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Préconisations pour une réforme de la haute fonction publique - Position personnelle du rapporteur

4 octobre 2018 : Préconisations pour une réforme de la haute fonction publique - Position personnelle du rapporteur ( rapport de commission d'enquête )

B. L'ENA ET LES CARRIÈRES DE SES ANCIENS ÉLÈVES

Toujours selon l'enquête « Que sont les énarques devenus ? », globalement 22 % de ceux-ci ont travaillé ou travaillent pour le monde de l'entreprise publique ou privée au cours de leur carrière. Un taux globalement stable pour les dix promotions étudiées, diplômées entre 1985 et 2009. En moyenne, le passage, quand il a lieu, s'effectue au bout de neuf ans. Au final seulement 8 % de l'échantillon ont quitté définitivement le secteur public, ce qui montre bien le rôle de « parachute » de l'appartenance à la haute fonction publique.

7 sur les 40 patrons du CAC sont des énarques, lesquels représentent, par ailleurs, 10 % des personnalités mentionnées dans le « Who's Who en France ».

En tête du palmarès du pantouflage, comme on l'a vu, les Inspecteurs et Inspecteurs généraux des finances. Près de la moitié reviennent dans le secteur public après avoir travaillé dans le secteur privé, de nombreux multipliant les allers-retours. Ils sont également nombreux à avoir fait un passage dans un cabinet ministériel ou à exercer un mandat politique.

Autre évaluation, celle de Daniel Keller pour qui : « Seuls 20 % des élèves de l'ENA effectuent de tels allers-retours. L'immense majorité d'entre eux reste dans la fonction publique. Néanmoins, il est vrai que la régulation pourrait s'avérer plus drastique concernant les cas que vous évoquez. Lorsque certains décident de quitter la fonction publique pour s'orienter vers le secteur privé, il serait imaginable de réduire la durée de la mise à disposition, par exemple. Il convient en effet de lever toute source d'ambiguïté. » (Audition).

Luc Rouban complète ainsi l'analyse : « Les carrières commencées dans les années 1950-60 sont bien plus régulières et linéaires que celles menées à partir des années 1980-90 où les changements de postes et de situations sont très nombreux. En simplifiant, on passe du cadre supérieur au service de l'État finissant chef de service au dirigeant « multicartes » passant d'un service à un cabinet puis à un établissement public pour aller en entreprise... et revenir avant de repartir pour passer sa retraite comme président d'une banque d'affaires ».

« L'ENA comme « école des cadres supérieurs de l'État » s'efface derrière la formation d'élites polyvalentes bien que fortement hiérarchisées par l'appartenance corporative. »

Cette radiographie d'un échantillon de la haute fonction publique, va nous permettre de répondre à trois questions essentielles :

- Quelles sont les caractéristiques des migrations de la haute fonction publique aujourd'hui ?

- La haute administration est-elle politiquement neutre ?

- Y- a-t- il « une » ou « plusieurs hautes administrations » ?