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L'Afrique est notre avenir

29 octobre 2013 : L'Afrique est notre avenir ( rapport d'information )

B. DES TRANSFORMATIONS STRUCTURELLES

1. Un environnement plus favorable à la croissance

Si la croissance a été plus forte, c'est aussi parce que la gestion économique a été meilleure et que les instabilités politiques ont été réduites.

a) Une stabilisation du cadre macro-économique

Ce dynamisme a été, en effet, d'abord permis par la nette amélioration des politiques macroéconomiques. L'inflation moyenne pendant la décennie 1990 était de 22 %, alors qu'elle est passée à 8 % dans la décennie suivante malgré la hausse des prix du pétrole.

De la même façon, sur la même période, l'endettement public extérieur a été divisé par trois (103 % du PIB pour la période 1995-2000 contre 34 % pour la période 2001-2013).

Cette amélioration des finances publiques est le fruit d'efforts mutuels : ceux des pays africains, qui ont réduit leur niveau de déficit de 60 % en une décennie et ceux des partenaires au développement, qui ont procédé à des allègements de dette considérables depuis le sommet du G7 de Lyon en 1996.

La dette extérieure totale de l'Afrique en proportion du PIB est ainsi passée de 53,6 % en 2004 à 34,2 % en 2013, un niveau très nettement inférieur au niveau européen.

Ce mouvement de désendettement s'explique en particulier par les allègements de dette consentis au titre de l'Initiative PPTE, d'IADM et des efforts bilatéraux additionnels. La dette de 28 pays africains a ainsi baissé de 83 % après ces initiatives.

L'amélioration des fondamentaux économiques sur la décennie passée a permis aux pays africains d'accumuler des marges de manoeuvre qui, chose relativement inédite, leur ont permis d'apporter des réponses de politiques économiques appropriées, voire des plans de relance.

De plus, les dépenses sociales et les dépenses d'investissement, en général variables d'ajustement en temps de crise, n'ont pas été sacrifiées.

Le résultat des courses est que certains pays africains peuvent émettre aujourd'hui des obligations souveraines à des taux moins élevés que des pays européens. L'année dernière, la Côte d'Ivoire a emprunté à moindre coût que la Grèce, le Sénégal a emprunté à moindre coût que le Portugal, la Zambie que l'Espagne, le Ghana que l'Irlande, le Nigeria que l'Italie, le Gabon que la Belgique et le Chili.

La perception des marchés financiers est en train de basculer.

Cette amélioration de la situation des finances publiques largement due au processus d'annulation des dettes ne doit cependant pas conduire à un ré-endettement trop rapide des États et des entreprises publiques.

Alors que la région achève à peine le processus de désendettement auprès des bailleurs traditionnels (essentiellement ceux du Club de Paris) et multilatéraux dans le cadre du processus PPTE, plusieurs pays à revenu intermédiaire sont tentés de se ré-endetter à des conditions non concessionnelles auprès de certains partenaires émergents.

Ainsi M. Ramon Fernandez, directeur général du Trésor, a attiré notre attention sur ce point en soulignant que : « si l'endettement du secteur public dans son ensemble est passé de plus de 100 % du PIB en 2001 à 28 % en 2008, il connaît de nouveau une trajectoire ascendante et atteint 42 % du PIB en 2012. ».