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Quels tremplins pour le sport en outre-mer ? - Rapport

20 novembre 2018 : Quels tremplins pour le sport en outre-mer ? - Rapport ( rapport d'information )

B. UN PAYSAGE DE DISCIPLINES COMPARABLE À CELUI DE L'HEXAGONE MAIS MODELÉ DIFFÉREMMENT

La répartition des licenciés par territoire et par discipline est présentée par la liste fournie en annexe qui permet de distinguer les dynamiques ou prédominances de certains sports selon les territoires.

1. Des sports collectifs en pointe

Les sports collectifs sont ceux qui rassemblent, de loin, le plus de licenciés dans l'ensemble des territoires. Le football est, sans appel, dans l'ensemble des territoires ultramarins comme dans l'hexagone, le sport le plus pratiqué.

Le volleyball, le basketball, le handball et le rugby sont fortement implantés, dans des proportions variables selon les territoires : le basketball semble mieux implanté dans les bassins Atlantique et Indien quand le volleyball est davantage présent en proportion dans les territoires du Pacifique où la Nouvelle-Calédonie se démarque par une forte représentation du cricket et du rugby.

2. Des sports individuels marqués par une plus forte implantation des arts martiaux

L'athlétisme demeure en tête des sports individuels les plus pratiqués, tout comme la natation ; ces sports ont par ailleurs été portés par d'emblématiques champions durant les dernières décennies. Le tennis arrive également dans les sports comptant le plus de licenciés outre-mer.

Les arts martiaux sont une des singularités de la pratique sportive ultramarine : ils apparaissent davantage représentés que dans l'hexagone, aux côtés des sports de défense. Ce constat se retrouve particulièrement à La Réunion mais aussi en Guyane.

3. Une dimension marine affirmée

La voile et le surf sont particulièrement implantés dans les territoires ultramarins, tous insulaires sauf la Guyane. Ces sports sont particulièrement représentés aux Antilles et à La Réunion ; Mayotte, bien qu'à fort potentiel, semble en retrait sur la voile. Dans le bassin Pacifique comme dans le bassin Atlantique, la voile compte souvent plus de licenciés que la gymnastique ; à Saint-Barthélemy, c'est le sport comptant le plus de licenciés, dépassant même le football.

Comme le rappelait Jean-Luc Arassus, président de la Fédération française de surf devant la délégation, « dans les outre-mer, nous bénéficions d'installations sportives gratuites, libres d'accès puisqu'il s'agit de l'océan, très performantes car la qualité des vagues est très particulière, sur la Guadeloupe notamment avec des vagues difficiles à surfer. Cela permet aux athlètes de disposer d'une maturité de motricité très intéressante. Nous ne sommes pas limités dans notre développement par des problèmes d'investissement dans les installations. Nous pouvons surfer toute l'année dans de l'eau chaude. »

Les territoires semblent affirmer toujours davantage leur ancrage maritime dans le développement du sport. Ainsi, au sud de la Martinique, la ville du Marin, distinguée « ville active et sportive » a fortement développé ses infrastructures et bases nautiques. Constatant différents freins au développement des activités nautiques sur son territoire - qu'ils soient réglementaires ou liés aux équipements et encadrements - la Polynésie française a élaboré en 2018 une stratégie propre à destination de ces sports.

Certains territoires connaissent un développement en deçà de leur potentiel, c'est le cas de Mayotte par exemple : Sidi Nadjayedine, adjoint au maire de Mamoudzou à Mayotte en charge de la politique de la ville et de la rénovation urbaine, indiquait ainsi que « malgré une situation idéale pour le développement des sports nautiques, Mayotte ne dispose que d'un club de voile, rattaché directement à la fédération française »20(*).

Dans le bassin Pacifique, des sports traditionnels comme la pirogue ou le va'a sont aussi parmi les sports les plus pratiqués - 13 % des sportifs polynésiens licenciés le sont en va'a -, dépassant la voile et le surf réunis.

4. Des sports de nature en pleine expansion

Les territoires ultramarins sont connus pour leur géographie plurielle, leurs côtes, leurs reliefs, leurs forêts ou leurs lagons. Ces environnements exceptionnels sont autant de « terrains de jeux », espaces ou supports d'activités physiques et sportives où les sports de plein air ou de pleine nature se développent.

Cette situation se retrouve particulièrement dans l'océan Indien. La Réunion valorise ainsi les activités autour du volcan du Piton de La Fournaise ; les sports de nature sont au coeur du développement de l'activité touristique de l'île. La DJSCS de La Réunion signale cependant un « défaut de coordination préoccupant » du fait de la suspension des travaux de la commission départementale des espaces sites et itinéraires de pleine nature. La direction de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale soulignait aussi les atouts de Mayotte en matière de sports de nature, « alors même que leur pratique demeure confidentielle ». La DJSCS aide le conseil départemental dans la prise en compte des sports de pleine nature à travers notamment :

- la structuration du réseau et la mise en oeuvre des outils de gouvernance - schéma départemental des sports de pleine nature, commission départementale des espaces, sites et itinéraires relatifs aux sports de nature (CDESI) ;

- la participation et le soutien aux grands événements liés à ces disciplines - trails, raids, opérations sportives liées à l'écocitoyenneté. Une grande manifestation populaire autour des sports de nature organisée en 2016 puis octobre 2017 pour sensibiliser la population mahoraise à ce nouveau type de pratiques sportives est reconduite fin 2018 et devient un rendez-vous annuel ;

- le travail autour du schéma de randonnée, en partenariat avec l'Office national des forêts (ONF) ;

- la mise en place d'un « brevet professionnel activités de nature » avec le lycée agricole de Coconi.


* 20 Audition de l'Association nationale des élus en charge du sport (ANDES) du mardi 22 mai 2018.