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L'avenir des « années collège » dans les quartiers sensibles (Tome II : annexes)

10 mars 2011 : L'avenir des « années collège » dans les quartiers sensibles (Tome II : annexes) ( rapport d'information )

SANNOIS - FONDATION D'AUTEUIL 23 NOVEMBRE 2010

Présentation du Lycée professionnel privé Saint-Jean
Rond-Point de la Tour du Mail - Sannois(Val d'Oise)

Visite du site (collège, lycée, lycée horticole) et discussions sur place.

Retour dans l'établissement et discussion libre avec des acteurs de terrain, engagés auprès des jeunes d'âge collège (personnel de l'établissement de Sannois et de celui de Domont à proximité, référente collège du département "formation des jeunes et insertion" de notre institution).

M. Bruno Galy, délégué général de la Fondation, présente les Apprentis d'Auteuil en Val d'Oise (500 jeunes accueillis dans 10 établissements) autour des établissements de Saint-Jean de Sannois et Saint Pie X de Domont.

La fondation est née en 1866 de l'initiative de l'abbé Louis Roussel qui accueille le 19 mars six jeunes orphelins pauvres du faubourg d'Auteuil. L'oeuvre des apprentis orphelins est installée en 1883 et devient une institution diocésaine en 1901. Le Père Daniel Brottier est nommé directeur de l'oeuvre en 1923 qui est reconnue d'utilité publique en 1929. La fondation accueille actuellement 13 000 jeunes, garçons et filles, âgés de 2 à 26 ans en grande difficulté familiale, sociale et affective dans 200 établissements : internats éducatifs et scolaires, écoles, collèges, lycées, ou structures d'accompagnement et d'insertion.

Mme Lelong André présente le Collège Saint Pie X de Domont. La maison d'accueil Jacques Laval d'Eaubonne s'occupe de 56 garçons et 8 filles âgés de 11 à 16 ans dans l'établissement habilité par l'Aide sociale à l'enfance. Il s'agit d'enfants qui sont des décrocheurs lourds et proviennent de toute l'Ile de France y compris Paris, essentiellement des quartiers sensibles de Sarcelles, Villiers le Bel ou Créteil. Le collège de son côté accueille 34 garçons en internat éducatif et scolaire et 100 garçons de la 6ème à la 3ème en ambition réussite.

M. Hagneré, délégué pour le Val d'Oise, présente les établissements de Sannois qui comportent un lycée professionnel (110 garçons et filles), un lycée horticole et paysager (100 garçons et filles), un collège (70 garçons et filles) et des unités de formation par apprentissage (50 garçons et filles). 23 % des jeunes sont hébergés et accompagnés, 23 % sont hébergés et formés et 54 % bénéficient d'actions d'insertion dans les différentes filières de formation en alternance, d'insertion ou de découverte des métiers mises en place dans les établissements.

Le collège Saint Jean de Sannois comporte 5 divisions de 4ème et de 3ème, dont 2 classes « section sportive foot » qui ont pour objet de promouvoir le projet de « réconciliation scolaire et sociale par le biais d'un talent, le foot » : il s'agit de donner aux jeunes concernés le goût d'une passion pour une activité physique qui crée la base de l'apprentissage des codes du « vivre ensemble ».

Les établissements de Sannois disposent également d'un sas d'accueil et d'écoute baptisé Atelier Educatif et Pédagogique (AEP) à destination des jeunes les plus en difficultés pour ceux qui ont le plus besoin d'un accompagnement spécifique. Les jeunes des différents établissements ont aussi l'accès aux différents plateaux techniques des lycées professionnel et horticole : ateliers d'ébénisterie, métiers du bois, commerces multi-spécialités, menuiserie installation, production horticole.

Mme Rossignol, conseillère pédagogique de la Fondation, souligne que ces dispositifs d'initiation aux métiers par alternance (DIMA) offrent l'avantage d'ouvrir les jeunes à d'autres formes d'intelligences que celles traditionnelles mathématico-déductives.

Enfin Sannois est en cours d'installation d'un dispositif de réinsertion scolaire (DRS) qui est actuellement le seul dans le Val d'Oise pour l'année scolaire 2010-2011. Il est destiné à 16 garçons répartis en deux groupes de niveau 5ème et 4ème en scolarité et en internat pour une année scolaire. Composé d'une équipe de professeurs, d'éducateurs de vie scolaire, de personnel de la PJJ, de volontaires du service civique, le DRS est coordonné par l'un des enseignants. Il s'adresse aux élèves particulièrement perturbateurs qui sont passés au moins une fois dans leur scolarité en conseil de discipline. Ils ne relèvent pas cependant de l'enseignement spécialisé et adapté, ni d'un placement dans le cadre pénal au sens des dispositions de l'ordonnance du 2 février 1945 relative à l'enfance délinquante.

Dans le cadre d'un échange de vue général, il apparait par ailleurs, que,  sous l'angle prospectif :

- l'environnement scolaire change tellement vite qu'il faut être dans l'accompagnement permanent des jeunes ;

- de ce fait, il faut mettre en place des dispositifs très réactifs, car il faut sans cesse s'adapter à la demande sociale ;

- la formation des enseignants dans les collèges des quartiers difficiles doit être particulièrement adaptée aux contraintes particulières de ce genre d'enseignement ;

- il vaut mieux travailler dans la prévention et le souci de la protection de l'enfant que dans la réparation.

Parmi les signaux faibles qu'il faut prendre en compte pour comprendre l'évolution du phénomène, on peut noter :

- l'importance des migrations et du multiculturalisme qui explique en partie la difficulté à créer du lien social dans les quartiers difficiles ;

- la dégradation des finances publiques qui conduira à alléger certains dispositifs et à trouver d'autres méthodes avec les familles pour faire face à l'augmentation future de la demande d'intervention sociale ;

- l'évolution de certains concepts comme celui du socle commun de connaissance qui se déclinera plutôt comme la recherche des conditions du « vivre ensemble » dans le cadre d'un système flexible et réactif, conduisant d'ailleurs à un regroupement des jeunes plutôt par compétences que par classes en fonction d'une classe de référence.

Comme les jeunes s'expriment difficilement autrement que par des gestes, il faut aussi mettre en place avec eux des projets qui font appel à l'expression corporelle comme le théâtre. Le concours d'expression proposé par la délégation sénatoriale à la prospective s'inscrit dans cette voie et les établissements des Apprentis d'Auteuil sont invités à y participer.