IV. CONTRIBUTIONS COMPLÉMENTAIRES

A. CONTRIBUTION DU SYNDICAT NATIONAL DU SPECTACLE MUSICAL ET DE VARIÉTÉ (PRODISS)

1. L'ensemble du secteur va-t-il devoir se restructurer au terme de la période ? Les faillites et autres difficultés vont-elles entraîner une disparition potentielle d'activités ? Existe-t-il un risque d'appauvrissement de l'offre culturelle dans le pays ?

Il est certain qu'il y a un risque que des entreprises ne soient pas en capacité de relancer les investissements au moment de la reprise. Elles auront perdu en compétitivité, et seront lourdement endettées.

Nous pensons que le risque pèse principalement sur les entreprises indépendantes dites « du milieu ». Les très petites entreprises sont actuellement en mode sommeil, les dispositifs de soutien (transversaux et sectoriels) suffiront a priori. Ce sont des structures plus légères avec des charges fixes moindres en raison d'une faible masse salariale (souvent pas d'emplois permanents). Les groupes pourront compter sur des actifs qui leur permettront de relancer la production au moment opportun. D'autant plus si ces groupes pratiquent le modèle du « 360 degrés » et ont des activités diversifiées dans des secteurs peu touchés par la crise : musique enregistrée notamment.

En revanche, la période est beaucoup plus incertaine pour les entreprises de taille intermédiaire, « les indépendants historiques » du spectacle vivant qui ont souvent une masse salariale importante et des charges fixes assez lourdes. Ces entreprises ont souvent des fonds propres et en ce moment, ces fonds leur permettent de tenir. Toutefois, elles ne sont plus en capacité de signer de nouveaux artistes ou rencontrent des difficultés lors de la négociation des contrats avec leurs artistes compte tenu de la situation. Si elles perdent leur catalogue, comment pourront-elles rebondir à l'issue de la crise ? D'autant plus si nous n'obtenons pas un renforcement du seul outil pour les accompagner : le crédit d'impôt spectacle vivant.

2. Dans le contexte actuel (reports ou annulations de créations, incertitude quant à la pérennité des mesures de relance), comment envisagez-vous la conception des programmations des prochaines saisons ?

Très difficilement. La projection sur 2021 semble de plus en plus incertaine. Les dates et tournées sont presque déjà toutes soit annulées soit reportées sur 2022 avec le même risque que pour le cinéma : une « sur-offre » en 2022... Comment le public réagira-t-il ?

3. Le développement des spectacles numériques a-t-il un sens d'un point de vue budgétaire ? S'agit-il d'un apport important pour la suite de votre activité ou simplement de maintenir un lien avec l'usager ?

Le Live stream a connu une accélération avec la crise de la COVID et l'interdiction des concerts et des festivals. Avant la crise, le Live stream était principalement un moyen de promouvoir les artistes. Lorsque le premier confinement a été mis en place, les artistes ont utilisé ce procédé pour rester en contact avec leurs fans, cela se résumait souvent à des prestations simples réalisées depuis chez eux, et des prestations gratuites.

Depuis le second confinement, le Live stream commence à « se professionnaliser ». De nombreuses plateformes et start-ups proposent des solutions technologiques innovantes et une offre de services aux artistes. Les producteurs de spectacles mesurent davantage l'enjeu du Live stream , et certains développent des offres de spectacles à l'attention des spectateurs avec billetterie, apportant leur valeur ajoutée de producteur (acteur traditionnel du Live) dans une offre Live stream .

Toutefois, si nous constatons une évolution majeure, le Live stream demeure un moyen complémentaire de diffusion d'un concert ou festival , il ne remplace pas l'expérience du concert dans une salle ou un festival, la communion entre les artistes et son public. Les artistes ont besoin du contact direct avec leurs fans, ils ont besoin de la scène.

S'ouvre une phase qui relève de la structuration de cette nouvelle diffusion du spectacle vivant car l'économie de ce nouveau modèle reste à construire. L'expertise se développe mais l'économie du modèle demeure fragile. L'enjeu est aujourd'hui la monétisation, nous avons des expertises en France pour permettre au Live stream de trouver sa place dans l'écosystème de la musique. Mais il faut que les acteurs coopèrent et partagent leur expertise pour que ce modèle se développe et génère une économie. Les plateformes doivent ici travailler avec les professionnels du Live, qui doivent être reconnus pour leur valeur ajoutée, en devenant des ayants droit sur ce qu'il contribue à créer, avec leurs investissements et leur savoir-faire.

Enfin, pour expérimenter un nouveau modèle, le soutien financier est également essentiel, d'autant plus à un moment où le secteur du Live subit une crise massive. Des dispositifs de soutien à la transition numérique et aux modes de diffusion alternative existent, ils doivent être renforcés pour favoriser la mise en place de ce nouveau modèle.

4. Comment les compagnies d'assurance ont-elles traité les représentations annulées ? Quelles ont été les évolutions des primes et polices d'assurance ?

Sur le point des assurances, devant les difficultés rencontrées par nos adhérents dans le spectacle vivant privé à trouver des assureurs qui acceptent encore de souscrire des risques d'annulation à des conditions raisonnables, le PRODISS a souhaité proposer à ses entreprises membres une police d'assurance annulation compétitive et sécurisée. Pour cela, nous avons lancé un appel d'offres.

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