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Le Moyen-Orient à l'heure nucléaire

 

3. Sauver l'Etat yéménite de la faillite afin qu'il ne devienne pas la prochaine base d'Al-Qaïda

Le Yémen est un Etat dont on parle peu en Occident. Son importance stratégique est pourtant cruciale à la charnière de l'Afrique et du Moyen-Orient. Les Etats arabes de la péninsule, après y avoir beaucoup investi, donnent le sentiment d'avoir abandonné la partie. Un mur électronique pour surveiller la frontière avec l'Arabie saoudite est en construction.

Aujourd'hui, le Yémen n'est pas encore un Etat failli, mais il est en passe de le devenir. L'effondrement de son économie, la particularité de sa géographie avec ses hautes vallées aux contreforts inexpugnables, la faiblesse de son Gouvernement qui n'a vraiment d'autorité que sur la ville de Saana, tout cela peut en faire une nouvelle base pour les disciples de Ben Laden. Des groupes liés à Al-Qaïda y sont actifs et certaines madrasas, dans le nord du pays, accueillent de nombreux jeunes Européens. Rien ne servirait de gagner la guerre contre les talibans en Afghanistan pour devoir la poursuivre au Yémen.

Il faut sauver le Yémen de la faillite et de l'anarchie, dans son intérêt comme dans le nôtre. La réunion d'une conférence internationale sur l'avenir de ce pays devrait être organisée dans les meilleurs délais.

4. Accompagner l'Irak sur la voie de la reconstruction de son Etat

L'amélioration de la sécurité en Irak demeure fragile. L'Etat irakien connaîtra encore bien des troubles avant de reconstituer son unité. Certes les Kurdes n'ont pas renoncé à Kirkouk, qui est pour eux une sorte de Jérusalem. Mais ils n'ont pas l'intention de faire sécession, ne serait-ce qu'en raison des réactions qu'une telle décision susciterait en Turquie. Et puis des solutions pacifiques peuvent être mises en place, telles qu'un statut sui generis.

Le rétablissement d'une vie économique prendra encore plus de temps. Les infrastructures à l'abandon depuis 30 ans sont à construire ou à reconstruire. L'Irak peut les financer si la corruption ne capte pas la manne pétrolière. En outre, il faut que les Irakiens se mettent d'accord sur la répartition des recettes pétrolières et sur un cadre juridique suffisamment attractif pour les sociétés étrangères.

Par ailleurs, l'Europe peut et doit intervenir pour aider l'Irak à trouver des solutions avec ses voisins turcs et iraniens quant au problème de l'eau. Une action diplomatique de l'Union européenne envers la Turquie pourrait être engagée dans des délais assez brefs, si la Commission européenne acceptait de s'en saisir.

Quoiqu'il en soit, afin que l'Irak renaisse, les élections libres ne suffisent pas. Il lui faut également un Etat impartial : des fonctionnaires, des juges, des administrateurs, des enseignants, des universitaires, des militaires et des policiers au service de l'Etat. L'Europe peut l'y aider. La France, en particulier, qui a fait, hier, le choix de ne pas y avoir de présence militaire, doit, aujourd'hui, y développer sa présence civile.