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Les effets sur la santé et l'environnement des champs électromagnétiques produits par les lignes à haute et très haute tension

 

3. Le nécessaire développement

a) La problématique générale

Si le projet de ligne Cotentin-Maine répond à la fois au besoin de sécurisation de l'approvisionnement du grand Ouest, tout particulièrement de la Bretagne, et au raccordement du futur EPR de Flamanville, cette situation particulière ne doit pas occulter une problématique plus large. Le réseau va nécessairement évoluer et, selon toute vraisemblance, se développer pour accompagner la nouvelle politique énergique voulue par le Grenelle de l'environnement : le raccordement des énergies renouvelables au réseau.

Dans ce cadre, la France s'est donnée comme objectif dans le Grenelle de l'environnement de porter la puissance à 19 000 MW éoliens dont 6 000 off-shore en 2020, et 5 400 MW photovoltaïques, soit une multiplication par 20 dans l'éolien et par 40 dans le solaire.

A titre d'exemple, en Allemagne, 850 km de nouvelles lignes à 380 kV vont être construites pour répondre au développement de l'éolien.

Ces objectifs nécessitent dès maintenant de réfléchir au transport de l'électricité qui sera produite dans les grandes centrales vers les zones de consommation et donc à la création de lignes à haute tension.

Il s'agit aussi d'un défi pour l'organisation du réseau car ces sources sont intermittentes.

RTE évalue à un milliard d'euros d'ici à 2020 les investissements nécessaires pour intégrer le seul éolien au réseau.

b) Deux exemples : Nord-Pas-de-Calais pour l'éolien et PACA pour le solaire

Dans le Nord-Pas-de-Calais, 77 % du territoire sont propices à l'installation d'éoliennes et de nombreuses Zones de développement de l'éolien (ZDE) sont en cours de définition par les préfets pour une production qui s'inscrirait dans une fourchette de 400 à 800 MW posant le problème de leurs raccordements au réseau. Compte tenu des puissances envisagées, ces zones devront être reliées directement au réseau 400 kV ce qui devrait se traduire par la création de deux postes de transformation et d'une ligne souterraine de 30 km pour les relier.

Ces évolutions doivent être préparées dans le cadre des schémas régionaux des énergies renouvelables.

Un exemple en est donné par la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA). L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) y a mené une étude pour évaluer et cartographier le potentiel photovoltaïque de la région et pour mesurer la capacité du réseau électrique à l'accueillir. Elle a fait l'objet d'une large concertation.

Sur l'ensemble de la région, le potentiel est évalué à 4 196 MW, dont 74 % peuvent être accueillis par le réseau actuel. Mais la situation est très différente selon les départements. Dans les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse et le Var, ce sont moins de 10 % du potentiel qui ne peuvent pas, actuellement, être acheminés. En revanche, on atteint 28 % dans les Alpes-Maritimes, 50 % dans les Alpes-de-Haute-Provence et 88 % dans les Hautes-Alpes.

Un tel diagnostic illustre les importantes évolutions qu'implique le développement des énergies renouvelables et sera donc la base d'une réflexion pragmatique sur le réseau dans cette perspective. Pour l'instant des propositions techniques de raccordement n'ont pas été formulées.