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Quels tremplins pour le sport en outre-mer ? - Rapport

20 novembre 2018 : Quels tremplins pour le sport en outre-mer ? - Rapport ( rapport d'information )

C. UN ACTEUR CLÉ : LE MOUVEMENT SPORTIF

1. Des acteurs nationaux inégalement mobilisés pour les outre-mer

Le mouvement sportif est un pilier essentiel du développement du sport sur l'ensemble du territoire national. Pour autant, les comités et fédérations nationaux sont inégalement investis et engagés en faveur d'actions à destination des territoires ultramarins ou en faveur des sportifs d'outre-mer. Les fédérations nationales sollicitées par la délégation ont fait état de situations très différentes, allant d'une prise en compte réduite à l'existence d'agents désignés en charge des outre-mer en leur sein.

Nicolas Belloir, vice-président délégué en charge des territoires au Comité national olympique et sportif (CNOSF) indiquait devant la délégation qu'une convention avait été signée en 2011 entre le ministère des sports, celui des outre-mer et le CNOSF, visant à intégrer davantage la dimension des territoires d'outre-mer dans son approche globale.

Recommandation n° 3 : Améliorer la prise en compte des territoires ultramarins et des fédérations sportives ultramarines dans les comités et fédérations nationaux avec la désignation de référents outre-mer.

2. Des acteurs locaux nombreux mais fragiles

Le mouvement sportif local se construit sur le modèle du mouvement sportif national, autour de comités olympiques et sportifs ayant vocation à réunir et faire vivre un paysage sportif local animé par les fédérations, ligues, comités et clubs.

Neuf structures liées au CNOSF sont recensées : deux comités régionaux olympiques et sportifs (CROS), en Guadeloupe et à La Réunion, et six comités territoriaux olympiques et sportifs (CTOS), en Martinique, en Guyane, à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie, à Saint-Martin et à Wallis-et-Futuna. Le comité olympique de Polynésie française se distingue d'un CTOS : indépendant, il ne peut s'affilier au CNOSF.

Au-delà des comités visant à organiser le sport au niveau territorial, le mouvement sportif est foisonnant avec des organisations de taille variable - clubs, comités, ligues -, parfois multisports. L'exemple de la Guadeloupe est ainsi probant : 893 clubs étaient recensés en 2016 pour 56 disciplines. Le constat est identique dans l'océan Indien où plus de 1 650 associations sportives étaient recensées à La Réunion en 2013-2014. Cependant, si elles sont de plus en plus nombreuses, la DRJSCS de La Réunion indiquait que la densité de celles-ci reste encore en retrait par rapport à la moyenne nationale. En Polynésie française, où le mouvement sportif dispose d'une autonomie très forte vis-à-vis des structures nationales, on dénombre 38 fédérations agréées par le pays et 888 associations sportives délégataires de missions de service public. On relève par ailleurs une moindre diversité de disciplines dans les outre-mer (77 fédérations sportives représentées sur le territoire réunionnais contre 112 fédérations pour le recensement national).

Si la structuration du monde handisport, qui dispose au niveau national du comité paralympique et sportif (CPSF), ne se retrouve pas en tant que telle dans des déclinaisons territoriales systématiques comme le CNOSF avec les CROS/CTOS, le handisport et le sport adapté sont présents et dynamiques aussi en outre-mer. Certaines organisations spécifiques fédératrices existent ainsi parfois : c'est le cas en Martinique par exemple où la délégation a pu rencontrer le comité régional handisport (CRHM) qui réunit 14 clubs du département. Il en va de même pour la Nouvelle-Calédonie où, comme le signalait le sportif Pierre Fairbank16(*), la ligue handisport, créée en 1991, compte aujourd'hui 400 licenciés au sein de 15 clubs. Souvent, le handisport est pleinement intégré à la ligue locale du sport concerné sans avoir de ligue autonome : c'est le cas de la ligue de surf guadeloupéenne par exemple.

Les organisations sportives locales représentent cependant une catégorie d'acteurs fragiles. Le sport amateur repose sur un réseau associatif, souvent bénévole, très actif mais en péril, comme développé ci-après.

Les clubs, comités et ligues sont dans des situations financières délicates, avec une dépendance forte aux emplois aidés et subventions locales ou issues de la « part territoriale » des crédits du CNDS.


* 16 Visioconférence avec la Nouvelle-Calédonie, jeudi 22 mars 2018.