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Quels tremplins pour le sport en outre-mer ? - Rapport

20 novembre 2018 : Quels tremplins pour le sport en outre-mer ? - Rapport ( rapport d'information )

B. VERS UN MEILLEUR ACCOMPAGNEMENT DES JEUNES ULTRAMARINS EN AMONT ET DURANT LEUR PARCOURS

1. Un accompagnement anticipé et conçu dès la construction du projet

Le ministère des sports - à travers la direction des sports - et l'INSEP ont collaboré afin de mettre en place un dispositif visant à accompagner les sportifs issus des outre-mer dans la construction et la réalisation de leur double projet lorsque ce dernier les amène à poursuivre leur parcours dans l'hexagone ; le ministère des outre-mer a contribué à son élaboration. Le ministère des sports souligne que cet accompagnement ne se limite pas à l'accueil dans l'hexagone, les départs devant être anticipés et un éventuel retour outre-mer également - si le projet sportif s'arrêtait, notamment.

Dans le cadre de ce projet, il est précisé que la définition du « sportif ultramarin » retenue est celle d'un athlète ayant initié sa formation sportive dans un territoire d'outre-mer. Au cours de l'année sportive 2014-2015, il a été recensé 103 sportifs correspondant à ce profil dans les établissements publics de métropole - 70 % dans les CREPS et 30 % à l'INSEP.

Le ministère des sports indique que ce dispositif s'appuie sur deux entités géographiquement éloignées, qui reprennent l'articulation du parcours du sportif : il s'agit, d'une part, d'une « cellule d'accompagnement » à mettre en place dans chaque collectivité ou département d'outre-mer - DJSCS et STJS - et, d'autre part, d'une « cellule d'accueil » installée dans chaque établissement dans l'hexagone - CREPS, écoles et INSEP. Les sportifs bénéficiant de ce dispositif seront ainsi accompagnés tout au long de leur parcours par ces deux cellules qui assureront leur suivi en étroite collaboration.

Une plaquette à destination des sportifs concernés et un guide de bonnes pratiques d'accueil, d'accompagnement et de suivi des sportifs ultramarins inscrits dans les PES/PFF au sein des établissements hexagonaux présentent le dispositif. Une communauté a été créée sur le portail du Grand INSEP afin d'échanger et mutualiser les informations relatives au dispositif et le faire évoluer.

L'évolution de la base « portail sportif/PSQS » est en cours afin de faciliter la mise en oeuvre de ce dispositif et de correctement identifier les sportifs concernés. Ce programme est animé par 2 agents, l'un du Grand INSEP et le second de la direction des sports ; il est amené à évoluer et à s'élargir aux sportifs ultramarins rejoignant les structures hors CREPS.

2. L'INSEP, exemple d'un accompagnement « sur mesure »

L'INSEP occupe un rôle de leader dans les bonnes pratiques d'accompagnement des sportifs, de par son expérience et son recul sur l'accueil de sportifs d'origines diverses et dans des disciplines nombreuses, mais aussi par sa position de chef de file et tête du réseau Grand INSEP.

Aussi, le dispositif d'accompagnement décrit plus tôt est un exemple de l'engagement de l'INSEP au service de la réussite des parcours des sportifs ultramarins : parmi les outils d'information et d'accompagnement des sportifs ultramarins dans l'hexagone, un document a été produit par l'INSEP, intitulé « dispositif pour un meilleur accompagnement des sportifs ultramarins au sein du Grand INSEP ». Ce document explique les différentes étapes d'accompagnement du sportif qui souhaite intégrer un établissement du Grand INSEP dans l'hexagone. Un second guide à destination des référents haut niveau des CREPS d'outre-mer mais aussi de l'hexagone, afin de garantir un suivi cohérent tout au long du parcours sportif, a également été produit par le Grand INSEP.

Plaquette du dispositif d'accompagnement des sportifs ultramarins

Source : INSEP

Au-delà, les dirigeants de l'INSEP rencontrés par la délégation ont pu souligner la prise en compte fine des préoccupations et spécificités des sportifs ultramarins au sein de l'institution. S'il n'y a pas, au sein de l'établissement, de « référent outre-mer », les sportifs ultramarins bénéficient de l'accompagnement « cousu main » que l'INSEP revendique pour chacun des sportifs hébergés : le directeur général de l'INSEP, Ghani Yalouz, expliquait86(*) ainsi qu' « à l'INSEP, le personnel et les sportifs échangent constamment de manière à prendre en compte les singularités de chacun, des athlètes au plus haut niveau jusqu'aux plus jeunes qui construisent leur carrière olympique ».

Audrey Pérusin, directrice générale adjointe de l'INSEP, précisait à cette même occasion que, selon les critères tels que le lieu de naissance, la licenciation ou encore le domicile familial, l'INSEP compte en son sein sur la saison sportive 2017-2018 43 sportifs de haut niveau ultramarins, dont 34 nés en outre-mer, 9 licenciés sur ces territoires et 19 mineurs dont le responsable légal est domicilié outre-mer.

L'accent a été mis durant la visite sur les capacités d'encadrement disponibles au sein de l'INSEP pour les jeunes sportifs, appliquées aux cas des sportifs ultramarins. Il a été souligné qu'un des interlocuteurs principaux est bien le responsable du pôle auquel appartient le sportif, qui est son référent sur son projet de haut niveau, le profilage des entraînements et le développement de son niveau sportif ; il est aussi une interface directe avec l'ensemble des autres acteurs de l'établissement. Les responsables de l'INSEP sont ensuite des acteurs majeurs de l'épanouissement du jeune sportif et de la réussite de son projet. Ils permettent un suivi personnalisé, un accompagnement dans la durée pour l'élaboration et la conduite du double projet. La grande proximité entre les dirigeants de l'INSEP et les sportifs a été également mise en valeur, ainsi que le rôle fondamental de l'équipe d'encadrement médical et d'encadrement de la vie quotidienne. Sur ce dernier point, Sylvie Authier, responsable de l'internat pour majeur, a insisté sur la nécessité d'avoir une approche de confiance et un dialogue constant avec les pensionnaires. L'écoute est fondamentale, comme l'adaptation de certaines règles, par exemple l'accès à internet afin de permettre des communications tardives avec les familles à l'autre bout du monde ou encore une attention particulière aux signes de fatigue ou d'isolement et de solitude due à l'éloignement.

L'INSEP ne prévoit ainsi pas de « schéma de suivi d'un sportif ultramarin » codifié, mais applique un suivi personnalisé qui est particulièrement adapté aux problématiques qui se posent à ces sportifs. Surtout, ce suivi et la réussite qu'ils favorisent ne peuvent fonctionner, encore une fois, que si le projet établi initialement a été correctement calibré.

Recommandation n° 24 :  Systématiser dans les pôles hexagonaux un accompagnement renforcé « cousu main », sur le modèle pratiqué à l'INSEP, permettant une préparation des sportifs ultramarins en amont de leur arrivée et un suivi sur place afin d'optimiser leurs chances de réussite.


* 86 Déplacement à l'INSEP du vendredi 2 février 2018.