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Services à la personne : bilan et prospective

30 juin 2010 : Services à la personne : bilan et prospective ( rapport d'information )

B. ENJEUX S'ÉTENDANT JUSQU'AU LONG TERME

1. L'enjeu de l'offre et de la professionnalisation
a) Répondre au défi posé par la démographie du secteur...

En 2007, est paru un rapport du groupe « Prospective des métiers et qualifications » intitulé « Les métiers en 2015 »102(*), d'après lequel les difficultés de recrutement se concentreraient notamment, à cet horizon, sur les métiers d'aides et de soins aux personnes fragiles.

En particulier, les femmes peu diplômées issues du baby-boom, qui pourvoient aujourd'hui largement aux soins des personnes dépendantes, vont partir à la retraite dans les années qui viennent, alors que les générations suivantes sont à la fois plus diplômées et moins nombreuses.

Le graphe suivant montre que, pour l'assistance aux publics fragiles, 72 % des effectifs sont âgés de 40 ans et plus, et 8 % de 60 ans et plus : 

ÂGE DES SALARIÉS PAR ACTIVITÉ

Sources : ANSP, BIPE d'après GfK-ISL (première édition du Baromètre de la qualité et de la professionnalisation des emplois de services à la personne, 31 mai 2010).

Par ailleurs, ces métiers figurent parmi les plus pénibles du secteur.

PART DES SALARIÉS NE TROUVANT PAS LEUR ACTIVITÉ DIFFICILE PHYSIQUEMENT

Sources : ANSP, BIPE d'après GfK-ISL (première édition du Baromètre de la qualité et de la professionnalisation des emplois de services à la personne, 31 mai 2010).

La professionnalisation, en partie liée à l'image des métiers concernés, constitue donc un enjeu de premier ordre pour susciter, en nombre suffisant, des vocations, y compris masculines.

Les modalités de cette professionnalisation devront, tout en facilitant la formation continue et en valorisant les acquis de l'expérience, réserver la possibilité de changer aisément de métier au sein du secteur afin de ne pas décourager les vocations pour certains types d'emploi, notamment auprès des personnes dépendantes, qui peuvent s'avérer difficiles à exercer toute une vie.

Un défi majeur consistera probablement en la capacité de la main d'oeuvre masculine, lorsqu'elle est à la fois peu diplômée et exposée à un risque de licenciement au sein d'un secteur en restructuration, à se recycler dans ce type de métiers.

b) ... suppose une amélioration de la qualité et de l'image des emplois
(1) Employeurs multiples et temps partiel subi

Le fait de travailler fréquemment auprès de plusieurs personnes constitue une des caractéristiques du secteur : un salarié de particuliers employeurs travaille en moyenne pour 4 personnes, tandis qu'un salarié d'organisme agréé travaille en moyenne pour près de 7 personnes.

Cette situation ne semble pas poser problème aux salariés du secteur, puisque d'après l'ANSP103(*), moins de 3 % des salariés du secteur souhaiteraient travailler pour un plus faible nombre de personnes.

On relèvera que cette mesure aurait été probablement différente si la question avait concerné le nombre d'employeurs, sachant que si près de la moitié des salariés du secteur travaille pour un seul employeur, un quart travaille en revanche pour 4 employeurs ou plus.

La question de la diminution du nombre d'employeurs rejoint ici celle de la structuration du secteur, en particulier celle de la montée en puissance des entreprises et associations prestataires.

Il semble que la difficulté majeure concerne plutôt le temps partiel subi, avec plus d'un salarié sur deux insatisfaits de leur volume d'activité.

PART DES SALARIÉS SATISFAITS DU NOMBRE D'HEURES EFFECTUÉES

Sources : ANSP, BIPE d'après GfK-ISL (première édition du Baromètre de la qualité et de la professionnalisation des emplois de services à la personne, 31 mai 2010).

Certaines avancées, en termes de formation professionnelle (supra) sont susceptibles de déboucher sur une occupation rémunérée et professionnalisante des temps d'inactivités subis en début de carrière.

Une structuration du secteur aboutissant à la mise en place d'une infrastructure unique d'accès aux services, de suivi des prestataires et de paiement (supra), qui reposerait notamment sur l'usage de téléphones mobiles équipés d'une carte NFC, serait favorable à toutes les formes d'intéropérabilité entre les systèmes des entreprises et associations des services à la personne.

Une telle organisation, en rendant possible un rapprochement des besoins exprimés au plus près du domicile ou de la trajectoire des personnes aidante, constituerait probablement une clé pour résoudre ce problème.


* 102 Par Olivier Chardon, Direction de l'animation et de la recherche des études et des statistiques et Marc-Antoine Estrade, du Centre d'analyse stratégique.

* 103 Première édition du Baromètre de la qualité et de la professionnalisation des emplois de services à la personne, 31 mai 2010.