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Sur la rive Sud de la Méditerranée, une zone de prospérité à construire

30 octobre 2013 : sur la rive Sud de la Méditerranée, une zone de prospérité à construire ( rapport d'information )

E. LA CROISSANCE : UNE CHANCE À SAISIR

Croissance de la population et croissance économique sont les caractéristiques de la région depuis plusieurs années, si l'on met entre parenthèses la période des crises politiques en Tunisie et en Libye, qui ont ralenti l'activité économique. Ce faisant, cette croissance reste incapable, pour des raisons structurelles, d'offrir des emplois à tous et notamment aux jeunes qui, nombreux, accèdent au marché du travail, une proportion croissante d'entre eux étant de surcroît diplômés. Elle laisse en dehors du secteur économique (sauf agriculture) nombre de femmes, alors que le taux d'alphabétisation de celles-ci rejoint progressivement celui des hommes. Une partie importante de la population demeure dans la pauvreté et ne profite pas de la croissance économique.

Tableau n° 46 : PNB par habitant en 2009

 

Algérie

Libye

Maroc

Tunisie

Mauritanie

PNB par habitant en 2009 (en $)

8110

16400

4400

7810

1940

Part de la population vivant avec moins de 2 $/ jour

24

n.d.

14

13

44

Source : PRB (The Population Reference Bureau)

Comme le notent les instances européennes dans un récent rapport sur la politique de voisinage79(*) : « D'importantes disparités socioéconomiques persistent dans de nombreux domaines(...). Si on ne s'y attaque pas, ces facteurs continueront à mettre en péril la future stabilité sociale et la transition vers la démocratie.»

1. Des taux de chômage élevés, plus particulièrement chez les jeunes de plus en plus diplômés

La région connaît le plus haut taux de chômage des primo-demandeurs d'emploi au monde (25% en moyenne). L'économie n'est pas en mesure de créer des emplois nets en quantité et en qualité suffisantes.

Tableau n° 47 : Taux d'alphabétisation et d'activité des 15 ans et plus

 

Algérie

Libye

Maroc

Tunisie

Mauritanie

Taux d'alphabétisation des 15-24 ans H/F

94/89

100/100

85/68

98/96

71/65

Taux de participation de la population active des 15 ans et plus H/F

72/15

70/30

75/26

70/26

79/29

Source : Banque mondiale

Les tensions sur le marché du travail, notamment pour la population croissante des diplômés, demeurent très fortes. L'augmentation rapide de la population active (de 3 à 4 % par an) devrait se poursuivre jusqu'en 2015 environ. Les entrées annuelles sur le marché du travail au cours des années à venir sont de l'ordre de 600 000 en Algérie, 400 000 au Maroc et de 80 000 en Tunisie. La gestion de ce pic est au coeur de la stabilité politique de la région.

D'ici 2020, ce sont donc plus de 7 millions d'emplois nouveaux, environ 1 million par an, qui seront nécessaires pour absorber les nouveaux entrants sur le marché du travail.

Ce chiffre sera encore plus élevé si l`on tient compte de la tendance à la participation croissante des femmes dans la population active engagée timidement depuis 20 ans. Le taux d'activité demeure faible alors que les taux de scolarité des femmes sont très élevés.

Ce paradoxe laisse à penser que la hausse du taux d'activité des femmes pourrait constituer une donnée importante de l'évolution du marché du travail dans la région au cours des prochaines décennies et ceci d'autant plus que les ménages qui ne comptent qu'un actif sont plus vulnérables à la conjoncture économique et donc exposés aux aléas de la vie.

Enfin la situation est aggravée par le ralentissement des migrations économiques tant vers l'Europe que vers les pays du Golfe qui ont longtemps absorbé un part de la main d'oeuvre des pays arabes mais ont tendance, depuis quelques années, à renationaliser leurs emplois.

Ainsi les dynamiques démographiques rendent indispensables le renforcement de la capacité des pays à créer de l'emploi.

2. Une croissance insuffisamment créatrice d'emplois

La combinaison de nombreux facteurs expliquent cette croissance peu dynamique et au contenu trop faible en emplois :

· Les modèles fondés sur une flexibilité du marché du travail peu qualifié et un positionnement sur les segments aval de l'industrie légère (notamment le textile) ont conduit à un « verrouillage » de ces économies dans des activités à faible valeur ajoutée, dont elles peinent à sortir. La faible montée en gamme du tissu économique ne parvient pas à employer les jeunes issus du système universitaire - dont la qualité tend par ailleurs à se dégrader80(*). Certains pays de la région voient leur capital humain s'échapper vers des destinations où la formation est mieux valorisée.

