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L'innovation à l'épreuve des peurs et des risques

24 janvier 2012 : L'innovation à l'épreuve des peurs et des risques ( rapport de l'opecst )
b. En Inde

(i) L'entreprise Panacea Biotech : l'importance de la flexibilité 

Cette compagnie pharmaceutique fabrique des produits innovants, principalement des vaccins (notamment liquides) déjà qualifiés ou préqualifiés par l'OMS et utilisés par l'UNICEF. Elle collabore avec Sanofi-Pasteur, GSK, Novartis même si ces entreprises sont ses concurrentes, ce qui montre sa flexibilité.

Cette flexibilité est importante du fait des obstacles qu'il lui faut surmonter, comme toute entreprise pharmaceutique : l'enregistrement de nouveaux produits résulte en Inde d'un processus long et fastidieux. Les règles de sûreté et les essais pré-cliniques et cliniques entraînent des besoins de financement importants. Mais il faut accepter ces contraintes si l'on veut créer de nouveaux produits et ne plus se limiter à copier.

(ii) La société Piramal de Bombay, ou l'illustration des avantages comparatifs présents et futurs de l'Inde

Dans les produits pharmaceutiques, l'innovation est très importante. Aux Etats-Unis, la santé coûte de plus en plus chère et les dépenses de santé croissent plus vite que le PNB. Des pays comme l'Inde peuvent apporter des solutions, en réduisant le coût des médicaments.

Il y aura de profonds changements dans les 5, 10, 15 prochaines années dans ce domaine en Inde. Le coût de la recherche et des essais cliniques y est plus bas que dans les pays développés, ce qui permet de produire des médicaments qui coûtent 40 % moins cher. L'importance de la population permet par ailleurs des études cliniques plus intéressantes. L'Inde a donc de vrais avantages comparatifs pour la recherche sur les médicaments.

La société Piramal essaie de trouver des solutions très différentes de celles trouvées à l'Ouest. Par exemple, dans le domaine du cancer, le problème est de trouver des médicaments différents qui ne prolongent pas seulement la vie de 6 mois, mais qui assurent une qualité de vie satisfaisante.

Travaillant aussi sur le diabète, la tuberculose et l'inflammation en général, elle utilise des autorisations obtenues aux Etats Unis ou en Europe pour avoir une autorisation plus rapide en Inde. Les essais cliniques sont faits d'abord en dehors d'Inde, puis en Inde.

Le temps perdu pour obtenir les autorisations nécessaires en Inde est ensuite regagné en trouvant plus de patients pouvant participer à des tests, même s'il y a parfois une résistance des patients ou du corps médical.

c. En Chine

Centaurus BioPharma illustre le retour en Chine des scientifiques expatriés.

Cette société de biologie pharmaceutique qui cherche à découvrir de nouveaux produits contre le cancer et le diabète, et à produire des médicaments de meilleure qualité et à un prix moins élevé, emploie 18 docteurs et doctorants, 32 titulaires de mastères, qui ont tous étudié à l'étranger.

Elle travaille sur des thèmes comparables à ceux étudiés chez GSK, Merck, Sanofi-Aventis. Elle est très confiante dans ses produits qu'elle estime plus efficaces que les produits comparables étrangers.

Elle est l'illustration des premiers effets de la nouvelle politique du gouvernement chinois, qui incite les scientifiques expatriés à rentrer au pays, en leur facilitant le retour et en leur garantissant des salaires comparables à ceux qu'ils touchaient à l'étranger.

Or il y a aux Etats-Unis des dizaines de milliers de chinois ayant un doctorat. La recherche chinoise va connaître un essor considérable s'ils reviennent, d'autant plus que les sociétés qui les emploieront bénéficieront, comme Centaurus BioPharma, de soutiens pour accéder à des capitaux supplémentaires, pour employer des post-doctorants, pour loger les chercheurs qui reviennent de l'étranger, pour faire de la recherche industrielle et pour protéger la propriété intellectuelle.