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Logement, urbanisme et politique de la ville

17 juin 2020 : Logement, urbanisme et politique de la ville ( rapport d'information )

I. LA CRISE SANITAIRE, UN RÉVÉLATEUR DES DIFFICULTÉS DES QUARTIERS POPULAIRES

C'est dans les quartiers populaires que se concentre le mal-logement dans toutes ses dimensions : insalubrité, suroccupation, pauvreté, difficultés scolaires, illectronisme. La crise a révélé une impasse de politique de la ville. Les QPV sont essentiellement abordés sous les aspects sécuritaires et communautaristes, laissant de côté le travail scolaire, social et urbain.

Pourtant, il n'y a pas eu dans les quartiers l'explosion redoutée du fait du confinement même si on y a constaté de fortes tensions. Le confinement, qui y était beaucoup plus difficile qu'ailleurs, a été assez bien respecté. Mais le décrochage scolaire et la crise sociale y sont importants faisant apparaître des besoins urgents, notamment alimentaires, et font craindre un découplage croissant avec le reste du pays.

La crise a aussi fait ressortir deux aspects fondamentaux de la politique de la ville telle qu'elle avait été dessinée par Jean-Louis Borloo :

- La question urbaine et architecturale : démolir et reconstruire autrement. Cela paraissait coûteux et inefficace à certains, cela se révèle tout simplement nécessaire ;

- La dimension « sociétale » : la politique de la ville doit poursuivre un objectif d'intégration.

J. UN CHANGEMENT DE REGARD SUR LE SANS-ABRISME ET LE MAL-LOGEMENT

La crise a conduit à la mise à l'abri quasi systématique des personnes à la rue ou en campement soit près de 180 000 au total avec la mobilisation de 12 000 nuitées hôtelières et l'ouverture de 97 centres d'hébergement spécialisés pour les malades ou les personnes présentant des symptômes.

Face à la crise, les pouvoirs publics ont changé de point de vue. Il ne s'agit pas seulement d'humanité, mais aussi de préserver la santé de tous. Car il pourrait coûter moins cher de donner un toit à chacun plutôt que de prendre le risque de nouveaux clusters épidémiques.

Cela induit deux grandes conséquences pour l'hébergement d'urgence :

- les hébergements collectifs, avec ce que cela implique de promiscuité, ne sont plus adaptés. On doit les restructurer sans pour autant réduire les capacités.

- La politique du « logement d'abord et accompagné » se révèle centrale.