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Innovation et changement climatique : l'apport de l'évaluation scientifique et technologique

9 novembre 2015 : Innovation et changement climatique : l'apport de l'évaluation scientifique et technologique ( rapport de l'opecst )

LA CONTRIBUTION DE LA POLITIQUE SPATIALE EUROPÉENNE À LA LUTTE CONTRE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE.

M. Jean-Yves Le Gall, président du CNES, co-président du conseil de l'ESA. Comme vous le savez, nous sommes actuellement dans la phase de préparation de la COP21. Le moment semble donc opportun pour faire le point sur la contribution de la politique spatiale à la lutte contre le changement climatique.

La semaine dernière, nous avons réuni à Mexico, sous les auspices de l'Académie internationale de l'astronautique, vingt-quatre chefs d'agences spatiales en provenance du monde entier. Nous avons, à cette occasion, adopté à l'unanimité une déclaration insistant sur l'importance de l'apport des satellites, indispensables à l'observation du climat, à la compréhension du changement climatique et surtout aux moyens d'en atténuer les effets. Cette déclaration a été transmise aux gouvernements des États représentés, dans la perspective de la
COP21.

Nous avons, dans ce texte, insisté sur les trois points suivants, qui illustrent assez bien, me semble-t-il, l'apport du spatial à la problématique du changement climatique.

Le premier point concerne le fait que, sur les cinquante variables climatiques essentielles définies par le Global Climate Observing System (GCOS), vingt-six ne peuvent être observées globalement que depuis l'espace. Les satellites sont donc sans équivalent pour comprendre le climat et ses dérèglements et contrôler les engagements internationaux pris pour maîtriser son évolution.

Les satellites sont aussi les garants d'une observation globale, précise et multicritère de la Terre, qui permet de mesurer l'augmentation moyenne du niveau des océans et le réchauffement global de l'atmosphère, ainsi que les émissions globales et régionales des gaz à effet de serre, notamment le gaz carbonique et le méthane.

Les satellites permettent enfin de gérer les catastrophes naturelles, en donnant aux pays concernés un accès prioritaire aux informations disponibles provenant des satellites du monde entier. À l'avenir, ils apporteront aussi leur aide en amont de tels événements, avec probablement à terme la détection précoce des tsunamis et des tremblements de terre.

Sur tous ces sujets, le programme spatial français et européen est particulièrement exemplaire puisque ce sont les satellites franco-américains Topex-Poséidon, Jason-1, Jason-2 et bientôt Jason-3, qui ont mis en évidence l'augmentation moyenne de 3,2 mm par an du niveau des océans.

A également été souligné, lors de cette réunion internationale de Mexico, notre engagement dans la mesure régionale des émissions de gaz à effet de serre, avec les projets Merlin pour le méthane et MicroCarb pour le gaz carbonique, qui contribueront à contrôler la tenue des engagements internationaux.

Au total, l'implication de la France et de l'Europe dans la lutte contre le changement climatique est clairement apparue, les participants au Sommet de Mexico ayant indiqué à de nombreuses reprises à quel point ils étaient impressionnés, d'une part, par les moyens mis en oeuvre pour assurer le succès de la COP21, d'autre part par la pertinence de notre programme spatial, dont les projets en cours ou à venir sont autant d'atouts pour gagner ce combat aux enjeux planétaires.