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Les nouvelles technologies au service de la modernisation des territoires

19 avril 2017 : Les nouvelles technologies au service de la modernisation des territoires ( rapport d'information )

CHAPITRE 4 : LES NOUVELLES TECHNOLOGIES AU SERVICE DE LA COLLECTE, DU TRI ET DU TRAITEMENT DES DÉCHETS

À l'image des autres filières industrielles, le secteur du traitement des déchets, qui représente généralement une ligne de coût importante pour les collectivités territoriales, opère lui aussi sa révolution technologique et son entrée dans l'ère numérique. Conteneurs connectés pour un traitement « smart » des déchets, aspirateurs souterrains pour améliorer le cadre urbain, ou encore bras robotisés pour la collecte et le tri des déchets ménagers : de multiples solutions sont aujourd'hui expérimentées par un nombre croissant de collectivités territoriales.

Ces innovations répondent évidement à des enjeux économiques, en faisant baisser la facture de la gestion des déchets, mais aussi et surtout à des préoccupations environnementales en promouvant une collecte qui satisfait davantage l'impératif du développement durable.

Vos rapporteurs ont décidé de mettre en évidence l'exemple de la ville de Grenoble, dans l'Isère, qui a choisi, dès 2007, de s'équiper « bacs intelligents », avec capteurs mesurant le taux de remplissage des bennes à ordures, afin d'optimiser la collecte. Rationaliser le parcours des camions grâce aux conteneurs connectés38(*) a permis à la collectivité de réduire le temps de collecte des déchets et de diminuer le nombre de kilomètres parcourus par les camions-bennes, avec de substantielles économies à la clé. À ce jour, environ 70 collectivités territoriales françaises sont équipées de ce système de capteurs intelligents.

En matière de collecte, vos rapporteurs se sont également intéressés aux innovations technologiques appliquées aux systèmes d'aspiration. Dans le cadre de la rénovation urbaine globale du quartier des Batignolles, dans le XVIIe arrondissement, Paris a fait le choix d'une collecte automatisée via un réseau pneumatique souterrain. Déposés en surface dans des bornes éparpillées en différents points d'apport, les déchets sont aspirés par des tuyaux souterrains jusqu'à un centre de traitement situé à quelques kilomètres des habitations. Le système est silencieux, facile d'utilisation et accessible 7 jours sur 7. Pour les quartiers neufs ou en rénovation, la collecte par aspiration pneumatique souterraine peut donc représenter une solution qui, d'une part, libère l'espace public en supprimant la circulation des camions-bennes dédiés au ramassage des déchets en porte à porte et, d'autre part, fait disparaitre les conteneurs à déchets et leurs nuisances sanitaires.

Vos rapporteurs ont aussi témoigné un vif intérêt pour les solutions automatisées de ramassage des poubelles. Expérimentés depuis déjà plusieurs années aux États-Unis ou en Australie, les robots-poubelles ont récemment fait leur apparition sur le marché français des déchets. Si les collectivités territoriales françaises sont encore peu engagées dans cette voie, certains territoires expérimentent déjà de tels dispositifs automatisés. C'est le cas de la ville de Moissy-Cramayel, en Seine-et-Marne, qui déploie depuis près de deux ans un camion-benne équipé d'un bras robotisé pour collecter les poubelles. Outre l'amélioration des conditions de travail des éboueurs, cette solution a permis à la collectivité de réaliser des économies ; après l'investissement initial, le coût de la collecte a été réduit de 20 % sur une année de ramassage.

La révolution du secteur des déchets ne se limite évidemment pas à la collecte mais concerne aussi le tri, le traitement et la valorisation. Là encore, il existe des technologies innovantes qui fonctionnent, dont l'efficacité a été prouvée dans de nombreux territoires, et qui sont souvent relativement simples à mettre en oeuvre.

En matière de tri, la transformation numérique est sans doute l'autre grande révolution qui fait aujourd'hui évoluer le secteur des déchets. Des technologies de pointe sont expérimentées dans plusieurs territoires, par exemple dans le centre de tri télé-opéré de la ville d'Amiens, dans la Somme, qui mobilise pleinement l'outil numérique au moyen d'écrans tactiles pour trier les déchets sans contact. Outre l'optimisation de la performance du centre de tri, qui a diminué les marges d'erreur en comparaison avec le tri manuel, cette innovation a considérablement amélioré les conditions de travail des opérateurs en limitant leur contact avec les déchets. En outre, les retombées économiques ne sont pas négligeables puisque les produits triés ont vu leur qualité s'affiner, au bénéfice des industriels en demande de matières premières recyclées.

S'agissant des exemples étrangers, vos rapporteurs se sont intéressés au dispositif intelligent de collecte des déchets mis en place par la ville de Peccioli, dans la région Toscane en Italie. Depuis 2010, des robots dotés d'un système d'intelligence artificielle ont été conçus comme une alternative aux camions-poubelles dans des rues trop étroites pour permettre à des bennes de plusieurs tonnes de circuler. Les robots mobiles équipés de roues sont propulsés électriquement, et programmés pour se repérer dans les rues de la ville grâce à un système GPS. Appelés par smartphone par les usagers, ils assurent désormais le ramassage des ordures devant chaque habitation.

I. LA MÉTROPOLE DE GRENOBLE : DES CONTENEURS DOTÉS DE CAPTEURS AU SERVICE D'UNE COLLECTE « INTELLIGENTE » DES DÉCHETS

A. LES OBJECTIFS

Comme d'autres collectivités territoriales, la ville de Grenoble a souhaité miser sur le développement des nouvelles technologies numériques pour améliorer la qualité du service public de collecte des déchets. Dans un souci d'optimisation des circuits de collecte, des conteneurs ont donc été équipés de systèmes dit « intelligents » mesurant le niveau de remplissage des bacs et déclenchant le service uniquement lorsque ceux-ci sont pleins.


* 38 Le conteneur connecté consiste à ajouter à la poubelle une sonde à ultrasons qui va relever plusieurs fois par jour son taux de remplissage. Ces relevés sont envoyés, via les réseaux mobiles, à un service central qui organise les tournées en conséquence.