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Maritimisation : la France face à la nouvelle géopolitique des océans

17 juillet 2012 : Maritimisation : la France face à la nouvelle géopolitique des océans ( rapport d'information )

C. LA MER POURRAIT DEVENIR UNE DES PREMIÈRES RÉSERVES D'ÉNERGIE RENOUVELABLE

Le renchérissement du prix des hydrocarbures et la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique conduisent également à rechercher dans les mers une source d'énergie renouvelable.

Cette quête passe par l'éolien offshore, déjà assez développée en Grande-Bretagne et au Danemark, mais également par la conversion en électricité de la puissance des courants marins, par des procédés thermiques jouant sur la différence de température entre eaux de surface et profondes ou encore par l'énergie houlomotrice.

Éolienne offshore flottante Winflo

Source :  Winflo - 2010 

En plein développement depuis quelques années, les éoliennes offshore existantes, issues des technologies développées pour les installations à terre, reposent sur le fond de la mer. Leurs fondations fixes ne peuvent être implantées par plus de 50 m de profondeur.

L'éolien flottant permettra de s'affranchir de cette limite et par conséquent d'éloigner les machines des côtes, de limiter les conflits d'usage et de tirer parti d'une ressource en vent plus importante et plus stable.

Les hydroliennes utilisant les courants de marées présentent quant à elles l'avantage de n'avoir aucun impact visuel et sonore. Elles utilisent une énergie prévisible dans la mesure où les courants de marée constituent une ressource prédictible et périodique.

L'énergie thermique des mers est sans doute un des secteurs des plus prometteurs. L'ETM utilise la différence de température entre l'eau de surface chaude et l'eau froide venant des profondeurs. Une usine installée en surface utilise cet échange thermique pour produire du courant électrique.

Ce principe trouve sa pleine application dans la ceinture aqua-tropicale. Il pourrait être adapté aux besoins d'indépendance énergétique des collectivités d'outre-mer française.

Image d'un prototype de centrale ETM

Source : DCNS

Le marché principal pour cette technologie est composé des réseaux électriques fermés, non interconnectés, avec des besoins limités et un coût de l'énergie d'origine fossile élevé. Dans ces situations, l'ETM répond à trois attentes : une source d'énergie renouvelable, une énergie de base non intermittente, d'éventuels coproduits additionnels tels que l'eau douce, l'air conditionné, l'irrigation ou l'aquaculture.

Une récente étude commandée par DCNS sur les enjeux du développement de l'économie maritime souligne que « l'arrivée de ces technologies aujourd'hui en phase de développement soutenu, comme les hydroliennes, l'houlomoteur, l'Energie Thermique des Mers et l'éolien flottant, contribuera à la montée en puissance du domaine au sein de l'économie maritime, laissant présager des investissements cumules de plusieurs centaines de milliards d'euros sur l'ensemble des filières ».

C'est une des raisons pour lesquelles, M. Andreas Loewenstein, directeur de développement et de la stratégie de DCNS, a indiqué que son entreprise souhaitait se saisir des opportunités qu'offrent les énergies marines renouvelables et faire passer la part de son chiffre d'affaires dans ce domaine de 25 à 50 %, opérant ainsi une reconversion majeure de ses orientations stratégiques.

Image d'un prototype de houlomoteur

Source : EDF Energies Nouvelles / DCNS