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Le parc d'hélicoptères des armées : une envolée des coûts de maintenance, une indisponibilité chronique, des efforts qui doivent être prolongés

11 juillet 2018 : Le parc d'hélicoptères des armées : une envolée des coûts de maintenance, une indisponibilité chronique, des efforts qui doivent être prolongés ( rapport d'information )

B. MALGRÉ D'INDÉNIABLES AVANCÉES, UN PLAN DONT LES RÉSULTATS NE PEUVENT S'INSCRIRE QUE DANS LE MOYEN TERME

Les mesures du plan d'actions « hélicoptère » ont effectivement permis plusieurs améliorations, dont une progression régulière de la disponibilité des différentes flottes d'hélicoptères. Le rythme de cette évolution reste néanmoins en deçà des attentes, les objectifs de disponibilité fixés pour 2016 n'ayant pas été atteints. La disponibilité a toutefois progressé en 2017, avec notamment une augmentation de 60 % à 75 % pour les opérations menées dans la bande sahélo-saharienne. Le plan d'actions s'est en outre traduit par :

- l'acquisition de compléments pour les lots de déploiement du Tigre d'un coût de 12 millions d'euros ;

- la réparation des dommages liés aux engagements d'un coût de 10 millions d'euros ;

- la mise en place d'un abri pour stockage et maintenance en bande sahélo-saharienne, d'un coût de 2 millions d'euros ;

- la fongibilité de rechanges sur les parcs Cougar et Caracal ;

- la réduction de 30 % des délais de retour des rechanges critiques hors service des théâtres d'opérations vers les circuits de réparation en métropole ;

- l'optimisation du potentiel Cougar disponible après entretien de niveau industriel ;

- la fluidification du partage des informations techniques et logistiques ;

- la réduction du nombre d'hélicoptères en attentes de pièces ;

- les nouveaux contrats de soutien du NH 90 de type « guichet de pièces sur base » afin d'accroître l'obligation de l'industrie en termes de résultats.

Le coût global de ces actions est au minimum de 24 millions d'euros, ce qui représente 6 % des dépenses allouées à l'entretien programmé des matériels aéronautiques de l'armée de terre en 2017.

Détail par flotte des améliorations effectuées à travers le plan d'actions « hélicoptères »

Flotte

Principaux résultats 2017

Axes prioritaires 2018

Objectif

 

ï Plan de maintenance (MIP, T0)

ï Fin du chantier STD1

ï Nouveaux contrats STRIX et TLS

ï Régénération ressource MTR-2C

ï Diminution charges NSO

ï Stabilité plannings HAD

ï Évolution contractuelle

ï Capacités MTR-E

2019

2018

2S2018 Fin 2018

 

ï Cycle CGC

ï Globalisation contractuelle

ï MBR phase 1

ï Optimisation planning NSI (+MR1)

ï Double source NSI sécurisée (VP)

ï MBR 1 fin (transition 600/900)

ï Soutien NSI du FOS

ï MBR phase 2 (+mesure MMH)

ï Tenue des délais MR1

2019

2018

2020

2018

 

ï Dernière entrée en chantier RENO

ï Priorité financière tenue

ï Soutien log NSI renforcé assuré

ï Délais NSI, ligne à 18

ï Cycle visite à charge NSO constante

ï « verticalisation » contractuelle à l'étude

2019

post-18

post-18

 

ï Soutien MCO FLIR (SEA 350)

ï Environnement sévère EAP+Mak2

ï Renouvellement contrat MCO (juillet) + mise à jour ATAMS (décembre)

ï Plan de maintenance

ï Effort sur la ligne, objectif 7

ï Point d'attention cycle GV

ï Évolution plan de maintenance (quantification des gains attendus)

2019

post-18

2018

Source : Simmad, réponse au questionnaire de votre rapporteur spécial

Un effort important a également été consenti du côté des industriels. Airbus Helicopters a ainsi rappelé à votre rapporteur spécial que, par rapport à 2015, les délais de chantier ont diminué de 15 % s'agissant du Cougar, de 36 % s'agissant du Caracal et de 38 % s'agissant du NH 90.

Si les avancées du plan d'actions sont indéniables, elles sont néanmoins par essence limitées, les mesures prévues ayant essentiellement porté sur la disponibilité à moyen terme des aéronefs de l'armée de terre, mobilisés sur les théâtres d'opérations extérieurs (OPEX).

Le plan d'actions se poursuit néanmoins sur des axes à plus long terme tels que :

- l'optimisation des structures de soutien à la charge de travail, notamment l'adaptation des capacités en ressources humaines du niveau de soutien opérationnel du milieu aéroterrestre ;

- l'évolution des marchés de soutien avec l'intégration dans la contractualisation d'une véritable logique d'obligation de résultats ;

- la réduction des délais d'immobilisation au niveau de soutien industriel ;

- la réduction de la charge de travail générée par les appareils récents sur le niveau de soutien opérationnel ;

- l'organisation de la chaîne logistique dans sa boucle complète (métropole - opérations extérieures) ;

- la mise en place d'un référentiel de planification des travaux de niveau industriel partagé par l'ensemble des acteurs étatiques et privés du MCO.

Si la poursuite de ce plan d'actions à plus long terme va dans le bon sens, il n'épuise cependant pas l'ensemble des questions : situation des hélicoptères des autres armées, niveau de disponibilité en métropole, niveau d'entraînement des forces en base, hétérogénéité du parc...