

Le Plan d'Aménagement et de Développement Durable (PADD) doit être validé, et devrait permettre de lancer plusieurs projets touristiques. Le conseil général a par ailleurs annoncé le financement à hauteur de 6 millions d'euros d'un plan d'action pour le tourisme en 2008. Toutefois, les projets hôteliers sont très souvent bloqués par des problèmes liés au foncier et aux difficultés d'obtenir un permis de construire.

Enfin, la décision d'un grand croisiériste de faire escale régulièrement dans le lagon mahorais pour la saison de l'été austral constitue un évènement majeur pour le secteur. Sur l'ensemble de l'année 2007, l'aéroport de Dzaoudzi a enregistré plus de 230.000 passagers, soit 19.000 de plus qu'en 2006.