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Les toxicomanies (Tome I : Rapport)

30 juin 2011 : Les toxicomanies (Tome I : Rapport) ( rapport d'information )
c) La banalisation de la cocaïne

S'agissant de la cocaïne, la France est marquée, selon les propres termes de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), par « un usage de moins en moins rare en population générale ». L'organisation relève ainsi que si le niveau d'expérimentation est encore relativement faible, cette substance est une des drogues illicites les plus consommées après le cannabis : son expérimentation touche 2,6 % des 15-64 ans, plus souvent des hommes (3,9 %) que des femmes (1,6 %). Tout en ne concernant qu'une petite frange de la population, ce produit a néanmoins connu une expansion croissante au cours des années 1990, passant de 1,2 % en 1992 à 3,8 % en 2005 parmi les 18-44 ans. Le nombre d'expérimentateurs de cocaïne en France parmi les 12-75 ans est aujourd'hui estimé à environ 1 million de personnes, et le nombre d'usagers au cours de l'année à environ 200 000 personnes.

La diffusion de la cocaïne sous forme de poudre (chlorhydrate) ne cesse de s'élargir en France, dans l'espace festif comme dans l'espace urbain. « Les milieux sociaux concernés par cette consommation sont devenus tellement larges et hétérogènes qu'il est difficile aujourd'hui de dresser un portrait type du consommateur », note l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).

Son directeur, M. Jean-Michel Costes, a fait clairement état des préoccupations quant à l'évolution à venir de l'usage de ce type de produit, observant « une amorce significative de la consommation de stimulants comme la cocaïne, qui est passée de 1 % en 2000, chez les jeunes de dix-sept ans, à 3,3 % en 2008, les indicateurs montrant une tendance à l'augmentation dans la population générale. Les jeunes Français se situent à 15 % par rapport à la consommation européenne, suivant en cela le modèle de certains pays dans la décennie précédente, comme l'Italie, l'Espagne ou le Royaume-Uni. La consommation de cocaïne est encore à un niveau relativement faible, ce qui fait dire qu'il s'agira d'un enjeu important au cours des cinq ou dix prochaines années » (27(*)).

De son côté, M. François Thierry, commissaire divisionnaire, chef de l'Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants, a fait le lien entre les problèmes de consommation et de trafic de cette substance : « la France reste un pays de consommation de cocaïne, produit très préoccupant. Le plafond n'est probablement pas encore atteint, le nombre d'usagers continuant à augmenter, tout comme celui des trafiquants interpellés. On pense que le développement de cette activité n'est pas encore arrivé à son point d'équilibre ; c'est pourquoi nous sommes extrêmement motivés pour poursuivre la lutte contre les trafiquants de cocaïne qui ont la particularité d'être particulièrement corrupteurs pour les États dans lesquels ils oeuvrent. On l'a vu de manière spectaculaire dans des États comme le Mexique ou le Venezuela et, plus près de nous, plus récemment, dans les États africains concernés » (28(*)).


* (27) Audition du 12 janvier 2011.

* (28) Audition du 26 janvier 2011.