· Les activités destinées à l'exportation ont été concurrencées par l'arrivée sur le marché international des produits des pays d'Asie. Les industries de main d'oeuvre du Maghreb ne peuvent rivaliser avec les salaires servis dans ces pays et s'adapter aux exigences du marché européen en matière de productivité qu'en accroissant l'intensité capitalistique au détriment de l'emploi.

· La place du secteur privé est faible et la relève progressive de l'investissement public par l'investissement privé dans le secteur productif est difficile. La faiblesse du secteur privé exigerait une réorientation des politiques publiques, moins en faveur des « grands projets » que du soutien aux PME.

· Enfin, les modèles économiques « fortement rentiers », comme l'Algérie et la Libye, ne sont pas parvenus à édifier un tissu industriel diversifié et sont confrontés à un chômage de masse. Lorsque le taux de chômage diminue, ce qui a été le cas en Algérie au cours des dix dernières années, c'est au profit du développement des emplois précaires, temporaires et dans l'économie informelle.

Au-delà de la transition politique, la question de la transition économique qui permettrait d'élever le potentiel de croissance à long terme et d'accroître son contenu en emplois est posée. Les gouvernements sont confrontés à la nécessité de construire de nouveaux modèles de croissance plus robustes et plus inclusifs, s'ils souhaitent désamorcer la « bombe sociale » que constituent le manque de perspectives et le chômage des jeunes.

3. Une inadéquation entre formations initiales et emplois

Une récente étude de la BAfD a montré que l'inadéquation des filières de formation aux évolutions du marché de l'emploi était aussi une source du chômage des diplômés.

« L'inadéquation des qualifications et les transitions inefficaces de l'école à la vie active ont eu pour effet l'accroissement du chômage des jeunes parallèlement à l'augmentation du niveau d'instruction. Au Maroc, 61 % des jeunes ayant suivi des études secondaires ou plus sont sans emploi, contre 8 % pour les jeunes non instruits. En Tunisie, 40 % des jeunes ayant suivi des études universitaires sont sans emploi, contre 24 % pour les non-diplômés. En Algérie, plus de 34 % des personnes sans emploi ont terminé leurs études secondaires ou tertiaires.

Nombre d'employeurs du secteur privé préfèreraient plutôt embaucher des adultes ayant une expérience professionnelle que des jeunes dotés de compétences acquises à travers l'éducation formelle. Les jeunes travailleurs, particulièrement les jeunes instruits, connaissent de longues périodes de chômage avant de trouver des emplois stables. Au Maroc, la durée moyenne de chômage est de plus de 40 mois. En Tunisie, les diplômés sont au chômage pendant 28 mois en moyenne, contre 19 mois pour les non-diplômés ».

4. Une place insuffisante faite aux femmes sur le marché du travail

Les données du Rapport des Nations unies sur les Objectifs du Millénaire montrent qu'en Afrique du nord, l'écart entre les sexes en matière d'emploi est particulièrement prononcé et que les femmes n'ont pas plus largement accès à l'emploi rémunéré qu'il y a vingt ans. Elles détiennent moins de 20% des emplois en dehors du secteur agricole.

Nombre d'entre elles ne sont pas prises en compte par les statistiques du chômage. Les femmes devraient à l'avenir intégrer davantage le marché du travail, ce qui serait logique compte tenu de la croissance de leur scolarisation81(*).

5. Un traitement social inadapté et peu productif

Les inégalités d'accès aux fruits de la croissance et aux opportunités économiques ont, elles aussi, largement contribué aux tensions sociales. Les perceptions d'iniquité dépendent fortement du système de répartition des richesses par le jeu de la fiscalité et de la protection sociale.

Le pacte social entre l'État et la population a longtemps reposé sur l'idée qu'à la citoyenneté était associé, à défaut de droit politique, un ensemble de droits économiques et sociaux. La part publique de la redistribution prenait essentiellement la forme de subventions des produits de première nécessité et d'emplois publics. Ce système a été mis à mal à partir des années 1990-2000. Hormis les économies pétrolières, l'État s'est trouvé contraint de réduire les subventions dans un contexte de hausse des prix des matières premières, et incapable d'offrir des emplois à tous les jeunes diplômés de l'enseignement supérieur. Dès lors l'accroissement des inégalités a fragilisé le tissu social des sociétés de la région.

Sans doute des réformes économiques et sociales ont été mises en oeuvre pour s'attaquer à ces faiblesses dans les domaines de la santé et de l'éducation, ou dans le domaine de la lutte contre la pauvreté82(*) mais beaucoup reste à faire.

