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Mutation des virus et gestion des pandémies - l'exemples du virus A (H1N1)

 

C. L'ORGANISATION DE DEBATS CITOYENS PERMETTRAIT DE MIEUX DEFINIR CE QUE DEVRAIT ÊTRE LA POLITIQUE DE SANTÉ PUBLIQUE

1. Cette approche est de nature à réconcilier les citoyens et les experts

M. Tabuteau en est l'un des promoteurs. Il a ainsi pris l'initiative de lancer des réunions d'information dans les institutions où il travaille.

D'autres l'ont suivi. C'est ainsi que des débats ont été organisés dans des grandes entreprises pour rendre leurs employés conscients des effets de la grippe et des activités essentielles qu'il faudrait préserver en cas de fort absentéisme.

Ces débats peuvent s'appuyer sur les travaux d'universitaires qui ont décidé de se regrouper pour être plus efficaces.

C'est ainsi que la Chaire de Santé de l'IEP de Paris, l'École des Hautes Etudes en Santé Publique (EHESP), son centre d'analyse des politiques de santé publique et l'Institut de Droit et Santé de l'Université de Paris-Descartes ont uni leurs efforts pour créer un pôle santé.

Les financements viennent à la fois de l'université, de contrats et d'études de recherches, des collaborations qu'elles peuvent avoir et des soutiens de partenaires institutionnels. Ce sont des financements pérennes pour certains et très ciblés pour d'autres.

2. Les thèmes de débat sont nombreux

Les citoyens comprennent mal la manière de penser des spécialistes des politiques de santé publique.

Ils comprennent mal les méthodes d'évaluation d'une pandémie. Les calculs fondés sur la surmortalité et non sur la constatation des décès leur paraissent très théoriques.

Ils s'interrogent sur la vaccination : dans quel cas est-elle nécessaire ? Quels sont ses avantages par rapport à ses effets secondaires éventuels ? Quelle est son sens : est-elle un geste civique et collectif, ou doit-elle rester dans la sphère des choix individuels ?

Le champ du débat est donc vaste. Il pourrait s'étendre plus globalement à l'élaboration d'une politique de santé adaptée aux nouveaux défis du XXIème siècle. Il pourrait aussi porter sur la gestion et l'acceptabilité des risques sanitaires majeurs par notre société et sur la légitimité des politiques publiques.

De tels débats permettraient de réconcilier scientifiques et citoyens, autour d'arguments rigoureux, éventuellement critiques mais sereins, où l'on fera la part de ce qui est connu de ce que l'on ne connaît pas, et où l'on mettra en évidence ce qui relève du débat contradictoire et démocratique, dans un univers incertain.