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Marée amère : pour une gestion durable de la pêche

 

b) Les difficultés de la pêche française

Dans ce cadre européen, dont la France ne peut être séparée, les pêcheries hexagonales paraissent en particulière difficulté.

La pêche française ne fournit plus que 15 % de la consommation nationale et Lorient et Boulogne sont devenus des centres de transformation qui dépendent plus de l'import export que des pêcheries nationales. A Boulogne, 350.000 tonnes sont traitées par an alors que seulement 60.000 tonnes sont pêchées.

Le rapport faisait aussi le constat de surcapacités qui sont à l'origine des problèmes de rentabilité et de surpêche.

Cette situation entraîne un haut niveau d'aide publique qui conduisait « naturellement » les auteurs à « s'interroger sur la pertinence de le maintenir : plus de 800 millions en intégrant les soutiens sociaux, plus si l'on intègre les aides conjoncturelles liées à la hausse du gazole à comparer au 1,1 milliard de chiffre d'affaires à la première vente en 2004. D'autres pays européens ont fait le choix de l'abandon du secteur, d'autant que l'importation est compétitive et pourvoit aux besoins du marché [...]. Divers rapports (OCDE par exemple) notent l'effet pervers des soutiens pérennes. L'épuisement des marges de manoeuvre pour préserver emploi et compétitivité laisse entrevoir une inexorable érosion des activités dans le secteur, évolution génératrice de conflits sociaux. Certains choix techniques privilégiés en France (chalutage) deviennent handicapants avec la hausse du prix de l'énergie. Le poste gazole peut représenter un tiers du chiffre d'affaires pour un pêcheur artisanal. Ce constat devrait être l'opportunité de travail, de recherche, d'innovation et de modification des pratiques pour des engins adaptés aux nouvelles contraintes ».