Allez au contenu, Allez à la navigation



Mutation des virus et gestion des pandémies - l'exemples du virus A (H1N1)

 

2. Ces décisions font référence aux principes de précaution et de prévention

Les caractéristiques de la grippe apparue au Mexique sont troublantes : le virus A(H1N1), qui est analysé rapidement, peut être mortel. Il atteint en outre des populations généralement épargnées par ce type de maladie.

C'est la première fois qu'un virus se propage aussi rapidement sur plusieurs continents, notamment du fait des liens privilégiés entre le Mexique et l'Europe, et entre les Etats-Unis et la Grande Bretagne.

Dans une société mondialisée où l'information circule de manière quasi instantanée, l'annonce par l'OMS d'une pandémie à un niveau élevé dans un premier temps, puis au niveau maximum dans un deuxième temps, ne peut laisser aucun gouvernement indifférent.

Dans ce contexte, comme l'analyse fort justement M. Tabuteau, directeur de la chaire Santé à l'IEP de Paris, les pouvoirs publics sont tenus de prendre les dispositions nécessaires pour protéger la population d'un risque majeur. Notre société n'accepte plus - ce qui est légitime -que l'on n'agisse pas contre un risque annoncé si l'on en a les moyens.

Cette évolution résulte du passage de la médecine curative à la médecine préventive et de la mise en oeuvre des principes de précaution et de prévention (le premier s'applique lorsque le risque n'est pas identifié, le second quand il est avéré).

La France envisage d'interdire les vols vers le Mexique. Ses partenaires de l'Union seront plus circonspects.

C'est dans cet esprit qu'a été prise la décision de confier à l'EPRUS de commander aux laboratoires pharmaceutiques 94 millions de doses de vaccin, afin d'être en mesure de vacciner les deux tiers de la population, en deux fois. Deux doses de vaccin sont en effet recommandées par les virologues en cas de vaccin nouveau dont les effets sont inconnus, en l'absence de données précises sur l'impact du virus contre lequel on veut lutter.

Peu de voix dites « autorisées » se font entendre contre cette stratégie : le Professeur Bernard Debré le 26 juillet et le professeur Marc Gentilini le 6 août.