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Les îles Eparses, terres d'avenir

 

3. Synthèse des travaux sur les stratégies de recherche dans les îles Eparses

Mme Françoise GAILL, Directrice de l'Institut National Environnement et Ecologie, a constaté que les îles Eparses présentaient un modèle intéressant pour l'étude du changement climatique et de la protection de la biodiversité. Bien qu'un certain nombre de données soit disponible, un effort peut encore être accompli dans cette région, en raison du caractère remarquable de sa situation géographique et la possibilité d'étudier l'impact de l'activité anthropique dans des zones naturelles. Il a souhaité que ce colloque contribue à définir des thèmes de recherche, pour discuter ensuite des moyens nécessaires.

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M. Christian Cointat s'est réjoui que les différentes interventions de ce colloque aient démontré l'atout considérable que constituent les îles Eparses pour la France. Une meilleure connaissance de ces îles s'impose, afin de mieux les comprendre, de mieux les protéger et de favoriser le développement de la recherche.

Mme Marie-Luce Penchard, alors Secrétaire d'Etat à l'outre-mer4(*), a remercié le Sénat d'avoir pris l'initiative de ce colloque, en étroite association avec les TAAF. Elle a regretté que les îles Eparses soient restées dans l'ombre des collectivités de l'Océan Indien jusqu'à une époque récente, et n'aient été mises en lumière qu'en 2005.

Elle s'est félicité du choix de les intégrer aux TAAF en 2007, qui traduit la volonté du législateur de faire bénéficier ces îles, joyaux de la biodiversité mondiale, d'une expérience de gestion des territoires isolés. Ce colloque donne le coup d'envoi d'une démarche éclairée, prospective et constructive.

Elle a dégagé plusieurs priorités :


· La première concerne le maintien des conditions d'exercice de la souveraineté française. Cette mission, assumée depuis quarante ans de manière exemplaire par les forces armées, doit aujourd'hui faire l'objet d'une mutualisation des hommes et des moyens. Celle-ci ne doit cependant pas remettre en cause la présence permanente de nos forces armées, indispensable dans une région stratégique.


· La seconde priorité est la mer. La richesse des océans doit profiter davantage à l'ensemble de la France de l'Océan Indien. Une réflexion doit être menée sur les conditions de développement des flottes de pêche locales au profit de l'emploi et de l'économie régionale. Mme Marie-Luce Penchard a renouvelé son soutien à la préservation des moyens nécessaires à la surveillance des zones maritimes et de leurs richesses, l'une des clés du développement durable de l'Outre-mer. Elle s'est félicitée de ce que l'Etat et Mayotte aient signé une convention en avril 2009 pour favoriser une pêche durable.

Elle a également approuvé l'objectif d'harmoniser les outils de gestion de l'environnement marin, entre la création d'un parc marin à Mayotte d'une part, et la future aire marine protégée d'autre part. Elle a pleinement souscrit à la proposition du préfet d'une gestion concertée avec Mayotte des deux aires marines protégées, avec le concours de l'agence nationale. Cette démarche novatrice s'inscrit dans le droit fil des orientations fixées par le Président de la République, et paraît d'autant plus séduisante qu'elle permettra la mise en réseau des connaissances nécessaires à la gestion et à la mutualisation des moyens, ainsi que des économies d'échelles et une collaboration renforcée entre les collectivités d'Outre Mer.


· La troisième priorité est la coopération régionale. Le territoire des îles Eparses est un outil complémentaire dans les discussions menées à La Réunion ou à Mayotte, qui assure par ailleurs la participation de la France aux travaux des enceintes internationales. Le statut, au regard du droit communautaire, de « pays et territoire d'outre-mer » des TAAF offre à la France la possibilité d'y siéger indépendamment de l'Union Européenne et donc d'y défendre une position originale.


· La quatrième priorité concerne le développement de la recherche. Les îles Eparses vont servir de laboratoire naturel à grande échelle, afin de mieux cerner les impacts anthropiques sur les écosystèmes mondiaux. Grâce à elles, la recherche bénéficie aujourd'hui d'un espace unique au monde, qui s'étend des tropiques jusqu'au pôle Sud. En conséquence, Mme Marie-Luce Penchard a souhaité encourager la démarche de coordination des travaux scientifiques, et s'est réjouie de la coopération initiée par les TAAF avec l'Institut National des Sciences de l'Univers et l'Institut National de l'Ecologie et de l'Environnement, sans oublier les précieuses contributions de l'IRD, de l'IFREMER et celle de l'université et des laboratoires réunionnais.


· Enfin, la mémoire et l'histoire sont tout aussi prioritaires. Les îles Eparses sont riches d'histoires humaines souvent dramatiques, telles que le naufrage de l'Utile à Tromelin. Elle a renouvelé son appui au projet d'exposition résultant des découvertes des fouilles archéologiques, vecteur important de coopération régionale.

Mme Marie-Luce Penchard a rappelé que ces quelques exemples confirmaient le caractère stratégique des îles Eparses, qui constituent un trait d'union maritime, écologique et scientifique. Ele s'est félicité de ce que le colloque constitue un premier succès vers une meilleure connaissance de ces îles, et a indiqué qu'elle avait souhaité que l'année 2010 sur la biodiversité permette de mieux faire connaître ces territoires, avec son soutien.

M. Christian Cointat, après avoir remercié la ministre pour ses propos encourageants, a rappelé que le rôle du groupe d'études était de rendre les parlementaires sensibles à la nécessité de développer et de préserver cette partie du monde. L'enjeu dépassant la France, ce laboratoire naturel doit être ouvert à tous les chercheurs de la terre. Il a réaffirmé sa volonté de continuer à oeuvrer pour ces territoires.

* 4 Mme Marie-Luce Penchard a été nommée ministre de l'outre-mer le 6 novembre 2009.