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Mutation des virus et gestion des pandémies - l'exemples du virus A (H1N1)

 

TROISIEME PARTIE : LA NECESSAIRE PRISE EN COMPTE D'INTERROGATIONS LEGITIMES

De nombreux débats critiques sont apparus, souvent de manière spontanée, souvent sur Internet, dans le cadre de blogs ou de forums de discussion. D'autres se déroulent dans des structures plus classiques. Certaines remarques sont excessives, d'autres sont pertinentes.

Des premières réponses peuvent et doivent être apportées aux questions qui émanent de la société civile, des associations, des syndicats, de élus et même de plus en plus de citoyens qui tiennent à s'exprimer.

Ces questions portent essentiellement sur les techniques de production et la sécurité des vaccins, sur la durée des essais cliniques, sur l'information disponible, sur l'utilisation d'adjuvants et de conservateurs, sur le syndrome de Guillain Barré, sur les commandes passées par l'EPRUS.

I - LES TECHNIQUES DE FABRICATION DES VACCINS GARANTISSENT-ELLES LEUR FIABILITE ?

Prend-on suffisamment de précautions ? Peut-on faire confiance aux nouvelles techniques de production ? Les essais cliniques sont-ils suffisamment longs pour garantir la qualité des futurs vaccins ?

A - DE NOMBREUSES PRECAUTIONS SONT PRISES TOUT AU LONG DU PROCESSUS DE FABRICATION

La sélection d'un candidat vaccin est maîtrisée et de nombreuses précautions sont prises dans le cadre du processus d'autorisation de mise sur le marché

C'est le résultat du travail mené par 200 centres nationaux qui surveillent et récupèrent des virus, qu'ils transmettent à des centres mondiaux de référence, qui intègrent l'information au niveau planétaire, ce qui permet de sélectionner le candidat vaccin. L'OMS indique alors quel sous-type de virus doit entrer la combinaison vaccinale.

Plus précisément, comme l'a indiqué le professeur Lina lors de l'audition publique du 1er décembre, ce sont les laboratoires essentiels de régulation de l'OMS qui vont modifier le virus pour le transformer en candidat vaccin, en supprimant tous ses caractères de virulence potentiels. Celui-ci sera alors transmis aux producteurs par l'OMS pour fabrication et distribution de doses vaccinales.  

B. L'APPARITION DE NOUVELLES TECHNIQUES EST ENCORE TROP RECENTE POUR QU'ON PUISSE JUGER LEURS AVANTAGES ET LEURS INCONVENIENTS

Les vaccins sont fabriqués de plus en plus selon des techniques différentes dont certaines sont récentes.

1. La culture sur cellules se développe par rapport à la culture traditionnelle sur oeufs

Traditionnellement, les vaccins sont produits en introduisant le virus sélectionné dans des oeufs de poule fécondés. Les préconisations de l'OMS sont d'ailleurs prévues pour ce type de culture. Le virus s'y développe très rapidement.

Ainsi que l'indique de manière fort pédagogique Alain Perez dans Les Echos du 25 septembre 2009, « les néovirus sont ensuite séparés par centrifugation avant d'être inactivés. En fait, seules des protéines de l'enveloppe extérieure du pathogène sont conservées. Ces particules, véritable carte d'identité du virus, sont intégrées dans une solution qui devient le principe actif du futur vaccin. Après injection dans l'organisme, ces protéines de surface sont repérées par le système immunitaire et déclenchent la production d'anticorps spécifiques ».

Cette culture sur oeufs exige de disposer de quantités importantes d'oeufs. Elle peut entraîner certaines allergies chez les enfants.

C'est pourquoi de nouvelles techniques de production de vaccins à partir de cellules animales sont actuellement testées et utilisées. D'importants programmes de recherche sont en cours pour s'affranchir des oeufs. Les Etats-Unis y consacrent deux milliards de dollars. Un premier résultat va pouvoir être testé en temps réel, puisque Baxter vient de mettre sur le marché un vaccin préparé à partir de culture cellulaire.