Le déclassement de certaines franges des classes moyennes exposées au chômage et à la hausse des prix a contribué au mécontentement social, avivé dans certains cas par des pratiques de prédation économique en faveur des pouvoirs en place. En Tunisie, comme en Égypte, ce sont les jeunes diplômés du supérieur, soumis à des nouvelles formes de précarité, qui ont constitué les cadres des révolutions, rejoints par d'autres « perdants » d'une croissance économique faible en emplois. Les revendications populaires ont mis en exergue une aspiration à plus de justice sociale et à une répartition plus efficace des richesses qui se traduit notamment en Tunisie, mais aussi en Algérie et au Maroc, par de nombreuses grèves, manifestations et conflits sociaux.

Lorsqu'elles ne s'expriment pas de façon collective, ces situations de mal être peuvent conduire à des actes de désespérance83(*). Le suicide du jeune marchand de fruits et légumes de Sidi Bouzid en décembre 2010 qui a été le point de départ de la révolution tunisienne, n'est en rien marginal, les cas de suicides justifiés par ce sentiment d'exclusion sociale sont nombreux en Algérie.

Elles peuvent également s'exprimer par des stratégies individuelles de salut par l'immigration clandestine, malgré les restrictions et les contrôles mis en place tant dans les pays d'accueil que dans les pays de départ84(*). Certaines formes d'immigration peuvent consister à s'engager dans le combat armé à l'étranger, parfois au sein de groupes terroristes, sans qu'il soit possible de distinguer clairement religion et appât du gain.

6. Des déséquilibres régionaux persistants

Aux inégalités sociales persistantes s'ajoutent des inégalités territoriales qui se combinent avec elles et génèrent un double sentiment d'enfermement social et spatial.

En Tunisie, les déséquilibres territoriaux se sont creusés avec l'apparition de poches de pauvreté urbaine (quartiers informels ou cités-dortoirs) et rurale (bassins industriels sinistrés, zones rurales marginalisées). L'orientation des économies vers l'exportation et le tourisme à partir des années 1980 a renforcé un développement inégal du territoire, les investissements dans ces activités étant concentrés dans les capitales ou sur les zones du littoral.

Depuis cette décennie, deux Tunisies se font quasiment face, le pays est coupé en deux sur un axe Nord-Sud.

Selon un rapport récent de l'International Crisis Group85(*) : « l'une, historiquement délaissée, la « bande ouest », a vu son niveau de vie « stagner pour côtoyer celui de la Mauritanie ». L'autre, la « bande est », ouverte sur l'extérieur, a drainé les investissements et modernisé ses infrastructures. En 2007, entre ces deux pays, le taux de chômage officiel accusait jusqu'à 15 points de différence, respectivement 6 et 21 pour cent. Le littoral regroupait près de 80 % des 122 zones industrielles du pays et autant en emplois. Ces inégalités régionales de plus en plus intolérables ont suscité un vif sentiment d'injustice et d'humiliation parmi les populations des régions défavorisées. »

Le départ de l'insurrection depuis Sidi Bouzid trouve sa logique dans la déshérence économique de cette zone laminée par la crise économique. Il n'est pas étonnant que les mouvements sociaux et de protestation continuent à être virulents dans ces régions depuis deux ans comme par exemple les émeutes qui ont fait 250 blessés à Siliana en novembre 2012.

Au Maroc, quatre des seize régions créent la moitié des richesses du pays. Les autorités estiment que les disparités de développement au niveau territorial coûtent jusqu'à 2 points de croissance par an à l'économie nationale du fait de la moindre productivité de ces territoires éloignés des circuits commerciaux et de leur faible potentiel de consommation. De nombreuses zones rurales sont ainsi restées à l'écart du processus de développement, délaissées par une jeunesse attirée par les villes. En l'absence de transfert de richesses au niveau national, ces périphéries disposent de services publics moins performants.

Alimentées par d'importants mouvements de migration en provenance des zones les plus pauvres et marginalisées, les inégalités se sont progressivement inscrites dans le paysage urbain. Dans les zones urbaines non planifiées, l'insuffisance d'infrastructures publiques et la situation de précarité foncière des populations leur interdisent d'investir durablement dans l'amélioration de leur habitat. Il en résulte une aggravation de la précarité de leurs conditions de vie, mais aussi une inégalité d'accès aux opportunités économiques et aux services publics.

Cette dimension semble avoir été prise en compte par les autorités avec des programmes d'infrastructures importants dans certaines régions les plus pauvres.

En Algérie, on observe le développement d'une certaine aisance des zones littorales qui bénéficient de bonnes infrastructures, alors que le Sud est plus pauvre. Les mouvements sociaux et les manifestations de chômeurs qui se sont accrus dans ces régions depuis quelques années témoignent de ce clivage.

