C. LA VIE POLITIQUE INTÉRIEURE

1. Les élections

Les élections pour l'Assemblée du Kosovo ont eu lieu le 17 novembre 2007. Le parti démocratique du Kosovo (PDK) de Hashim Thaçi les a emportées avec 34 % des voix devant la ligue démocratique du Kosovo (LDK) avec 22 % des voix. Ces deux partis ont formé une coalition en vue d'un gouvernement qui comprend donc 7 ministres PDK, 5 ministres LDK et 3 ministres des minorités. Si le PDK sort renforcé des dernières élections législatives (34 % des voix contre 28 % en 2004), en revanche la LDK, parti de l'ex-président Ibrahim Rugova, est sensiblement affaiblie puisqu'elle perd la moitié des voix recueillies en 2004.

L'opposition est faible et éclatée et comprend l'alliance pour le renouveau du Kosovo (12 %), la ligue démocratique de Dardanie (10 %) née d'une scission de la LDK et l'alliance pour l'avenir du Kosovo (9 %). Ce dernier parti, l'AAK, est issu comme le PDK de l'ancienne armée de libération du Kosovo (UÇK) et il est dirigé par Ramush Haradinaj, ancien Premier ministre, déféré devant le Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) fin 2007 et acquitté le 3 avril 2008.

Le Premier Ministre Hashim Thaçi, est le leader du PDK, tandis que le Président de la République, élu pour 5 ans, est M. Fatmir Sejdiu, intellectuel et constitutionnaliste, membre de la LDK.

2. La retenue des autorités kosovares

En dépit d'une impatience perceptible, les albanais du Kosovo ont fait preuve de beaucoup de retenue dans la gestion de leur indépendance.

Tous les interlocuteurs de votre délégation ont insisté sur la nécessité de faire pression sur la Serbie mais aussi sur le caractère multiethnique du Kosovo, avec des discours parfaitement « euro compatibles ».

Il reste à traduire ce discours dans des pratiques inclusives pour tous les citoyens dans un cadre institutionnel malaisé à mettre en oeuvre. De même, la décentralisation prévue par le plan Ahtisaari, qui vise dans le même temps à garantir une large autonomie aux municipalités serbes tout en luttant contre la ghettoïsation par l'adjonction dans leur périmètre de populations albanaises, poursuit deux objectifs difficilement conciliables et ne manquera pas de susciter des difficultés de mise en oeuvre.

Trois sièges sont réservés aux minorités au sein du gouvernement, sans que leurs occupants ne soient réellement représentatifs : les partis serbes du Kosovo ne participent plus depuis 2004 aux institutions provisoires du Kosovo et ont largement boycotté les élections de novembre 2007. Ils ont même procédé en mai 2008 à des élections parallèles illégales dans certaines municipalités du nord, en même temps que les élections en Serbie. Ainsi, il existe des maires et assemblées communales illégales en parallèle des maires désignés par la MINUK. Les serbes du Nord du Kosovo ont même créé une assemblée dans laquelle l'opposition serbe au gouvernement de Belgrade (SRS et DSS) est majoritaire, et qui s'est en pratique auto désignée.

L'immense défi qui s'offre aux autorités kosovares est de lutter contre l'esprit de revanche, de bâtir un État crédible et d'offrir des perspectives à la population. D'un point de vue économique, le Kosovo n'est clairement pas viable en dehors d'une perspective régionale.

Page mise à jour le

Partager cette page