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Au service d'une politique nationale du patrimoine : le rôle incontournable du Centre des monuments nationaux

30 juin 2010 : Au service d'une politique nationale du patrimoine : le rôle incontournable du Centre des monuments nationaux ( rapport d'information )

B. ... POUR OFFRIR UN MEILLEUR ACCÈS À LA CULTURE

1. Les enjeux de l'accueil et de l'animation
a) L'amélioration des conditions d'accueil et de visite

La réforme de l'organisation du CMN vise à améliorer, en particulier, la politique des publics dont les principes ont été définis dès 2003. Cette politique porte à la fois sur les conditions d'accueil, le contenu de la visite et les moyens de médiation et d'animation.

La modernisation des équipements a notamment permis d'améliorer les billetteries à travers des travaux de mise aux normes (Panthéon), une multiplication de leurs implantations afin de fluidifier les parcours de visiteurs (Carcassonne), une localisation plus fonctionnelle (Sainte-Chapelle). Un programme d'installation de billetteries informatisées a par ailleurs été mis en oeuvre ; il a concerné six installations en 2006, 32 en 2007, six en 2008, un en 2009, les travaux se poursuivant en 2010 à l'Arc de Triomphe notamment ou en 2011 à l'abbaye du Mont-Saint-Michel ou à Aigues-Mortes. Le groupe de travail a constaté, dans tous les monuments visités, un travail de fond pour penser les parcours de visite, par exemple en multipliant les points d'entrée lorsque cela s'avère pertinent. Ainsi, une jonction entre le Palais du Tau et la Cathédrale de Reims est prévue afin d'attirer les visiteurs de cette dernière qui généralement ignorent l'existence du monument voisin. Cet exemple a permis de voir ce qui semble être une bonne collaboration entre la direction de la maîtrise d'ouvrage du CMN et la DRAC de Champagne-Ardenne dont le directeur nous a présenté les projets.

L'information a été accrue avec la mise en place de panneaux d'information extérieurs (Saint-Denis, Le Thoronet, Carcassonne) tandis que la signalétique directionnelle a également été refaite dans certains sites (Mont-Saint-Michel, Angers).

Un autre aspect frappant de l'amélioration des conditions d'accueil est la politique d'accessibilité qui, sous l'impulsion de la nouvelle direction de la maitrise d'ouvrage, semble accélérée. Le Centre des monuments nationaux a su mettre en valeur cette priorité. Ainsi, dans son avis budgétaire présenté au nom de la commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale sur le projet de loi de finances pour 2010 (rapport n° 1946), M. Marc Bernier décrit « l'action exemplaire » du Centre des monuments nationaux.

Le rapport précise que « depuis longtemps, le CMN a fait de l'accueil des personnes handicapées une des priorités de son projet d'établissement, avant même la promulgation de la loi de 2005 ». Cinq associations ou fédérations agissant dans le secteur du handicap ont été reconnues partenaires du CMN au travers de protocoles signés pour la première fois en 2003 et renouvelés en 2007. L'objectif de cette collaboration est d'adapter au mieux l'offre culturelle à partir de l'expression des besoins et attentes des différentes parties prenantes.

Lors de ses déplacements et au cours des auditions, le groupe de travail de votre commission a observé que l'accessibilité était effectivement une priorité de l'établissement, totalement intégrée dans les projets et objectifs de la direction de la maîtrise d'ouvrage. Cette politique globale d'accès à la culture des personnes handicapées s'est traduite jusqu'à maintenant par :

- un cahier de signalétique commun à l'ensemble des monuments du CMN depuis 2007 qui intègre la prise en compte des critères d'accessibilité tels que définis dans la loi de 2005. Différentes formes de handicap sont prises en compte afin d'appréhender l'accessibilité sous toutes ses formes : accès en fauteuil roulant, signalétique pour malvoyants (Palais du Tau), espaces d'interprétation (Abbaye de Cluny). Lors de sa visite au Palais du Tau à Reims, le groupe de travail a pu mesurer le défi que constitue, pour la direction de la maîtrise d'ouvrage, la prise en compte de normes en constante évolution. Ainsi, la pose de bandes sur les marches d'escaliers pour les personnes malvoyantes, non encore achevée, serait déjà en passe de devenir obsolète, la norme ayant évolué d'environ deux centimètres par rapport au bord de la marche depuis le début des travaux...

- un référentiel d'interventions à l'échelle nationale a été mis au point à partir d'un audit « accessibilité » expérimenté sur six monuments emblématiques (château d'Azay-le-Rideau, abbaye du Mont-Saint-Michel, site archéologique de Glanum, Panthéon et Arc de triomphe, château et remparts de la cité de Carcassonne). La complexité des enjeux a d'ailleurs induit un certain retard dans la mise en oeuvre de ce référentiel dont les études et diagnostics préalables devraient être réalisés d'ici le début de l'année 2011.

L'accessibilité physique des lieux a été améliorée parallèlement à l'adaptation de l'offre culturelle aux publics concernés par un handicap. Au cours des visites du Palais du Tau ou du Panthéon, le groupe de travail a eu l'occasion de constater la diversité des produits conçus en ce sens, au rang desquels figurent les visites-conférences adaptées aux personnes à mobilité réduite, les mallettes multi-sensorielles pour les personnes malvoyantes, les audioguides et visioguides ou encore les collections d'édition adaptées (les « Sensitinéraires », permettant aux personnes déficientes visuelles de découvrir les monuments à partir de livres d'art tactiles et sonores et les « Lex'Signes » enrichissant le vocabulaire de la langue des signes française de termes propres à l'histoire de l'art et au patrimoine).

La mise en oeuvre de la politique en faveur de l'accessibilité illustre la capacité du Centre des monuments nationaux à décliner, dans ses monuments, une priorité commune à plusieurs directions. Elle incarne également la volonté de l'établissement de diversifier les publics.