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Union européenne-Russie : une confiance à reconstruire

6 juin 2017 : Union européenne-Russie : une confiance à reconstruire ( rapport d'information )

B. ... DONT L'ÉNERGIE EST UN ÉLÉMENT STRATÉGIQUE

Sur l'énergie, chacun des acteurs a un indispensable besoin de l'autre.

La démarche de diversification de ses sources d'énergie engagée par l'Union européenne, notamment dans le cadre des derniers paquets « énergie », contribuera à alléger la dépendance gazière par rapport aux producteurs russes. En 2015, l'Union européenne a cependant représenté la destination de près de 60 % des exportations russes de pétrole brut et de 75 % de ses exportations de gaz naturel. Côté Union européenne, c'est 40 % de ses importations de pétrole brut et 30 % de ses importations de gaz naturel qui proviennent de Russie. Les exportations russes de pétrole et de gaz contribuent à plus de 40 % au budget fédéral.

Cette interdépendance énergétique - fourniture d'énergie à l'Union européenne, ressources financières sûres pour le budget fédéral russe - est appelée à durer. Même si, s'agissant du gaz naturel liquéfié (GNL), la multiplication des usines de liquéfaction et des terminaux méthaniers permettra à l'Union européenne de diversifier ses approvisionnements sur d'autres continents, la proximité géographique et l'acheminement du gaz naturel russe par des pipelines en construction comme Nord Stream 212(*) resteront des atouts durables en termes de capacité et de continuité d'approvisionnement.

Par ailleurs, certaines pratiques commerciales de Gazprom, qui ont fait l'objet de contestations de la part de la Commission, pour abus de position dominante, fractionnement des marchés et clauses contractuelles anti-concurrentielles, devaient être revues par le consortium russe. Un accord amiable est possible avec la Commission européenne qui, au vu des engagements pris, pourrait abandonner son action, aplanissant alors les conditions du commerce gazier entre l'Union européenne et la Russie.


* 12 Un accord portant sur le financement du projet gazoduc Nord Stream 2 a été signé avec ENGIE (France), OMV (Autriche), Shell (Pays-Bas), Uniper et Wintershall (Allemagne). Les cinq partenaires européens s'engagent à financer sur le long terme 50 % du coût total du projet, estimé à ce jour à 9,5 milliards d'euros.