7. Une émigration plus limitée et l'arrivée d'une immigration pérenne

Enfin, l'émigration qui constituait une échappatoire possible pour une jeunesse en quête d'emplois et de ressources est devenue plus difficile, notamment vers l'Europe, ce qui a réduit l'effet réducteur qu'elle pouvait avoir sur le chômage et ses conséquences sociales et le potentiel de ressources en retour dont auraient pu bénéficier les économies.

Parallèlement, et en conséquence de la fermeture plus étanche des frontières de l'Europe, les candidats à l'immigration clandestine des pays d'Afrique subsaharienne ont été plus nombreux à rechercher des passages par le Maghreb et sont venus gonfler le nombre de personnes sans emploi ou en emploi précaire dans tous les pays.

Mais on observe également, au-delà du cas exceptionnel de la Libye où la main d'oeuvre immigrée, évaluée à 2 millions de personnes, occupait avant 2011 la quasi-totalité des emplois dans l'industrie et les services, que depuis quelques années les économies locales ont absorbé une partie de ces migrants qui se sont installés et deviennent attractives pour d'autres, qu'il s'agisse de migrants chinois employés dans le secteur du BTP en Algérie (40 000 environ) ou de ressortissants des pays d'Afrique subsaharienne, parfois diplômés, qui s'installent au Maroc, en Tunisie ou en Algérie et occupent des emplois divers, souvent précaires, mais répondent à des besoins non satisfaits de main d'oeuvre ou d'activités locales86(*).

8. Des progrès à réaliser pour créer un climat favorable au développement des investissements internationaux

Les pays du Maghreb restent relativement mal classés par les agences de notations tant pour ce qui concerne l'environnement propice au développement des affaires qu'en matière de corruption.

Au-delà des mesures immédiates, l'établissement de la sécurité et de la reconstruction économique passera par un assainissement de l'environnement des affaires qui freine actuellement les établissements financiers dans l'accompagnement des entreprises étrangères.

Enfin on notera que la pression populaire qui s'est manifestée dans l'ensemble du monde arabe en 2011 portait une forte indignation citoyenne contre la corruption.

Tableau n° 48 : Les pays du Maghreb dans le classement de Transparency International

Pays

Rang (174 pays classés)

Score (de 0 à 100)

 

2010

2011

2012

2010

2011

2012

Algérie

105

112

105

29

29

34

Tunisie

59

73

75

43

38

41

Maroc

85

80

88

34

34

37

Libye

146

168

160

22

20

21

Mauritanie

143

143

123

23

24

37

Classement établi par Transparency International87(*).

Tableau n° 49 : Les pays du Maghreb dans le classement « All doing business »

 

Tunisie

Maroc

Algérie

Mauritanie

Libye

Facilité à y faire des affaires

51

87

153

173

187

Création d'entreprise

70

39

164

173

171

Octroi de permis de construire

122

83

147

123

189

Raccordement à l'électricité

55

97

148

124

68

Transfert de propriété

72

156

186

67

189

Obtention de prêts

109

109

130

170

186

Protection des investisseurs

52

115

98

147

187

Paiements des impôts

60

78

174

181

116

Commerce transfrontalier

31

37

133

152

143

Exécution des contrats

78

83

129

75

150

Règlement de l'insolvabilité

39

69

60

189

189

Classement établi par All doing business88(*) pour 2014 (189 pays classés)

Tous les Etats du Maghreb, à l'exception du Maroc, ont reculé par rapport au classement 2013. La Libye est classée pour la première fois.

La Tunisie est traditionnellement le mieux classé des pays du Maghreb par les organismes internationaux pour le climat des affaires, même si des progrès restent à faire pour réduire les cas de corruption.

Le Maroc progresse, ce qui traduit ses efforts pour faciliter la création des entreprises et la mise en place d'un environnement des affaires plus transparent.

Une Instance centrale de prévention de la corruption existe depuis 2007.

Longtemps dépourvue d'indépendance et de moyens, elle a pu néanmoins produire des rapports critiques89(*). L'instance bénéficie désormais d'un statut constitutionnel. Un débat est engagé avec le ministère de la justice sur ses pouvoirs d'investigation. Elle considère que ce problème touche principalement les marchés publics90(*) et qu'il importe de lutter contre l'impunité. La question est donc débattue de façon ouverte, ce qui est un premier pas tangible et encourageant. Le Maroc a signé et ratifié la convention des Nations unies contre la corruption, ce qui l'oblige à transposer dans sa législation nationale un certain nombre de dispositions. La nouvelle constitution consacre à la moralisation de la chose publique de nombreuses dispositions. Incontestablement, le Maroc est sorti de la phase du déni pour entrer dans celle de l'action, reste à mesurer l'effectivité et l'efficacité des dispositifs mis en place.

