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Le Moyen-Orient à l'heure nucléaire

 

B. L'IMPACT DIFFÉRENCIÉ DE LA CRISE ÉCONOMIQUE

Il ne s'agit pas ici de dresser un tableau d'ensemble de l'économie de la région, mais deux observations doivent néanmoins être faites.

La première observation est que l'impact de la crise économique est très différencié en fonction de la situation de départ de chaque pays. Les pays qui avaient constitué des réserves financières importantes tels l'Arabie saoudite ou les pays du Golfe ont vu la valeur de leurs actifs diminuer. Mais globalement leur situation reste bonne, même si, dans certains cas, comme Dubaï, la facture des excès de la spéculation immobilière sera élevée et difficile à payer.

En revanche, trois pays risquent de souffrir davantage que les autres au point que leur stabilité intérieure pourrait s'en trouver menacée.

Le premier de ces pays est l'Iran dont l'économie souffre depuis plusieurs années des sanctions décrétées par le Conseil de sécurité des Nations unies et qui aborde la crise dans une position de faiblesse structurelle. En outre, la diminution du prix du pétrole a certainement aggravé les tensions, ce qui a pu contribuer à nourrir le mécontentement qui s'est exprimé lors des manifestations de juin dernier.

Le second pays à souffrir particulièrement de la crise est l'Egypte. Son économie repose sur trois rentes : le pétrole, les revenus tirés du canal de Suez et le tourisme. La crise économique réduit ces sources de revenu simultanément et risque de causer des troubles sociaux. Selon les informations fournies à la mission, les exportations devraient diminuer de 40 %, de même que les revenus du tourisme qui devraient aussi diminuer de 40 % ; quant aux revenus du canal, ils devraient baisser de 25 %. Au total, le taux de croissance qui était de 7 % en 2008 devrait passer à 4 % voire à 2 % en 2009.

Enfin, le troisième pays qui va sans doute souffrir de la crise économique est le Yémen, compte tenu du fait que l'une de ses seules ressources est le gaz.

La seconde observation a trait à l'intégration économique qui se réalise par le biais du Conseil économique de coopération du Golfe. Cette intégration est sans doute lacunaire et imparfaite, notamment en ce qu'elle exclut le Yémen et l'Irak et qu'elle ne comporte toujours pas de monnaie unique. Mais elle constitue néanmoins l'un des principaux espoirs de développement économique et d'unification pacifique de la zone.