Allez au contenu, Allez à la navigation



Mutation des virus et gestion des pandémies - l'exemples du virus A (H1N1)

 

IV. FAUT-IL CRAINDRE LE SYNDROME DE GUILLAIN BARRE ?

Le syndrome de Guillain Barré a donné lieu à plusieurs travaux d'experts

Il entraîne en effet une paralysie rapide qui peut atteindre parfois les muscles respiratoires et les nerfs crâniens.

Comme toute atteinte neurologique pouvant aller du cas bénin et éphémère au cas grave et définitif, il fait particulièrement peur. En 1976, le nombre de cas qui sont apparus a été jugé trop élevé.

C'était certes à la suite d'une campagne de vaccination exceptionnelle, et certains ont établi un lien entre le nombre de ces cas et le nombre de personnes vaccinées (plus de 40 millions).

D'autres ont fait remarquer que ce syndrome apparaissait de manière régulière, et que les chiffres de 1976 étaient peu différents de la situation habituelle. Tout juste notait-on une concentration de certains cas pendant une certaine période. Mais dans la période suivante, le nombre de cas était moindre, et la situation moyenne était semblable à la normale statistique.

Une publication dans la revue américaine Langmuir, puis par le Journal of the Royal Society of Medicine en Septembre 1979, a mis en évidence ces données.

Enfin, la grippe elle-même peut engendrer des syndromes de Guillain Barré.

L'AFSSAPS donne les précisions suivantes dans une fiche d'octobre 2009 :

« La seule étude qui montre une augmentation du Syndrome de Guillain-Barré liée à une grippe confirmée par diagnostic sérologique est une étude française qui a estimé l'incidence à 4 à 7 cas pour 100 000 sujets grippés.

L'association entre la vaccination antigrippale et la survenue d'un Syndrome de Guillain Barré a été évoquée pour la première fois en 1976 aux Etats-Unis, lors de la campagne de vaccination contre le virus A/New Jersey/H1N1. Il s'agissait d'un vaccin à virus entier et sans adjuvant. Le risque attribuable à la vaccination dans la population des plus de 17 ans pendant les 10 premières semaines suivant la vaccination a été estimé à environ à 1 cas pour 100 000 vaccinés. Cependant, les expertises réalisées postérieurement n'ont pas établi de façon certaine de lien entre la survenue d'un Syndrome de Guillain Barré et la vaccination pratiquée à l'époque.

Depuis plusieurs études portant sur la vaccination antigrippale saisonnière ont été conduites, la plupart d'entre elles n'ont pas montré d'association. Seule une étude conduite qu'aux Etats Unis sur deux périodes de grippe saisonnière a mis en évidence un risque très faible d'environ un cas pour 1 million de vaccinés.

Le rapprochement entre l'ensemble de ces données suggère que le risque avéré de Syndrome de Guillain Barré découlant de la grippe est très supérieur au risque incertain de survenue d'un tel syndrome du fait de la vaccination ».