En Algérie, la corruption mine de façon endémique l'économie91(*) et ne fait guère l'objet d'investigations et de poursuites. Le procès en cours impliquant la principale entreprise publique Sonatrach est la conséquence d'une enquête menée par le Parquet de Milan. Cette situation pénalise l'Etat et freine les investisseurs. Le classement des pays établi par Transparency international selon les signes de corruption perçus constate ce fléau important.


* 79 Communication conjointe de la Commission européenne et de la Haute Représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité « Politique européenne de voisinage : vers un renforcement du partenariat » 20 mars 2013

http://ec.europa.eu/world/enp/docs/2013_enp_pack/2013_comm_conjoint_fr.pdf

* 80. La Tunisie par exemple se trouve confrontée à la situation paradoxale où les diplômés de l'enseignement supérieur connaissent des taux de chômage nettement plus élevés que les non qualifiés. Cette stratégie de sous-traitance permettant d'employer une main d'oeuvre non-qualifiée ne correspond plus aux attentes sociales. Alors qu'en 2010, environ 55 % de la population avait moins de 30 ans, le taux de chômage des jeunes âgés de 18 à 29 ans avait atteint les 30 %, celui des jeunes diplômés du supérieur les 50.

* 81 Des progrès considérables ont été faits au fil du temps en matière d'enseignement primaire, mais la scolarisation des filles dans les écoles primaires continue de se heurter à des obstacles en Afrique du nord. Pour 100 garçons, il y a 94 filles scolarisées.

* 82 Plan d'urgence pour l'éducation en 2009 au Maroc, Initiative nationale pour le développement humain lancé en 2005 par le Roi ciblée sur les communes rurales et les quartiers urbains défavorisés afin d'apporter une réponse globale à l'ensemble de leur difficultés, Agence de développement du sud créée en 2004 pour accompagner les politiques d'aménagement globale des territoires...

* 83 « Un jeune, notamment diplômé, qui ne trouve pas de travail, c'est un citoyen qui perdra le sens des valeurs, qui ne s'intègrera pas dans la société, qui n'aura plus confiance en l'avenir et qui cherchera des échappatoires. La violence, la délinquance, l'extrémisme ou la harga (immigration clandestine) en sont quelques-unes ». Louisa Dris-Aït-Hamadouche « L'Algérie face au printemps arabe : pressions diffuses et résilience entretenue » -Observatoire des politiques euro-méditerranéenne - avril 2012 http://www.iemed.org/observatori-fr/arees-danalisi/arxius-adjunts/anuari/med.2012/hamadouche_fr.pdf/view?set_language=fr

* 84 En 2009, le Parlement algérien a voté une loi qui punit les résidents, nationaux ou étrangers, quittant le pays de manière clandestine ou frauduleuse. Des peines d'emprisonnement, de 2 à 6 mois et des amendes de 250 à 750 dollars, peuvent être prononcées.

* 85 Rapport Moyen-Orient/Afrique du Nord de l'International Crisis Group n°124 « Tunisie : relever les défis économiques et sociaux », 6 juin 2012

* 86 Michel Peraldi « Le Maghreb, laboratoire des nouvelles migrations » in « Le Maghreb et son sud : vers des liens renouvelés » sous la direction de Mansouria Mokhefi et Alain Antil IFRI - CNRS éditions 2012

* 87 http://cpi.transparency.org/cpi2012/results/

* 88 http://www.doingbusiness.org/~/media/GIAWB/Doing%20Business/Documents/Annual-Reports/
English/DB14-Full-Report.pdf

* 89 ICPC Rapport 2010-2011

http://www.icpc.ma/wps/wcm/connect/48f467804d4dfb528987af3f624bc886/+R%C3%A9sum%C3%A9+fr.pdf?MOD=AJPERES&CACHEID=48f467804d4dfb528987af3f624bc886

* 90 Les rapports de la Cour des comptes font état de cas de corruption ou de détournement de fonds publics http://www.courdescomptes.ma/index.php?id=52&no_cache=1

* 91 « La corruption gangrène notre pays et l'impunité aidant elle risque d'altérer toute démarche tendant à assurer un essor économique et social », Rapport 2011 de la Commission Nationale consultative de Promotion et de Protection des Droits de l'Homme (CNCPPDH), http://www.cncppdh-algerie.org/php_VF/images/pdf/RAPPORT-2011.pdf